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01/02/2013

Si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé…

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Si la France est en faillite, comme nous l’affirmait hier le désopilant François Fillon et nous le dit aujourd’hui l’impayable Michel Sapin avant de se dédire, et comme naturellement finit par s’en convaincre 63% des français à force de se l’entendre marteler dans cette fabrication du consentement autrement nommé propagande, alors, est ce bien raisonnable de balancer 50 millions d’euros en trois semaines, soit plus de deux millions par jour, dans une guerre qui pourrait bien s’ensabler du côté du Mali ?

Pour paraphraser le tout convalescent Chavez, qui déclarait que si le climat était une banque, ils l’auraient déjà sauvé, on pourrait rajouter que si le social était une guerre, ils l’auraient déjà financé.

Il se trouve qu’il en va de notre armée comme du reste de la société. Un bataillon de généraux et d’officiers grassement payés, représentant plus du double des soldats dont dispose le ministère, tandis que le prolétariat de la gâchette attend sa solde avec un an de retard dans certains cas.

Circonstance aggravante, cette piétaille militaire, étant condamnée au silence par la grande muette, ce sont les épouses qui doivent revendiquer pour obtenir leurs droits élémentaires comme celui par exemple d’être payé, ou même d’avoir un gilet pare-balles décent pour affronter la camarde.

Dans cette armée mexicaine, on trouve donc au final deux officiers touchants autant à la retraite qu’en activité, pour un homme de rang, celui là même qui à l’infime privilège de faire le voyage retour en bodybag dans l’indifférence générale.

Certes, personne n’est obligé, même pauvre, de faire chair à canon comme profession, ils n’avaient à tout prendre, qu’à faire Florence Cassez comme métier, nonobstant, en France, dans ce pays où paraît-il la lutte des classes n’existe pas, comme une constance :

- une classe supérieure pantouflante, pantouflarde, se pressant autour des buffets à se goinfrer de petits fours et canapés, dans l’impunité, la sécurité, les privilèges

- une classe inférieure qui se les beurre se les tartine et se la boucle, ceinture y compris.

Honneurs et faveurs pour les uns,

hommages éventuels pour les autres mais posthumes.

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Il fut un temps où cette armée de métier était une armée de conscription. Le jeu consistait donc à se faire réformer. Dans les années 80, sans même être planqué, c’était assez facile. C’est ainsi que je devins P4.

La suspension par Chirac du service national en 1995 fut accueillie comme une délivrance. Par moi y compris. Pourtant, à bien y réfléchir, sans idéaliser, ce service militaire avait quelques avantages :

Chaque mère de France (ou à peu près) pouvant laisser son gosse sur le champ de bataille, on y regardait à deux fois avant de partir la fleur au fusil, faire couler un sang impur dans nos sillons ou dans les leurs.

Dans les chambrées, un type de Neuilly pouvait, se retrouver pote avec une racaille de la cité, un érudit rencontrer un analphabète, du moins se croisaient-ils dans des classes sociales mélangées, ça servait de creuset à ce que l’on appelait encore, la république…

On ne déléguait pas, en s’en lavant les mains, nos saloperies post coloniales rebaptisées humanitaires, à une poignée de robocops mal payés pour tuer certainement, et mourir éventuellement à notre place et en notre nom ou du moins en celui de l’OTAN.

Pour cette nouvelle génération de dirigeants politiques n’ayant jamais connus la guerre, ce goût malsain à jouer aux petits soldats et à envoyer nos militaires ici ou là, a quelque chose d’assez immature, voire de désinvolte.

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Serait-ce tout simplement parce que dans ce monde renversé où un président de la république n’a plus le moindre pouvoir économique mais étrangement encore, la capacité à dévaster la planète, il use et abuse de cette ultime autorité ?

Si "la politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres." ( Michelet ), la guerre, hier de conscription, aujourd’hui professionnelle, et demain privée, reste « un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » (Paul Valéry),

bref, reste bien, une affaire de classes.

tgb

12:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

29/01/2013

Déchaînons nous !

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Ainsi donc, il y eut des téléspectateurs pour s’indigner de la différence de traitement de la couverture médias entre le « mariagepourtous » et la « manifpourtous ».

Ainsi donc, il y eut des téléspectateurs pour se plaindre de la désinformation continue de BFM ou d’I-télé privilégiant le bateau de la Macif, plutôt que le berceau de la manif.

