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20/12/2012

Patrick Dewaere, de la carrière ou de l’ironie…

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Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière. Michel Audiard

Comme l’affaire Géraaaaaaaard, sa fille Roxane, son scooter, sa poissonnerie, ses amis dictateurs et son premier cercle sarkozien de la France tu l’aimes ou tu la quittes me saoule, je vais vous parler de Patrick Dewaere, la couille gauche et sulfureuse « des valseuses ».

Non, Patrick Dewaere n’a pas quitté la France pour le beld pourri de Néchin (Belgique) situé à 1km de la frontière française afin d’échapper à l’enfer fiscal, au féroce Hollandréou et à ses hémorroïdes cinématographiques, Patrick Dewaere a quitté cette planète en se faisant sauter le caisson le 16 juillet 82, à l’âge de 35 ans.

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Par cette option radicale, il échappe ainsi définitivement à la momification adipeuse tel son acolyte ventripotent tombé dans le chaudron du fric quand il était déjà gros, à l’impôt certes mais aussi au trou du cul du monde défiscalisé, à la dégénérescence égotique et à tout le toutim.

Tandis que l’ogre boulimique tout à sa rétention se goinfre et se gave et s’enfle de toute sa corpulence, à doubler son quintal dans sa fuite en avant, le maigre Dewaere par politesse du désespoir s’enfonce le canon d’une 22 long rifle dans sa bouche et s’exile avec panache au firmament.

Enfer ou paradis mais sûrement pas fiscal.

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Dans l’ombre de son père omnivore et pesant qu’il ne sût ou ne pût tuer, Guillaume Depardieu autre innocent superbe et dévasté, l’y rejoint en claudicant.

Patrick Dewaere vitrifié reste pour toute éternité du moins jusqu’à demain soir si la fin d’un certain monde advenait, ce qu’il fut, ce personnage cabossé, rebelle fragile et magnifique, ce comédien électrique au destin fracassé, cet acteur paradoxal dans et hors système à la fois, cet écorché de la vie dans toute sa fulgurance.

Ainsi l’enfant de la balle Patrick Jean-Marie Henri Bourdeaux, alias Patrick Maurin, alias Patrick Dewaere, devenu culte et héros à se chercher enfin une identité, reste donc terriblement vivant tandis que tel acteur outrecuidant et institutionnalisé reste mort.

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Dans sa trajectoire foudroyante, l’écorché Dewaere, comédien désinvolte et génial nous aura laissé quelques pépites irradiées par son talent instinctif et distancié, son jeu sauvage et élégant : « la meilleure façon de marcher », « Coup de tête », « un mauvais fils », et le glauque et solaire « série noire » où il forme ce couple de somptueux perdants décidément maudits avec cette autre étoile filante bouleversée, Marie Trintignant.

A lire ces destinées funestes et violentes, on dirait bien en effet que les meilleurs, les pas doués de la vie, les blessés du monde, les poètes éphémères, les intègres pas trop compromis se désintègrent les premiers.

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De la grâce ou de la graisse, des inadaptés flamboyants ou des adaptés à l’ordre, on sait ce que ce monde à la crasse vulgarité privilégie.

Pour se rassurer on peut toujours se dire qu’il vaut mieux manquer qu’encombrer.

De la carrière ou de l’ironie, Patrick Dewaere a choisi ttc.

tgb

13:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

17/12/2012

L’arme à l’œil

 

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Barack Obama est un grand émotif.

Réagissant en direct à la tuerie de Newtown dans le Connecticut, le président y est allé de sa larme médiatique.

Nul doute que le complexe militaro-industriel du premier producteur et exportateur de mort y sera sensible, bien qu’il y ait une certaine logique à connaître le prix de dommages collatéraux chez soi quand on passe son temps à massacrer les gosses des autres.

Oui, Barack est un grand sentimental.

Par exemple quand on ramasse à la pelle les cadavres d’enfants palestiniens frais du jour, il a toujours une pensée émue pour Israël. C’est en cela qu’on reconnaît chez un président son degré d’universelle humanité.

Autre exemple probant, au moment d’ordonner une peine de mort arbitraire à quelque ennemi ricain par l’intermédiaire de drones et qu’à coups de joyeux joystick on dégomme malencontreusement une famille afghane, Obama prends toujours soin de se laver les mains.

