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06/03/2013

Tristes tropismes

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Chokri Belaid, Stéphane Hessel, Hugo Chavez, la camarde à une nette tendance à nous cracher à la gueule ces temps-ci, tandis que les pires crapules bouffies de haine sablent le champagne en bons charognards qu’ils ne cessent jamais d’être.

Il ne fait certes, jamais bon mettre son humanité en travers de l’autoroute de la barbarie dominante, mais il est des jours plus accablants que d’autres où le découragement frappe salement à la porte.

Si nous nous passons fort bien du culte de la personnalité, bon dieu pourtant, combien avons-nous besoin de héros qui nous vengent !

Et nous avons beau nous répéter en boucle, de défaite en défaite jusqu’à la victoire, de batailles perdues en batailles perdues jusqu’à gagner la guerre, si même la mort roule pour le grand capital alors…

Tristes tropismes.

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L’affaire est entendue, Chavez était un vil dictateur, populiste ça va de soi, réélu triomphalement trois fois, gagnant 11 élections sur 12 et qui perdant un référendum se soumit au verdict populaire, lui. C’est donc tout naturellement que nos éditocrates éclairés peuvent faire la leçon à l’indigène un tantinet « simiesque » du sud.

Car il faut bien admettre quand même qu’en notre monde civilisé, il est des choses qui ne se font pas :

Eradiquer l’illettrisme, faire baisser la pauvreté de 75%, donner l’accession au logement et à la santé aux couches défavorisées, exploiter son propre pétrole, nationaliser les profits, faire un bras d’honneur à l’empire.

Le nouveau bordel mondial ne tolérant aucun autre désordre que son propre chaos morbide.

Chavez n’aura sans doute pas tout réussi, mais il aura généreusement, courageusement, outrageusement essayé, tandis qu’ici, mr Normal par exemple, aura tout raté sans n’avoir rien osé du tout.

Son minable communiqué alambiqué en dit long sur son inanité.

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En ce jour un peu glauque, disons alors pour nous rassurer, que si nos héros nous ont plantés là, c’est qu’ils considèrent que nous sommes assez grands pour nous prendre en main, sans plus d’ombre tutélaire.

Ne reste donc plus qu’à espérer que mille petits Hessel, dix mille petits Chavez, cent mille petits Belaïd éclosent en ce couci couça printemps.

Tandis que s’inscrira dans l’histoire le mythe du « gorille bolivarien »° et que s’effacera enfin des ondes les voix vomissantes des cuistres enflés de vide.

tgb

°Ainsi le furoncle Adler nommait Hugo Chavez.

17:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

01/03/2013

Le nouveau désordre mondial

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Y’a comme un malentendu !

Contrairement à ce que présupposent nos zéditocrates distingués en leurs gros titres alarmistes, non seulement le vote en Italie qui inquiète tant les marchés ne nous angoisse pas particulièrement, mais plus encore, il nous fait bien marrer.

Qu’ils se rassurent, le peuple, s’il existe, se fiche comme de sa dernière chemise en lambeaux de l’inquiétude de la finance et ce qui l’empêche éventuellement de dormir n’est pas l’insomnie du banquier mais ses saloperies.

Il est sans doute rageant pour ces zélés zexperts payés 30 000 euros mensuels afin d’expliquer à longueurs d’ondes et de journées à ce peuple un peu con qu’il n’est d’autre alternative que de vivre avec 600 euros par mois d’avoir au final si peu d’influence.

Quant à justifier leur salaire…

Et de se désoler une fois de plus que ce peuple décidément immature ait voté avec ses pieds plutôt que d’embrasser par exemple les mains de l’abbé Monti de chez Goldman Sachs, ce professeur émérite qui lui veut tant de bien à lui faire tant de mal.

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Titrer que les marchés inquiètent les peuples n’étant pas d’actualité, de sentir poindre en creux, comme la tentation irrésistible, chez nos clairvoyants du paf, de confisquer cette démocratie au peuple irresponsable, le temps de faire leurs petites affaires entre adultes consentants.

Le nouvel ordre mondial qui a visiblement une nette tendance à foutre un bordel monstre, valant bien une entorse totalitaire à l’expression souveraine des peuples.

Non pas que le peuple soit forcément bien inspiré de l’isoloir, imperméable à la démagogie ou aux pulsions scabreuses, quand il met Hitler au pouvoir, réélit Bush ou Orban…mais ainsi en va t’il du jeu démocratique.

Est-ce une raison pour le dissoudre quand il répond ‘mal’ à la question, l’obliger à voter jusqu’à ce que le oui s’ensuive ou dégainer le mot qui tue, qui paralyse, le mot valise qui définit tout ce qui n’est pas dans les clous et s’use tant on en abuse : le populisme ?

