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10/02/2013

Cette pauvre Europe des riches

 

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Ce n’est pas parce qu’entre 2008 et 2011, l’Europe a offert sur un plateau 1600 milliards aux banques nécessiteuses, qu’elle doit s’exonérer de gratter 200 des 500 millions d’aide alimentaire pour les crève-la- faim privilégiés, dans une politique d’austérité d’une rare pertinence.

Une économie de bout de chandelle que n’aurait pas renié le père Ubu lui-même.

C’est donc le cœur léger et fier du travail accompli que la désopilante Merkel et le milliardaire Cameron peuvent laisser éclater leur joie soulagée.

Il faut bien reconnaître une véritable noblesse et une certaine hauteur de vue à économiser un quignon de pain aux uns pour mieux offrir du caviar aux autres, au nom de cette lutte des classes un peu démodée autrement rebaptisée dans cette novlangue subtile qui nous prendrait un chouïa pour des cons :

compétitivité.

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Il fut un temps où les riches s’asseyant sur la justice sociale se sentaient au moins redevables d’une forme de charité. Non seulement l’Europe patronnesse dans son souci de dorloter les marchés, organise la régression sociale, fait exploser la pauvreté, mais encore refuse même aux peuples la dernière des mendicités.

Un pas immense vers la civilisation.

Heureusement Flanby, ennemi de la finance à ses heures perdues et dans cette volonté déterminée qui n’appartient qu’à lui, était là.

« je vous le dit tout net : pas question d’accepter de réduction du budget au-delà de ce qui est acceptable »

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Le spécialiste de la menace qui s’annule toute seule dans la même phrase a du trouver parfaitement acceptable donc de rogner deux paquets de coquillettes aux Restos du Cœur par exemple, tandis qu’explose la demande.

L’essentiel restant par ailleurs de sauver à la sauce hollandaise, quelques riches céréaliers français, les abeilles et les pesticides, le tout en même temps.

Comprenons nous bien. Si donner 1600 milliards d’argent public à des banquiers privés ne fait évidemment pas d’eux des assistés, donner une barquette de lasagnes Findus aux miséreux risquerait bien de les conforter dans leur statut de parasites de la société.

Et ça naturellement, pour cette pauvre Europe des riches ou cette riche Europe des pauvres, c’est économiquement, idéologiquement, juste inacceptable.

tgb

11:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

05/02/2013

La gueule de pas d'emploi

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Plus on gagne de droits sociétaux, plus on perd de droits sociaux.

Avoir le droit de se marier entre homosexuels n’empêche pas de se faire virer de son boulot ou d’accumuler les CDD. Un homo étant aussi un travailleur, ce serait ballot que ce qu’il gagne en militant du mariage pour tous, nous le perdions ensemble en acquis sociaux.

Si de nouveaux droits sont toujours bons à prendre, y compris le droit fondamental pour les femmes de porter des pantalons, ils ne doivent pas être le pudique paravent des régressions sociales programmées par le nouvel ordre mondial et exécutés par sa technocratie gouvernementale quelle qu’elle soit.

On se demande dans quelle mesure, les avancées sociétales ne serviraient pas justement de caution de gauche, de simulacre de gauche, de substitut de gauche et de virginité.

Tandis que Zapatero (hier) ou Hollande légifèrent sur les mœurs, se contentant finalement d’avaliser les évolutions de la société (cela dit le conservateur Cameron aussi), ils pratiquent ou pratiquèrent une même politique libérale au nom de la toujours même Sainte Trinité : Compétitivité - Flexibilité – Austérité.

Tandis que le général Flanby, grand sorcier blanc, libère de ses forces obscures, Stéphanie de Bamako que son jeune padawan Valls s’empresse d’embastiller ici, le capitaine raplapla, ‘not dangerous’ nous pond la réforme bancaire la plus inoffensive du monde que même les banquiers en sont gênés.

