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06/07/2012

Les touristes

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Faudra quand même qu’on m’explique pourquoi les touristes mettent tant d’acharnement à se déguiser en touriste.

On se demande dans quelle mesure même ils n’achètent pas la panoplie complète histoire de se faire repérer illico par l’œil aguerri du pickpocket entraîné à les délester de leur larfeuille avec tous les papiers dedans, façon de bien pourrir leur séjour low cost.

Déboulant par fournées entières avec valises à roulettes des bus en double file, par grappe de 3 ou 4, quand ce n’est pas 50, ils partent bruyammant à l’assaut d’une France statufiée dans ses stéréotypes, sous le regard blasé des indigènes.

Plan à la main, guide à la ceinture du bermuda, bob vissé sur la tête, débardeur soulignant les épaules rougies au soleil ou faux Lacoste aussi moches que les vrais, on sait d’avance, ici dans le 18ème, qu’à leur air égaré, ils vont inévitablement vous demander dans un anglais approximatif (ça tombe bien le même que le mien) l’itinéraire pour se rendre au « Sâcrwé Keur ».

Cette saloperie de meringue ensanglantée, érigée sur les cendres des communards dont les touristes n’entendront jamais parler, pas plus que nous d’ailleurs.

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Pourquoi à l’heure du numérique, arborent-ils encore en bandoulière d’énormes appareils photos avec objectifs pour prendre des clichés qu’on retrouve en mieux sur toutes les cartes postales ?

Pourquoi consommant du pire, made in n’importe où, du souvenir délocalisé couleur faussement locale, avalant de l’infect mondialisé pas cher à un prix exorbitant, bouffant dans les églises, s’agglutinant dans les musées, s’agrégeant grégaire sur la place du Tertre où des serveurs chinois déguisés en Poulbot leur font cracher de la monnaie, ne bifurquent-ils pas à la première voie de délestage, afin de se ‘perdre’ peinard, de se fondre dans le décor, histoire de pas trop dépayser parmi les autochtones ?

Les touristes, cette étrange population interlope au statut indéfini, de passage, en transit, qui n’a pas plus de nationalité que d’internationalité, tout juste figurants de notre histoire comme nous de leur film vidéo.

Le touriste, ce consommateur d’ailleurs, cet estivant de nulle part, ni citoyen du monde, ni habitant de quelque part, tout juste bon à doper en l’uniformisant l’économie locale.

Le tourisme : consumérisme standard d’un pays industrialisant faute de mieux et par facilité, son passé, son soleil, sans forcément d’avenir.

« Le tourisme consiste à envoyer des gens qui seraient mieux chez eux chez des gens qui seraient mieux sans eux » ...

et qui se croisent sans se connaître ni même se rencontrer.

tgb

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11:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

03/07/2012

L’année des hannetons

 

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Dans la série des questions existentielles gravement frivoles de l’été : Où sont passés les hannetons ?

Quand j’étais môme, il y avait ainsi des années à hannetons.

Tous les 3 ans environ, on voyait débouler dans la cour de l’école, à la récré, ces gros patauds de coléoptères carapaçonnés, cuirasse mordorée, casque éperonné, élytres rougeâtres, ce qui signifiait l’arrivée imminente des grandes vacances et de son

haut les mains peau d’lapin, la maîtresse en maillot d’bain.

Qu’est ce qu’on pouvait leur en faire baver à ces gros balourds d’insectes qu’on chopait si facilement à la main.

Le Melolontha de la famille des Scarabaeidae (pour faire savant) nous, on le nommait communément ‘cerf-volant’, parce qu’on lui attachait volontiers une ficelle à la patte pour se marrer dans la salle de classe, quand on le collait pas direct dans les cheveux des filles juste pour le plaisir de les entendre hurler.

Dieu qu’on était délicieusement con.

Autre variante délectable de l’apprentissage de la cruauté sur le dos de ces gros lourdauds était leur massacre programmé façon purée et enchevêtrement d’ailes et d’antennes. On te les enfermait par fournées dans une boîte d’Ovomaltine avant d’y glisser un pétard à mèche qui te hachait tout ça menu menu dans le genre attentat en Irak.

Notre approche merdeusement féroce de la boucherie guerrière.

Je ne dis pas que c’est à force d’expériences génocidaires de ce genre qu’on fit disparaître cet empoté de nuisible, notamment pour l’agriculture, mais bien plutôt la pulvérisation massive de ces putains de pesticides, n empêche, en ce début de juillet, je me sens un peu responsable de sa quasi-disparition.

Et soudainement, ce scarabée me manque.

Mais ce manque, surtout,c'est plutôt la nostalgie estivale de cette enfance perdue, dont on ne guérit jamais, comme tout le monde le sait.

tgb

07:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

30/06/2012

Carte d’infidélité

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Vu que l’été est là, du moins sur le calendrier, venons en à des questions existentielles d’une folle trivialité  :

As-tu mon ami, été au bout d’une carte de fidélité d’un de ces commerçants offrant, avec cet altruisme rare qui fait tout son désintéressement, un coup de tampon à chaque acquisition d’une…

disons pizza…(à emporter)

et qu’au bout de dix t’en as une de gratos ?

Moi jamais.

Parce que

- Soit t’as oublié ta carte

- Soit t’as paumé ta carte

- Soit c’est lundi, que le gars est fermé et que tu vas chez un concurrent qui t’inaugure une autre carte que tu repars à zéro

- Soit qu’à la fin, cumulant en vrac toutes sortes de cartes rajoutant à la confusion, t’as jamais la bonne carte quand tu vas chez ton pizzaïolo préféré, pas hyper chaud (et un poil courroucé), pour te tamponner la carte du confrère et néanmoins ennemi.

