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25/02/2013

Le poète et le footeux

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Si, "le football est le fer de lance de la stratégie qatarie", le cœur de "la diplomatie sportive de Doha", la poésie engagée, nettement moins.

Faut dire, qu’elle drôle d’idée eut Mohammed al-Ajami d’écrire une ode aux printemps arabes avec l’espoir que les révolutions atteignent les monarchies du Golfe, plutôt que de se spécialiser dans le dribble tiré par les cheveux coupés en quatre, spécialité du génie de la capilliculture appliquée, David Beckham.

Condamné à perpétuité avant d’écoper au final de 15 ans de prison ce lundi à Doha, le poète Mohammed al-Ajami, arrêté le 16 novembre 2011 pour « atteinte aux symboles de l'Etat et incitation à renverser le pouvoir » apprendra à ses dépends, qu’il vaut mieux jouer avec ses pieds plutôt que de se les compter sur les doigts.

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Le préretraité Beckham de la marque Beckham and spice girl réuni, support publicitaire, poseur de poster et expert en t-shirt mouillé aurait pu lui refiler le tuyau : chez l’Emir gazeux, mieux vaut faire les magasins que de la politique.

Car souvenons nous, juste avant la venue du produit Beckham avec date de péremption de 5 mois au PSG, "France Football" sortait une enquête sur l’achat à la Fifa par le Qatar de l'organisation de la Coupe du monde de l’opium du peuple 2022 par 50°degrés à l’ombre.

Vous me direz c’est toujours ça que les terroristes de l’obscurantisme salafiste n’auront pas…

N’empêche, tandis qu’éclatait le ‘Qatargate’ menaçant d’éclabousser la mafia fouteuse et que se murmurait, le soir au fond des filets, que nos héros Patoche et Zizou, dans le jus saumâtre de Sarko, étaient un peu mouillés et pas que du maillot, soudain notre grand reporter sur le terrain, interrompait le scandale par un flash spécial :

- Et bien ouiiiiiiiiiii, c’est un scoooooooooop, en direct de la conférence de preeeeeeeeeesse, transfeeeeeeeert surprise de David Beckham et sa dame à Pariiiiiiiiiiis…

qui éteignit d’un souffle opportun, l’incendie de la baballe mondialisée.

Alors, l'objet de tous les transferts, y compris caritatif donc défiscalisé, le métrosexuel David jeta un voile pudique sur les magouilles politico-économico-pseudo sportives aux vieux relents de corruption et l’on pu retourner tranquillement jouir du 4-4-2 frelaté tandis que la star pipolée Beckham défilait du crampon sur le banc de touche.

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On ne sera pas surpris qu’en ce monde trivial, le footeux soit dans la lumière tandis que le poète soit à l’ombre, ni que les geôles de notre ami l’émir soient moins glamours que ses vestiaires.

N’est pas fashion victim qui veut !

Et que le pauvre Rimbaud qatari me pardonne...

 

Qatar Qatar ton pécule

Paris Paris on…

 

je laisse le soin à Beckham de trouver la rime riche…

 

tgb

16:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

19/02/2013

Allumer le lampiste

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Allumer le lampiste, donner du «Spanghero» comme os à ronger à la vindicte populaire, technique vieille comme le monde même si la communication de crise s’est aujourd’hui sophistiquée, c’est faire croire que ce qui est de l’ordre de la pratique courante n’est au final qu’accident, anomalie, dysfonctionnement, voire escroquerie.

Il s’agit de calmer l’opinion, en lui donnant du fusible, histoire d’éviter la crise systémique et l’effondrement par exemple, du secteur de la daube industrielle, vecteur économique particulièrement stratégique en France.

Rappelons au passage que le patron de la FNSEA syndicat agricole en situation de quasi monopole n’est autre que Xavier Bellin, également, quelle coïncidence, président d’un des tout premier groupe agro-alimentaire, la Sofiprotéol (filière céréalière) et pas trop regardant question OGM.

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L’entreprise Spanghero donc qui n’appartient d’ailleurs plus aux Spanghero depuis 2009 mais à Barthélémy Aguerre, député suppléant de Jean Lassale (Modem) sert ici de magistral cas d’école en tant que coupable idéal dans l’histoire des "lasagnes Findus".

Non pas que le sieur Barthélémy jouant vicieusement du chantage à l’emploi soit un gastronome distingué oeuvrant pour l’éducation du goût populaire, qu’il soit un innocent aux mains sales ne semble faire aucun doute, mais comme les copains, il ne fait au fond qu’appliquer un règlement sans règles d’un marché dérégulé sous la pression des lobbies, du profit, avec la complicité tacite des politiques.

Pas de miracle, le démantèlement des services sanitaires, la recherche de la compétitivité à tout prix, le dumping mondialisé, le marketing packaging qui représente 40% du prix des produits, ne peuvent que pousser au nivellement par le bas et par loi de conséquence, à l’arnaque.

