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15/05/2013

L'auberge espagnole

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Chez mon pote. Dans l'Ain. Petite maison colorée, biscornue, charmante.

De bric et de broc.

Il est peintre, bidouilleur/sculpteur au bout du hameau du haut du village.

 

Parfois des touristes se perdent...

Un couple d'allemands hier.

Beau soleil, petite table en fer dans le jardin ombragé, chaises assorties sous parasol.

Ils s'installent.

 

Mon pote imperturbable et accueillant

- vous désirez ?...boire ?...on a ça...ou ça...ou ça... du blanc ?... du Bugey...excellent...grignoter ?... ben...bouts de jambon...fromage...olives ?...ça marche !!!

Service impec, soigné, petits plats dans les grands...

Conversation sympa dans un sabir franco-anglo-deutch

petit tour du proprio...les toilettes ?? au fond à droite...

 

20 minutes plus tard, le couple d'allemand : combien on vous doit ?

mon pote : rien !

eux : rien ???

mon pote : rien, nichts, nothing, walou que dalle... c'est un lieu privé ici, vous êtes chez moi

welcome !

 

Ainsi parfois les hommes vivent

à l'hospitalité, à la bonne franquette

faisant d'un lieu particulier, une auberge espagnole

sans plus de formalités.

 

tgb

09:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

11/05/2013

L'antidote

logo_fakir.jpg

TGV, garde de Lyon, place 104, fenêtre

 A ma place, quadra blonde, bagousée

 moi gentleman : "préférez fenêtre ?"

 elle : "et vous ?"

 moi : "oui !"

Elle me rend ma place.

 

Je m'installe

Je sors mon Fakir nouveau

Je l'étale sur la tablette

"La semaine où la gauche est passée à droite"

J'ouvre, page 6, je lis :

 

 - Yves Calvi, animateur de C dans l'air : "Le seul enjeu de 2012 ne doit il pas être la réduction de la dette... ?"

Nicolas Baverez du point : oui !

Nicolas Beytout des Echos : Si !

Jean-Pierre Gaillard de LCI : bah oui !

Philippe Dessertine de Libé : Bien sûr !

 Yves Calvi : tout le monde est d'accord ?

Nicolas Baverez : Il n'y a pas d'alternative... (France 5, 14 septembre 2011) -

 

Tiré d'un dossier consacré au livre collectif Fakir "Vive la banqueroute" ou comment dans l'histoire de France et contrairement à la Star Ac du "qu'un choix possible", Sully, Colbert, Talleyrand,Poincaré, entre autres, s'assirent sur la dette en beauté...

suivi d'un dialogue avec Lordon

Instructif !

Je tourne la tête vers ma voisine, elle lit, "réveillez vous" de Nicolas Baverez

l'indignez vous tendance CAC 40 du révolé du Fouquet's opprimé

le oui oui du déclin et de la daube en gare.

 

-  Bien content de pas lui avoir cédé ma place, j'me dis.

 

Deux mondes opposés en parallèle

Moi Fakir, elle Flikar

3 heures sans un mot un regard

et chacun dans sa bulle

 

A l'arrivée, comme à chaque fois, je laisse mon Fakir sur la tablette pour que quelqu'un en profite, ou découvre...

 

Elle dit : je peux ?

Je dis : c'est l'antidote !

Pas sûr qu'elle ait compris...

Je m'éloigne.

 

tgb

10:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

07/05/2013

Le petit homme vert qui passe au rouge

IMG_0844.JPGIls nous le disent, nous le répètent, nous le serinent soir et matin, comme un mantra

- une seule voie possible et un seul choix. -

C’est à dire pas le choix.

Ils nous l’assènent, nous le matraquent, nous l’idéefixent,

le catéchisme et la doxa l

La question n’est pas oui ou non mais combien, comment et à quelle heure…

De l’alternance dans la rigueur mais pas d’alternative à la rigueur,

au dogme unilatéral, à la logique exclusive.

Penser, comme traverser, dans les clous

Sauf que le petit homme vert se fout bien des sens interdits,

sauf que le petit éco-socialiste passe au rouge quand même,

qu’il soit 1, 30 000, ou 180 000...

 

une seule goutte d’eau dans la mer et alors toute la mer dans cette goutte d’eau

 

tgb

photo - Stéphane L.

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17:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

02/05/2013

S’habiller de la peau des autres

leclercmai6801.jpg

Le pas cher finit toujours par coûter la peau du cul.

Exemple : un futal à 10 euros chez Carrouf, peut coûter la coquette somme de 500 morts et 1000 blessés au Bengladesh.

Somme modique certes pour quelque distributeur jouant de la réduction des coûts et de la marge arrière, mais assez onéreux en termes d’image.

Qu’après, faut gérer la crise, douiller du communicant, tartiner de l’humanitaire et de la charte éthique, se ripoliner la marque par de la charité.

Heureusement ça passe…derrière les gravats, les affaires continuent. Le consommateur à caddy n’ayant guère de mémoire, the business must go on !

Il en va de la fringue comme du plat cuisiné de cheval, comme du Fukushima discount, comme de tout low coast qui ne se respecte pas, ça rogne forcément sur la qualité, la sécurité, l’écologie et le social, bref toutes ces broutilles qui font la pérennité d’une civilisation.

A toujours tirer sur les prix - l’esclavagisme libre et non faussé ou le camp de travail étant l’aboutissement naturel du « dumping » social - y’a forcément quelqu’un qui raque à la fin, au bout du bout de la grande chaîne de la sous sous sous-traitance et forcément quelqu’un qui en palpe aussi.

soldes.jpg

Evidemment quand on exalte le « modèle allemand » et ses mini jobs à 4€ de l'heure, on ne laisse guère d’autre choix au crève la dalle que de s’habiller avec la peau de l’autre. Un plus crève la dalle que soi.

La pauvreté se nourrissant de la misère et vice versa.

Il participe ainsi, conscient ou pas à la spirale morbide du nivellement par le bas, de la paupérisation, du cercle vicieux préparant à la dèche mondialisée et au chaos.

Dans une de ces fulgurances obscènes dont il nous accable et que nous avons l’amabilité en général de ne pas lui resservir, vu que personne ne lit ses bouquins qu’il n’écrit d’ailleurs pas, Jacques Attali expert visionnaire déclare en sa lucide suffisance :

- Nous avons trop de pouvoir d’achat !

Apprécions ce « nous » sans doute de majesté et répondons lâchement par le truchement de l’excellent Emmanuel Todd :

« La notion d'austérité est véhiculée par des pourris, des gens qui ne sont pas nets…Toute personne qui prône l'austérité devrait faire l'objet d'une enquête de moralité »

soldes.jpg

Oui, si ce monde possédait encore une once de décence un zest de justice, c’est par exemple, monsieur Jacques le pontifiant, qui irait ramasser les cadavres à la pelle des femmes et des gosses ensevelis à Dacca, ces pertes et profits de la compétitivité létale et du grand capital à la mouise enrichie.

N’empêche, nous avons aussi notre part de responsabilité. Même avec moins d’argent, surtout avec moins d’argent, nous avons la responsabilité d’acheter moins, d’acheter mieux, d’acheter nécessaire et durable et aussi paradoxal que cela est, d’acheter le juste prix.

C’est le seul prix à payer.

tgb

14:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

 
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