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Quand le choix électoral se résume à pareil au même, jusqu’à l’apothéose accomplie du gouvernement d’union nationale, que reste t’il d’autre en rayon que le n’importenawak ?

Quitte à faire dans le simulacre, autant privilégier le carnaval et les clowns marrants aux pantins pas drôles.

Que le peuple, s’il existe, passablement excédé de bipartisme stérile et de démocratorépublicanisme devienne un rien soupe au lait du piège à cons devrait logiquement les faire gamberger mais non.

Suite à l’échec de leur référendum, juré craché qu’ils avaient saisi le message, visiblement à les voir se shooter dans le même entre soi ‘raisonnable’ à la même pensée unique avec cette docte suffisance qui déplore ce populisme dont ils sont les premiers ferments, prouve qu’à ce degré d’autarcie ne reste plus qu’à abréger leurs souffrances.

Que le peuple, s’il existe, se foute de rassurer les marchés et les inquiète enfin ne peut être que bon signe.

Aucune raison que ce soit toujours les mêmes qui rigolent.

tgb

15:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

25/02/2013

Le poète et le footeux

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Si, "le football est le fer de lance de la stratégie qatarie", le cœur de "la diplomatie sportive de Doha", la poésie engagée, nettement moins.

Faut dire, qu’elle drôle d’idée eut Mohammed al-Ajami d’écrire une ode aux printemps arabes avec l’espoir que les révolutions atteignent les monarchies du Golfe, plutôt que de se spécialiser dans le dribble tiré par les cheveux coupés en quatre, spécialité du génie de la capilliculture appliquée, David Beckham.

Condamné à perpétuité avant d’écoper au final de 15 ans de prison ce lundi à Doha, le poète Mohammed al-Ajami, arrêté le 16 novembre 2011 pour « atteinte aux symboles de l'Etat et incitation à renverser le pouvoir » apprendra à ses dépends, qu’il vaut mieux jouer avec ses pieds plutôt que de se les compter sur les doigts.

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Le préretraité Beckham de la marque Beckham and spice girl réuni, support publicitaire, poseur de poster et expert en t-shirt mouillé aurait pu lui refiler le tuyau : chez l’Emir gazeux, mieux vaut faire les magasins que de la politique.

Car souvenons nous, juste avant la venue du produit Beckham avec date de péremption de 5 mois au PSG, "France Football" sortait une enquête sur l’achat à la Fifa par le Qatar de l'organisation de la Coupe du monde de l’opium du peuple 2022 par 50°degrés à l’ombre.

Vous me direz c’est toujours ça que les terroristes de l’obscurantisme salafiste n’auront pas…

N’empêche, tandis qu’éclatait le ‘Qatargate’ menaçant d’éclabousser la mafia fouteuse et que se murmurait, le soir au fond des filets, que nos héros Patoche et Zizou, dans le jus saumâtre de Sarko, étaient un peu mouillés et pas que du maillot, soudain notre grand reporter sur le terrain, interrompait le scandale par un flash spécial :

- Et bien ouiiiiiiiiiii, c’est un scoooooooooop, en direct de la conférence de preeeeeeeeeesse, transfeeeeeeeert surprise de David Beckham et sa dame à Pariiiiiiiiiiis…

qui éteignit d’un souffle opportun, l’incendie de la baballe mondialisée.

Alors, l'objet de tous les transferts, y compris caritatif donc défiscalisé, le métrosexuel David jeta un voile pudique sur les magouilles politico-économico-pseudo sportives aux vieux relents de corruption et l’on pu retourner tranquillement jouir du 4-4-2 frelaté tandis que la star pipolée Beckham défilait du crampon sur le banc de touche.

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On ne sera pas surpris qu’en ce monde trivial, le footeux soit dans la lumière tandis que le poète soit à l’ombre, ni que les geôles de notre ami l’émir soient moins glamours que ses vestiaires.

N’est pas fashion victim qui veut !

Et que le pauvre Rimbaud qatari me pardonne...

 

Qatar Qatar ton pécule

Paris Paris on…

 

je laisse le soin à Beckham de trouver la rime riche…

 

tgb

16:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

19/02/2013

Allumer le lampiste

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Allumer le lampiste, donner du «Spanghero» comme os à ronger à la vindicte populaire, technique vieille comme le monde même si la communication de crise s’est aujourd’hui sophistiquée, c’est faire croire que ce qui est de l’ordre de la pratique courante n’est au final qu’accident, anomalie, dysfonctionnement, voire escroquerie.