 

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Il ne faudrait pas que les acquis sociétaux servent à escamoter le hold-up social, parce que concrètement, toujours moins de service public et toujours plus de sacrifices économiques c’est :

- une famille entière suicidée dans un petit pavillon

- la mort d’un bébé in utero faute de personnel hospitalier

- le chantage à l’emploi du patron milliardaire Goshn sur ses employés démunis

- des milliers de licenciements boursiers dont semble n’avoir jamais entendu parler, Laurent Berger de la CFDT collabo (pléonasme) : "Je ne sais pas ce qu'est 1 licenciement boursier" (mots croisés 4/02)

Le mariage pour tous c'est sympa, mais la mouise pour tous, c'est pas terrible question voyage de noces.  

Homos ou pas, mariés ou pas, tous les licenciés de chez PSA ou Sanofi ont la même gueule de plus d’emploi.

tgb

 

dessin : Voutch

11:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

01/02/2013

Si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé…

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Si la France est en faillite, comme nous l’affirmait hier le désopilant François Fillon et nous le dit aujourd’hui l’impayable Michel Sapin avant de se dédire, et comme naturellement finit par s’en convaincre 63% des français à force de se l’entendre marteler dans cette fabrication du consentement autrement nommé propagande, alors, est ce bien raisonnable de balancer 50 millions d’euros en trois semaines, soit plus de deux millions par jour, dans une guerre qui pourrait bien s’ensabler du côté du Mali ?

Pour paraphraser le tout convalescent Chavez, qui déclarait que si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé, on pourrait rajouter que si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé.

Il se trouve qu’il en va de notre armée comme du reste de la société. Un bataillon de généraux et d’officiers grassement payés, représentant plus du double des soldats dont dispose le ministère, tandis que le prolétariat de la gâchette attend sa solde avec un an de retard dans certains cas.

Circonstance aggravante, cette piétaille militaire, étant condamnée au silence par la grande muette, ce sont les épouses qui doivent revendiquer pour obtenir leurs droits élémentaires comme celui par exemple d’être payé, ou même d’avoir un gilet pare-balles décent pour affronter la camarde.

Dans cette armée mexicaine, on trouve donc au final deux officiers touchants autant à la retraite qu’en activité, pour un homme de rang, celui là même qui à l’infime privilège de faire le voyage retour en bodybag dans l’indifférence générale.

Certes, personne n’est obligé, même pauvre, de faire chair à canon comme profession, ils n’avaient à tout prendre, qu’à faire Florence Cassez comme métier, nonobstant, en France, dans ce pays où paraît-il la lutte des classes n’existe pas, comme une constance :

- une classe supérieure pantouflante, pantouflarde, se pressant autour des buffets à se goinfrer de petits fours et canapés, dans l’impunité, la sécurité, les privilèges

- une classe inférieure qui se les beurre se les tartine et se la boucle, ceinture y compris.

Honneurs et faveurs pour les uns,

hommages éventuels pour les autres mais posthumes.

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Il fut un temps où cette armée de métier était une armée de conscription. Le jeu consistait donc à se faire réformer. Dans les années 80, sans même être planqué, c’était assez facile. C’est ainsi que je devins P4.

La suspension par Chirac du service national en 1995 fut accueillie comme une délivrance. Par moi y compris. Pourtant, à bien y réfléchir, sans idéaliser, ce service militaire avait quelques avantages :

Chaque mère de France (ou à peu près) pouvant laisser son gosse sur le champ de bataille, on y regardait à deux fois avant de partir la fleur au fusil, faire couler un sang impur dans nos sillons ou dans les leurs.

Dans les chambrées, un type de Neuilly pouvait, se retrouver pote avec une racaille de la cité, un érudit rencontrer un analphabète, du moins se croisaient-ils dans des classes sociales mélangées, ça servait de creuset à ce que l’on appelait encore, la république…

On ne déléguait pas, en s’en lavant les mains, nos saloperies post coloniales rebaptisées humanitaires, à une poignée de robocops mal payés pour tuer certainement, et mourir éventuellement à notre place et en notre nom ou du moins en celui de l’OTAN.