Comme une manie sympathique de payer en liquide largement appréciée à Guantanamo.

Pleurer ses enfants tout en tuant ceux des autres nécessite forcément une science du pathos complexe.

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En attendant toute l’Amérique pleure les victimes de la tragédie.

Toute non, l’Amérique du sud elle, prie pour le prompt rétablissement d’Hugo Chavez tandis qu’Obama prie pour qu’il crève et pour que la dictature hondurienne, que les USA god bless particulièrement, essaime et fasse des petits pinochets un peu partout.

Si ça c’est pas une preuve irréfutable d’empathie !

Nul doute qu’à la mort de BO, son chien d’eau portugais, le président tout à ses affects essuiera discrètement une perlouse au coin de l’œil.

Faut-il interdire les armes à feu en Amérique ? Cette question posée à chaque massacre ordinaire attendra donc le massacre suivant pour ne pas avoir de réponse.

Malgré les 100 000 blessés annuels par arme à feu, les 31 500 décès, il serait bien extravagant au far west, d’interdire les 283 millions d’armes en circulation (soit grosso modo une par habitant) remettant ainsi en cause le deuxième amendement de la constitution ricaine.

D’autant que la NRA (National Rifle Association) et ses 4 millions de membres à la fine gâchette apporte des solutions d’une subtile pertinence face à la recrudescence des boucheries scolaires, comme par exemple, armer les profs jusqu’aux oreilles.

D’une logique imparable.

Ainsi donc, l’Amérique psychopathe, une bible dans la main et un gun dans l’autre, de celle qui, par exorcisme sans doute aime à jouer l’apocalypse à domicile en 3D et Dolby stéréo perpétuera folklore et traditions jusqu’à l’apothéose, autrement nommée, défouraillement général.

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Certes les zélotes atlantistes me répondront avec ce sens de l’argumentation phosphoré qui n’appartient qu’à eux :

- si t’aimes pas l’Amérique, t’as qu’à vivre à Cuba…

J’aime l’Amérique, mais pas celle-là, quant aux cubains, ils semblent tenir plus à leur gamin qu’à leur flingue, ce qui pourrait bien être une marque de civilisation.

Le Hollandréou américain dans toute son impuissance peut bien s’épancher à la télé des sanglots longs dans la voix, la violence étant consubstantielle aux USA, le lobby des armes n’est pas prêt de désarmer et les glandes lacrymales de Barack de turbiner.

tgb

11:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13)

06/12/2012

Toi, Jérôme C. 60 ans, ministre du budget, fiscalement évadé…

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Ben dis donc mon Jérôme, belle performance, hier encore je n’avais jamais entendu parler de toi et en quelques semaines, deux fois les honneurs de la Rue Affre pleine page.

Faudrait voir à pas trop abuser…

Alors comme ça t’aurais eu un compte en Suisse, transféré à Singapour ?

En soi, ça mérite pas les galères, si fallait lapider tous les pharmaciens, sportifs, députés…qu’ont un petit compte à l’ombre, resterait pas grand monde et puis on a bien compris que toi et tes amis aviez décidément les mêmes réflexes et codes que la caste dominante.

Plus se formaliser pour ça…

C’est pas tellement qu’on te veut irréprochable, vertueux et tout, la pureté tu sais c’est toujours un chouïa malsain, faut bien un peu de pourriture autour, histoire de fertiliser la chose, c’est juste que, quand on se la joue grand inquisiteur de la fraude fiscale et père la rigueur ça la fout un peu mal, ça fait mauvais genre, en termes de cohérence j’veux dire, rapport au message, déjà que…question crédibilité…

Regarde Papandréou et Mamandréou en tête de la liste des évadés fiscaux de Grèce, si ça fait pas un peu tâche. Tu m’étonnes que le listing soit resté confidentiel et que l’on préférât poursuivre le journaliste qui plutôt que le fraudeur que…Même qu’il aurait voulu résister le Geórgios Andréas qu’on te lui aurait sorti le dossier et qu’il aurait baissé son calbut recta.