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Encore n’y aurait-il qu’un problème de viande chevaline, substitut de bœuf… à tout prendre si la bidoche est bonne…, mais ce n’est pas de bon canasson dont on se bâfre ici, mais d’une sorte de «minerai», à savoir, cartilage, gras, viscères et collagène, cette sorte de merde bouillie agglomérée qu’on ne filerait même pas à des chiens.

De là à faire le constat qu’on nous traite pire que des animaux…

Alors que le scandale «chevalgate» éclate, la réintroduction au même moment comme une énième provocation, des farines animales dans nos quatre heures par l’Europe cynique et libérale en est la parfaite illustration.

Il faut savoir que Findus n’est pas plus une entreprise française de bouffe dégueulasse, qu’une entreprise monégasque ou guatémaltèque, elle est une multinationale appartenant à un fond de pension dont le job n’est pas de nourrir la planète mais de donner 10% de dividendes à ses actionnaires.

La tambouille Findus n’est pas à consommer mais à acheter.

Comme dans mon Flanby socialiste dont on trouve plus de traces de libéralisme que de bon caramel de gauche, Findus n’a d’autre finalité que de rassurer les marchés. Et pas celui du samedi matin sur la petite place derrière chez moi.

D’une certaine manière, encore heureux qu’il y ait fraude, elle permet, une fois de temps en temps de mettre le nez dans nos assiettes et de sentir combien ça pue. Non pas qu’on ne sache pas intuitivement de quelle mixture on se goinfre, mais du moins prenons nous conscience un instant de ce qu’on préfère occulter le reste du temps pour ne pas gerber.

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En ce sens, nous consommateurs de vite fait pas cher, responsables, si ce n’est de nos budgets, du moins de nos achats conditionnés, pouvons en prendre notre part.

Seulement, quand le peuple carnivore gronde, et demain le peuple végétarien et demain le peuple tout court…parce que tout cet ultra capitalisme est basé sur le même principe de rentabilité immédiate et de course à l’échalote transgénique, il lui faut une tête pour défouler sa colère, un paratonnerre pour purger sa rage.

A la Société Générale ce fut le bouc émissaire Kerviel qu’on sacrifia sur l’autel de la fureur citoyenne et du lynchage médiatique. Kerviel, trader pas plus innocent ou coupable que les autres mais qui eut le malheur de se faire prendre et paya pour tous les traders de la bande à bancaire.

Kerviel, parfaite figure expiatoire s’il en est, puisque fatale imprudence, il n’appartenait ni au sérail ni à aucun réseau. Or chez ces gens-là, faut pas croire, on est solidaire, ou du moins, on sait jouer du tirage mutuel de barbichette. On ne se lâche pas comme ça.

Quand tout pousse à la chaîne hystérique de la médiocrité sonnante et trébuchante, pas s’étonner qu’allumer le lampiste permette de maintenir le système opaque et que la sempiternelle métaphore du sage montrant la lune à son disciple regardant le doigt prenne toute sa pertinence.

La désignation du lampiste, c’est Platon revisité en sa caverne ; l’illusion du coupable local dans l’ombre des responsabilités globales.

tgb

10:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

16/02/2013

Djamal Chaar, l’immolé et les incendiaires

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Au-delà de la dénomination anonyme et déshumanisée de « chômeur immolé devant le pôle emploi » le désespéré de Nantes avait un nom.

Il s’appelait Djamal Chaar.

Djamal Chaar entre ainsi dans la tragédie sociale avec son terrible cortège des suicidés de la société, de ce monde austère et sans pitié.

Ce « cancer de la société » versus Wauquiez de la droite justement nommée sociale, cet « assisté » de la communauté, est mort pour un trop perçu de 600 euros.

Il ne repassera donc pas par la case départ pour toucher comme le journal libéral « le Monde » par exemple, ses 55,3 millions d'euros d'aides publiques pour mieux dénoncer « l’état providence ».

Avant l’épouvantable sacrifice de Djamal Chaar, plusieurs immolations par le feu eurent lieu en France, et 3 tentatives depuis, comme la propagation d’un terrible incendie, comme la mise en scène névrotique et publique de la douleur et du désespoir.

Pour Hollande François qu’en connaît un rayon question nature humaine " il n'est nul besoin d'aller chercher une responsabilité", l’acte de Djamal n’est rien d’autre qu’ "un drame personnel".

Et pourquoi pas en effet la traduction enflammée d’un chagrin d’amour devant le pôle emploi.

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Djamal Chaar ne sera hélas pas le Mohamed Bouazizi français. Il ne déclenchera ni printemps révolutionnaire, ni émeute populaire, tout juste un zest de compassion de nos zélites françaises, bien trop occupées à faire subir aux ouvriers en lutte un interrogatoire musclé de garde chiourmes pour justifier d’un boulon lancé en l’air, tandis que pendant la crise bancaire, l’hyper violence patronale qui nous est faite prospère en toute légitimité.

Et Valls, ce Javert qui casse du salarié, de défendre avec zèle les incendiaires du nouvel ordre mondial, facteur même du chaos, de la jungle libre et non faussée, de la loi du plus fort. Ces pyromanes exaltés qui mettent le feu en toute impunité là où se brûlent les millions de sacrifiés, infimes dégâts collatéraux de leurs profits immédiats.