Il s’agit de calmer l’opinion, en lui donnant du fusible, histoire d’éviter la crise systémique et l’effondrement par exemple, du secteur de la daube industrielle, vecteur économique particulièrement stratégique en France.

Rappelons au passage que le patron de la FNSEA syndicat agricole en situation de quasi monopole n’est autre que Xavier Bellin, également, quelle coïncidence, président d’un des tout premier groupe agro-alimentaire, la Sofiprotéol (filière céréalière) et pas trop regardant question OGM.

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L’entreprise Spanghero donc qui n’appartient d’ailleurs plus aux Spanghero depuis 2009 mais à Barthélémy Aguerre, député suppléant de Jean Lassale (Modem) sert ici de magistral cas d’école en tant que coupable idéal dans l’histoire des "lasagnes Findus".

Non pas que le sieur Barthélémy jouant vicieusement du chantage à l’emploi soit un gastronome distingué oeuvrant pour l’éducation du goût populaire, qu’il soit un innocent aux mains sales ne semble faire aucun doute, mais comme les copains, il ne fait au fond qu’appliquer un règlement sans règles d’un marché dérégulé sous la pression des lobbies, du profit, avec la complicité tacite des politiques.

Pas de miracle, le démantèlement des services sanitaires, la recherche de la compétitivité à tout prix, le dumping mondialisé, le marketing packaging qui représente 40% du prix des produits, ne peuvent que pousser au nivellement par le bas et par loi de conséquence, à l’arnaque.

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Encore n’y aurait-il qu’un problème de viande chevaline, substitut de bœuf… à tout prendre si la bidoche est bonne…, mais ce n’est pas de bon canasson dont on se bâfre ici, mais d’une sorte de «minerai», à savoir, cartilage, gras, viscères et collagène, cette sorte de merde bouillie agglomérée qu’on ne filerait même pas à des chiens.

De là à faire le constat qu’on nous traite pire que des animaux…

Alors que le scandale «chevalgate» éclate, la réintroduction au même moment comme une énième provocation, des farines animales dans nos quatre heures par l’Europe cynique et libérale en est la parfaite illustration.

Il faut savoir que Findus n’est pas plus une entreprise française de bouffe dégueulasse, qu’une entreprise monégasque ou guatémaltèque, elle est une multinationale appartenant à un fond de pension dont le job n’est pas de nourrir la planète mais de donner 10% de dividendes à ses actionnaires.

La tambouille Findus n’est pas à consommer mais à acheter.

Comme dans mon Flanby socialiste dont on trouve plus de traces de libéralisme que de bon caramel de gauche, Findus n’a d’autre finalité que de rassurer les marchés. Et pas celui du samedi matin sur la petite place derrière chez moi.

D’une certaine manière, encore heureux qu’il y ait fraude, elle permet, une fois de temps en temps de mettre le nez dans nos assiettes et de sentir combien ça pue. Non pas qu’on ne sache pas intuitivement de quelle mixture on se goinfre, mais du moins prenons nous conscience un instant de ce qu’on préfère occulter le reste du temps pour ne pas gerber.

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En ce sens, nous consommateurs de vite fait pas cher, responsables, si ce n’est de nos budgets, du moins de nos achats conditionnés, pouvons en prendre notre part.

Seulement, quand le peuple carnivore gronde, et demain le peuple végétarien et demain le peuple tout court…parce que tout cet ultra capitalisme est basé sur le même principe de rentabilité immédiate et de course à l’échalote transgénique, il lui faut une tête pour défouler sa colère, un paratonnerre pour purger sa rage.

A la Société Générale ce fut le bouc émissaire Kerviel qu’on sacrifia sur l’autel de la fureur citoyenne et du lynchage médiatique. Kerviel, trader pas plus innocent ou coupable que les autres mais qui eut le malheur de se faire prendre et paya pour tous les traders de la bande à bancaire.

Kerviel, parfaite figure expiatoire s’il en est, puisque fatale imprudence, il n’appartenait ni au sérail ni à aucun réseau. Or chez ces gens-là, faut pas croire, on est solidaire, ou du moins, on sait jouer du tirage mutuel de barbichette. On ne se lâche pas comme ça.

Quand tout pousse à la chaîne hystérique de la médiocrité sonnante et trébuchante, pas s’étonner qu’allumer le lampiste permette de maintenir le système opaque et que la sempiternelle métaphore du sage montrant la lune à son disciple regardant le doigt prenne toute sa pertinence.

La désignation du lampiste, c’est Platon revisité en sa caverne ; l’illusion du coupable local dans l’ombre des responsabilités globales.

tgb

10:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

 
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