Pour cette nouvelle génération de dirigeants politiques n’ayant jamais connus la guerre, ce goût malsain à jouer aux petits soldats et à envoyer nos militaires ici ou là, a quelque chose d’assez immature, voire de désinvolte.

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Serait-ce tout simplement parce que dans ce monde renversé où un président de la république n’a plus le moindre pouvoir économique mais étrangement encore, la capacité à dévaster la planète, il use et abuse de cette ultime autorité ?

Si "la politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres." ( Michelet ), la guerre, hier de conscription, aujourd’hui professionnelle, et demain privée, reste « un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » (Paul Valéry),

bref, reste bien, une affaire de classes.

tgb

12:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

29/01/2013

Déchaînons nous !

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Ainsi donc, il y eut des téléspectateurs pour s’indigner de la différence de traitement de la couverture médias entre le « mariagepourtous » et la « manifpourtous ».

Ainsi donc, il y eut des téléspectateurs pour se plaindre de la désinformation continue de BFM ou d’I-télé privilégiant le bateau de la Macif, plutôt que le berceau de la manif.

Ainsi donc, il y a encore des gens pour croire, dans cette dépendance de la zappette, cette addiction à la boîte à cons, que ces chaînes du vide en direct, de la dramatisation du rien, feraient encore de l’information.

Et pourquoi voudriez-vous que les bras armés de groupes privés tels Vivendi, Bouygues ou NextRadioTV (RMC BFM ) aux intérêts privés et aux profits privés, fassent autre chose que de marchandiser de l’actu voire de l’idéologiser ?

Et pourquoi attendrions-nous de ces robinets d’eau tiède et saumâtre à l’indolente vacuité, recyclant rebus du journalisme retraité et potiches de la photomaton matée qu’ils nous offrent quelque pluralisme que ce soit.

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Leur demander l’équité dans le traitement de l’info serait leur accorder un statut de chaîne d’info, alors qu’ils n’ont rien d’autre à vendre que de la non pensée unique à tartiner, du pâté de pixel à divertir, du temps de cuisson pour cerveau disponible avec thermostat.

Et d’une manière générale, à quelques infimes exceptions près, vous ne trouverez aucune info à la télé, aucune à la radio, ni même dans les journaux mainstream, qu’une longue litanie de marronniers et de micros trottoirs, du journalisme en moto crottes, avec les mêmes médiocrates interchangeables pour les mêmes commentaires intox et toc de poivrots de comptoirs mais à jeun.

Penser qu’il y ait quelque chose à attendre de ces outils de molle propagande, de sale et fade infotainment, c’est penser encore dans le cadre, ce pseudo cadre démocratique en sa fumeuse liberté d’expression.

Essayez de voter non à un référendum pour voir…

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Ces chaînes, privées aux mains de groupes privés, publiques aux mains du pouvoir du moment, sont nos ennemis. On ne demande pas à nos ennemis de nous traiter bien. On les combat.

Inutile donc de s’indigner ou de se scandaliser. Boycottons ! et laissons les cons parler aux cons.

En revanche, et je le pense depuis toujours, il nous faut notre chaîne à nous, quitte à ce que chacun d’entre nous casse sa tirelire, investisse, emprunte. Que cette chaîne soit directement accessible ou payante peu importe, il nous la faut d’urgence. Libre, indépendante, et, partant du principe qu’il y a un potentiel d’au moins 5 millions de téléspectateurs en attente, nous appartenant.

Une chaîne ni chiante, ni élitiste, ni déprimante ni militante mais populaire, marrante, éducative et exigeante.

Et je me sens moins seul et moins idéaliste quand enfin je lis l’excellent François Ruffin de Fakir (il a au moins le crédit d’avoir créé une revue indépendante et viable) qui en vient aux mêmes conclusions.°

Rien à espérer des autres, et tout exiger de soi.

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Si plus il y a de chaînes moins il y a de choix, alors cessons donc de subir cette conformation

déchaînons nous.

tgb

°voir fin de l’interview

12:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

 
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