Ainsi donc, il y a encore des gens pour croire, dans cette dépendance de la zappette, cette addiction à la boîte à cons, que ces chaînes du vide en direct, de la dramatisation du rien, feraient encore de l’information.

Et pourquoi voudriez-vous que les bras armés de groupes privés tels Vivendi, Bouygues ou NextRadioTV (RMC BFM ) aux intérêts privés et aux profits privés, fassent autre chose que de marchandiser de l’actu voire de l’idéologiser ?

Et pourquoi attendrions-nous de ces robinets d’eau tiède et saumâtre à l’indolente vacuité, recyclant rebus du journalisme retraité et potiches de la photomaton matée qu’ils nous offrent quelque pluralisme que ce soit.

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Leur demander l’équité dans le traitement de l’info serait leur accorder un statut de chaîne d’info, alors qu’ils n’ont rien d’autre à vendre que de la non pensée unique à tartiner, du pâté de pixel à divertir, du temps de cuisson pour cerveau disponible avec thermostat.

Et d’une manière générale, à quelques infimes exceptions près, vous ne trouverez aucune info à la télé, aucune à la radio, ni même dans les journaux mainstream, qu’une longue litanie de marronniers et de micros trottoirs, du journalisme en moto crottes, avec les mêmes médiocrates interchangeables pour les mêmes commentaires intox et toc de poivrots de comptoirs mais à jeun.

Penser qu’il y ait quelque chose à attendre de ces outils de molle propagande, de sale et fade infotainment, c’est penser encore dans le cadre, ce pseudo cadre démocratique en sa fumeuse liberté d’expression.

Essayez de voter non à un référendum pour voir…

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Ces chaînes, privées aux mains de groupes privés, publiques aux mains du pouvoir du moment, sont nos ennemis. On ne demande pas à nos ennemis de nous traiter bien. On les combat.

Inutile donc de s’indigner ou de se scandaliser. Boycottons ! et laissons les cons parler aux cons.

En revanche, et je le pense depuis toujours, il nous faut notre chaîne à nous, quitte à ce que chacun d’entre nous casse sa tirelire, investisse, emprunte. Que cette chaîne soit directement accessible ou payante peu importe, il nous la faut d’urgence. Libre, indépendante, et, partant du principe qu’il y a un potentiel d’au moins 5 millions de téléspectateurs en attente, nous appartenant.

Une chaîne ni chiante, ni élitiste, ni déprimante ni militante mais populaire, marrante, éducative et exigeante.

Et je me sens moins seul et moins idéaliste quand enfin je lis l’excellent François Ruffin de Fakir (il a au moins le crédit d’avoir créé une revue indépendante et viable) qui en vient aux mêmes conclusions.°

Rien à espérer des autres, et tout exiger de soi.

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Si plus il y a de chaînes moins il y a de choix, alors cessons donc de subir cette conformation

déchaînons nous.

tgb

°voir fin de l’interview

12:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

26/01/2013

Recracher la pilule

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 « Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti… Cet adversaire, c’est le monde de la finance »

Ainsi parlait Flanby, du temps où il faisait semblant d’être de gauche avant de courir rassurer les marchés à la City en les assurant de sa non dangerosité. Ce dont, franchement, personne ne doutait une seconde.

L’adversaire, pas de nom de pas de visage ? à voir…

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L’adversaire pourrait avoir, histoire de faire un exemple et de se soulager, le patronyme et la fiole d’Huw Pill, économiste en chef et monsieur Europe de Goldman Sachs.

Goldman Sachs : 34,2 milliards de dollars de chiffre d’affaire 2012 (+ 19% ) soit 7,3 milliards de dollars de profits, et glorieux co-lauréat du ‘prix de la honte’ décerné par Greenpeace.

Ainsi donc, Mr Pilule, qui avec les principaux dirigeants de « la Firme » va se partager cette année de modestes bonus d’une centaine de millions de dollars, dont plus de 13 millions pour le PDG, Lloyd Blankfein, se pointe avec sa tronche amidonnée et nous déclare dans le journal « qu’il faudrait déplacer l’emprise de l’Etat vers le secteur privé…réduire la moyenne salariale française d’environ un tiers, ce qui est politiquement impossible à imposer… »

Et c’est ainsi qu’un de ces représentants d’une officine crapuleuse, responsable depuis 80 ans des plus grandes manipulations des marchés, des pires bulles spéculatives, de maquillages de comptes, de délits d’initiés, des crises de 29, de 87 et de la prochaine…, une de ces racailles en col blanc, blanchisseur d’argent sale, organisateur de famines et de misères, un de ces parasites incompétents, escroc patenté tout juste bon à spolier sa propre clientèle, vient nous délivrer son expertise de mes 2 consistant à appauvrir la plupart au bénéfice de quelque uns, dont lui.