Le plus surprenant dans ses séries d’immolations et de suicides à la chaîne (France Telecom, la Poste…) ce n’est pas qu’ils expriment cruellement cette violence sociale, mais qu’elle se retourne contre la personne même qui la subit. Comme si la victime se résignait à redevenir victime et n’avait d’autre solution, plutôt que de s’en prendre à son bourreau, encore faudrait-il avoir un nom dans cette grande machinerie systémique, que de s’en prendre encore à soi, de se faire payer encore l’addition.

Dans cette forme d’aliénation et d’asservissement intégré, n’avoir plus d’autres armes que d’agir contre soi comme ultime liberté et protestation.

Symptôme affreusement alarmant d’impuissance individuelle dans la dissolution du collectif.

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Plutôt que de céder à toute forme de chantage, solution provisoire qui de toute façon à plus ou moins long terme s’avère toujours perdante, plutôt que de se mortifier, il s’agit bien de renvoyer la violence d’où elle vient, de renverser le rapport de force et de faire en sorte que la peur change de camp.

Quitte à mourir, autant combattre.

Après avoir baissé modiquement et momentanément son salaire, Carlos Ghosn, le patron de Renault dans une minable tentative de communication et de provocation, ne gagnera plus que 26000€ par jour.

Après cet immense sacrifice, pensez vous sérieusement que ce cynique représentant de l’oligarchie songe à s’immoler ?

tgb

13:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

12/02/2013

Fièvre de cheval

 

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On peut toujours se lamenter de la faillite de la Sainte traçabilité des produits divers et avariés qui transitent par les multiples intermédiaires qui s’engraissent de transaction en transaction à rien foutre, tant qu’on s’obsède du symptôme, on évite soigneusement de s’attaquer aux causes du « chevalgate ».

Le ministre Le Foll peut toujours monter sur ses grands chevaux à se hérisser du poil, dans une incantation au contrôle sanitaire bien senti, tant qu’il ne reconstruit pas la DGCCRF autrement nommée ‘répression des fraudes’, démantelée par Fillon et Sarko dans une politique de dérégulation et d’éradication des services publics, on restera à se polariser sur la fièvre en se foutant pas mal de l’infection ; façon aimable de dire qu’on continuera à pisser dans un violon.

L’Europe tartufe réunie en cellule de crise demain dans l’urgence haha, peut toujours mobiliser ses gros sabots rapport à la chaîne sous alimentaire de la tambouille pour pauvres, elle ne nous fera pas avaler que le scandale Findus est un dysfonctionnement du système puisque c’est l’émanation même du modèle libre et non faussé, tel qu’il a été programmé en son dumping à la con.

Surtout que dans le cadre de discussions sur des accords de libre-échange, la Commission Européenne vient d’autoriser l’importation de carcasses de viande bovine nettoyées à l’acide lactique, façon de couper aux règles strictes d’hygiène et de faire une fleur à nos copains ricains, en attendant leur poulet nettoyé au chlore…

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Depuis qu’on se goinfre à spéculer et à ne plus rien produire, à faire dans le courtage, maillon d’une chaîne qui dilue opportunément les responsabilités, plutôt que dans la belle ouvrage bleue ou saignante, on risque de réchauffer longtemps de la bouse ou du crottin, dans nos micro-ondes à sale bouffe.

Dans ce modèle libéral du profit à tout prix, il en va des barquettes de lasagnes comme de toute marchandise et de toute activité ‘walmartisée’ ; la grande distribution pressurant toujours plus pour obtenir des coûts toujours moins, il ne peut s’instaurer mécaniquement qu’une paupérisation locale pour un appauvrissement global, du producteur saigné au consommateur sous payé avec pour résultat imparable, de la daube sous-conditionnée.

Quand on sait déjà combien le bio est dévoyé, détourné, dénaturé par la puissance financière et juridique des lobbies de l’agroalimentaire, que par exemple l’appellation « Producteurs locaux » est devenue une marque Leclerc, il n’y a rien à espérer que de tous finir labellisés à l’abattoir de la malbouffe avec code barre sur le front.

Pas de miracle, le toujours moins cher, le toujours plus compétitif, le toujours plus rentable, c’est le toujours moins de qualité, le toujours moins de sécurité, le toujours moins de droits sociaux.

En cela le capitalisme qui n’a d’autre horizon que le toutou tout/tout de suite pour ma gueule est l’ennemi naturel de l’écosocialisme qui n’a d’autre perspective que l’intérêt général à long terme.

Il n’y a pas, il ne peut y avoir d’écologie de droite. L’écologie est intrinsèquement, viscéralement, forcément anti-capitaliste.

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Mais tant que le quantitatif ‘moins disant’ règnera sur le qualitatif des plus luxueux, faudra pas s’étonner de boire de la pisse d’âne et de bouffer de la merde avec du canasson dedans ou l’inverse. Déjà bien beau qu’on n’y trouve pas des morceaux de jockey.

A ce rythme-là, je parie que ça viendra.

tgb

15:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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