Bon, pour déjouer le mauvais sort j’ai bien pensé en acheter dix d’un coup de pizzas (à emporter), pour accéder au Graal, à la onzième offerte, mais à moins d’envisager une ‘pizza party’ c’est un peu con.

En balancer 10 pour le plaisir d’en manger une gratuite, je vois pas l’intérêt (et pourtant j’ai cherché).

En bâfrer 11, dans un ‘remake’ de « la grande bouffe », le gavage de pizzas comme esthétique du suicide…ça me disait moyen.

Sauf qu’hier je tenais le bon bout (de la pizza à emporter). Avec mes 9 tampons bien alignés sur ma jolie carte haute-fidélité, de « Chez Gino » alias Robert, j’étais plutôt confiant.

J’entrevoyais carrément le super bonus ‘Reine’, voire ‘Quatre Saisons’.

Ne lésinons pas.

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C’est donc d’un pas léger et décidé que je me dirigeais vers ma pizzeria attitrée…

‘Changement de propriétaire’

C’était marqué sur la devanture en lettres capitales, que j’en suis resté tout penaud pantois et renfrogné.

Gino dit Robert ou l’inverse, s’était fait la malle avec son tampon encreur et mon rab de pizza (à emporter).

Luttant contre cette malédiction poisseuse, priant Sainte Margarita, j’essayais de négocier quand même mon dixième coup de tampon réglementaire, genre geste commercial toussa toussa, chez le nouvel enfariné.

Macache ! Cet enfoiré de petit commerçant à court terme se foutant de me fidéliser comme de sa première « calzone » m’expliqua qu’il ne se sentait nullement engagé par les initiatives marketing (je cite) de son prédécesseur.

La haine !

Que j’imaginais déjà découper le pâteux empâté, en parts égales saucetomatées avant que de me l’enfourner et de me le cuire au feu de bois.

Bref, plutôt que de me consommer sur place, je me suis emporté.

Donc voilà, me reste une très jolie carte de fidélité, souillée de quelques taches d’huile pimentée, avec 9 coups de tampons officiels de « Chez Gino » que j’aurai jamais le dixième.

Collector.

Inutile de te dire que le prochain licencié économique, reconverti en pizzaïolo, ayant foutu toutes ses indemnités dans une de ces camionnettes à frites fleurissant sur nos parkings de temps de crise, qui me propose une carte vierge toute de fidélité graisseuse, pourra aller se la tamponner quelque part.

Al dente.

tgb

09:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

27/06/2012

La France normale de la France profonde de la majorité silencieuse (2)

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Les Echelles : « pas de regroupements de mineurs après 23 heures » titre le Daubé.( Dauphiné Libéré du 25/06).

Les Echelles, patelin de 1250 habitants que si tu y passes c’est que tu t’es paumé grave.

Les Echelles c’est le rien sinistre, le vide considérable, le désert couleur muraille, c’est le grand walou sidéral, c’est l’ennui qui suinte des façades, le néant qui te choppes aux baskets, l’ombre du gris létal qui te plombe direct, que si t’y croises un chat, même en après midi et quand je dis un chat, je parle d’un chat miaou, c’est que t’as du bol.

Question number one : des mineurs y en a t’il ?

Oui semble dire le DL, parlant de « délinquance » d’une« poignée de jeunes squattant les entrées des immeubles ».

Dans ce bled de morts vivants, quelques pousses encore pourraient être une bonne nouvelle. Que nenni, affirme le maire, prenant cet arrêté municipal, et répondant aux « Echellois en colère ne dormant plus la nuit depuis un an ».

Un an sans dormir, en effet c’est long.

T’imagines même pas Les Echelles à 23 Heures en hiver, que si t’as un chien qui aboie c’est à la fois sépulcral et quasi rassurant. Cela dit, il fut une nuit, un bruit de mobylette, vers 23 heures 40…

Le bourg en parle encore.

Que reproche t’on à cette poignée de jeunes, désoeuvrés forcément, ‘en errance ‘ tu m’étonnes, pas un troquet, pas un mac do et pas un rond ? :

quelques conneries du genre : tags, fumettes, vol de bonbons, rideau de fer du ‘Spar’ cassé, objet explosif à base de jus de citron ???!!!, effractions et dégradations diverses… tu parles !

Des clopinettes rurales amplifiées par le DL, parlant de la peur 'd’agressions’, de la peur ‘de rentrer chez soi’, de la peur de ‘représailles’ d’une population terrée vivante.

Bref, de cette peur M6, de cette Françapeur rabougrie, ratatinée, recroquevillée sur elle-même, en totale asphyxie, de cette peur de tout dans le rien, si mal définie.

Question number two : mais que fait la police ?

D’après le DL roi de l’investigation ‘les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs interpellations’ : 3 tagueurs, 2 shiteux, 1 racaille, c’est dire si le coup fut rude pour la pègre locale et la criminalité affecté, au soulagement d’une population en ayant 'ras-le-bol'.

Ras-le-bol oui mais pas ras le Front.

Question subsidiaire : quid du front national ?

Dans ce trou du cul du monde donc, où il n’y a âme qui vive que quelques âmes qui meurent, le FN est à 30%. D’où par évidence, l’opportun décret du maire.

 Ainsi donc, quand notre poignée de lascars aura heureusement pour eux, désertés ce bled glauque et pourrissant, Les Echelles fort de ses valeurs et de son délabrement pourra disparaître sereinement de la carte de France.

 Mourons tranquilles mais mourons français devant TF1.

 Chronique d’une France normale, profonde et silencieuse qu’il ne faut surtout pas déranger dans sa tombe, des fois qu’on la réveillerait.

ET comme dirait l’autre, ‘l’éternité c’est long, surtout vers la fin’.

 tgb

10:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

 
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