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C’est donc l’un de ces foutus saligauds encravatés, qu’on devrait couvrir de plumes et de goudron si on avait encore un chouïa d’estime de soi, qui non seulement ne croupit toujours pas au fond d’un cachot mais vient nous annoncer la gueule même pas enfarinée, que non seulement le privé devrait se goinfrer les derniers secteurs publics qu’il n’a pas tout à fait fini de saloper mais encore, qu’il serait raisonnable de réduire nos salaires à 1000 euros environ, tout en déplorant la difficulté politique à réaliser l’affaire.

Et l’on sent poindre en creux, comme l’irrésistible tentation d’une bonne dictature financière imposant l’austérité pour tous et le jack pot pour sa pomme.

Et la question que je me pose désespérément : nous sommes des milliards et ils sont 3, épais comme des cure-dents, comment se fait-il qu il n’y ait personne au monde pour se lever enfin et mettre deux taquets réparateurs à ces morveux, histoire de leur fermer leur claque-merde et leur rappeler à l’occasion qu’on nous cause pas comme ça ?

Il est qui ce mr Gélule pour nous la mettre comme ça

et pourquoi pas pendant qu’on y est, en suppositoire ?

Si on n’est pas fichu à tous, de cracher la pilule à la gueule de mister Pill, alors on ne mérite rien d’autre que de se l’avaler.

tgb

12:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (22)

22/01/2013

Rien n’est permis, tout est possible

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J’aime beaucoup ce dessin°.

Il est désespérant.

Donc drôle.

D’un point de vue métaphysique, il dit notre condition humaine, il dit que personne ne sortira d’ici vivant, il dit notre état au monde et notre perception.

Il est notre constat tragique.

Il nous dit que l’espérance de l’un, croyance ou religion est la désespérance de l’autre et que nos illusions seules nous aident à vivre, par quelque subterfuge infantile.

Parce que la solution est déjà le problème. Mais qu’il faut bien se raconter des histoires…

Il dit surtout que c’est notre liberté d'en rire.

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Mais c’est politiquement, qu’il pose ici, la dialectique du moment, de l’instant t de notre histoire, de sa fin programmée. Cette illusion d’alternative, cette illusion du choix que l’on nomme alternance. Qui nous fait espérer afin que rien ne change. Parce que l’ordre des choses et l’ordre du monde et l’ordre ancien et le nouveau, pour ne pas dire ouvertement l’ordre des puissants et de ceux que ça arrange.

Ce fascisme du renoncement pour tout horizon.

Ce totalitarisme de l’acceptation pour toute perspective.

Consentir à l’ordre du monde tel qu’il est de façon immuable, irrévocable, du local au global dans son bocal mondialisé.

Il dit l’enfermement idéologique qu’on nous impose et l’emprisonnement politique de la pensée. Il dit notre accablement, notre aveuglement jusqu’à notre fatigue citoyenne et l’acceptation.

Sous prétexte que toute tentative d’humaniser le monde fut un échec, comme si ce modèle-là était une réussite, on nous demande de nous résoudre, condamnés que nous sommes au pragmatisme.

Pragmatisme, réalisme, cette façon polie de nous dire "ta gueule", de nous dire que toute tentative est vaine, toute délivrance, toute émancipation vouée à l’échec. Cette injonction à abdiquer, cette exigence morbide à faire notre deuil de toute imagination, invention, création, et de bannir de notre vocabulaire le mot « autrement ».

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Mais alors, si nous devons nous contenter, valons nous mieux que des blattes et y a-t-il une seule raison alors que les blattes ne soient pas notre avenir ? Parce que renoncer à changer le monde c’est renoncer à notre humanité, renoncer à notre capacité à le penser, à l’idéaliser, à nous planter aussi et à recommencer. Renoncer à notre droit absolu d’essayer encore, à notre devoir essentiel de nous donner des choix.

C’est en faisant le deuil de nos illusions que nous réinvestirons nos utopies. Et c’est justement parce qu’on nous l’interdit que nous allons nous le permettre.

tgb

°auteur inconnu

16:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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