Tu me diras ça l’empêche pas de faire des conférences à 100 000 euros…On se demande bien devant qui…

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Prends garde mon Jérôme, qu’en ces temps troubles et austères où le peuple soupe au lait s’exaspère d’un rien, tu ne te retrouves sacrifié sur l’autel des vanités. On en a collé pour moins que ça à la lanterne. Quand l’élite n’est plus exemplaire, on se met forcément à faire des exemples. Faut bien se payer sur la bête, histoire de soulager…

Mais rassure toi, à priori tu ne risques pas grand chose. Il fut un temps où la décence recommandait à tout homme politique tombé à terre d’observer une longue période de chasteté politicienne, autrement nommée traversée du désert. Dans le climat d’impunité générale pour les élites aujourd’hui, quelques semaines d’abstinence suffisent et c’est tout auréolé d’une certaine gloire et d’un supplément d’âme que Woerth peut revenir expertiser sur les finances, Balkany sur l’éthique et DSK bientôt sur la vertu républicaine.

Les temps s’accélèrent, les mémoires zappent, les noms s’embrouillent.

Cite-moi Jérôme un seul politique qui ne soit jamais allé en prison…

Carignon d’accord mais à part lui…

On peut toujours chipoter sur la méthode pour te confondre. Ecouter aux portes, mater par le trou de la serrure - protège moi de mes amis mes ennemis je m’en charge - mais en ces temps dégueu, l’élégance n’est plus de mise.

Je n’ai pas que de l’estime pour Plenel que non, mais bon, un coup à droite, un coup à gauche, il fait son boulot d’investigation et ses coups mérdiatiques. Que les donneurs de leçon, les matamores carrés du menton se fassent chopper les doigts dans le pot de déconfiture est toujours revigorant.

C’est le jeu Jérôme.

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C’est tellement le jeu d’ailleurs qu’il est marrant de constater à quel point les mêmes qui hier vénéraient Médiapart, hurlent aujourd’hui à la calomnie avec ce peu de fair-play du parti décidément pris.

Je ne sais si je dois te remercier Jérôme de participer à cette forme de déliquescence générale et aider à la désintégration du système vermoulu. La nature ayant horreur du vide… .

La politique pourtant ne devrait pas être affaire de personnes mais bien d’idées. Sauf que, comme il n’y a plus de politique, ni d’idées, il ne reste que des personnes et cet étrange sentiment surtout que, derrière ces personnes il n’y a plus personne.

Que nous.

C'est peut-être pas plus mal...

tgb

11:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

01/12/2012

Le Plantu du crayon

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C’est donc chez le plus grand pollueur du monde, au Qatar, ce pays grand comme une boîte à chaussures monégasque, futur organisateur en 2022 de la coupe du monde de football par 40° à l’ombre dans des stades climatisés, que se tint dans l’indifférence générale et pour oualou résultat, le sommet mondial sur le climat.

C’est également chez ce grand sponsor officiel du printemps arabe, de la rébellion syrienne et du financement des pires mouvements obscuranto-salafistes, qu’on emprisonne, torture, lapide, flagelle…sans particulièrement émouvoir nos pères la rigueur en ces temps austères assez sensibles du chéquier.

Et c’est donc tout naturellement à Doha, qu’un poète qatari de 36 ans, Mohamed Ibn al Dhib al Adjami tenu à l’isolement depuis un an, vient d’être condamné à la prison à vie pour avoir critiqué notre ami l'émir et fait l'éloge du "printemps arabe" à domicile.

Ce qui, convenez en, est tellement mal élevé qu’Al-Jazira préféra n’en point parler.

On notera pour la précision que le Zlatan de la poésie, moins bien payé certes mais bien mieux embastillé, était jugé pour "incitation au renversement du pouvoir en place", chef d'inculpation passible de la peine de mort.

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Cette évidente démonstration de la liberté d’expression qatari augure évidemment bien des « révolutions » qu’elle soutient de ci de là, Yemen, Tunisie, Egypte…et des émeutes dont elle n’a jamais entendu parler : Koweit, Bahreïn, Jordanie…tout à se tirer la bourre avec l’Arabie saoudite, autre exemple frappant d’une monarchie éclairée vouée à l’émancipation citoyenne, notamment féminine, et récemment en grandes manœuvres militaires avec nos pioupious nationaux, en vue, n’en doutons pas, de libérer quelque pays opprimé.

Bien sûr on sait et depuis toujours combien les tartufes de service se drapent dans leur vertu pour mieux planquer leur vice, et combien les grands prêcheurs d’austérité pour les autres aiment dénoncer l’assistanat public pour mieux vivre en parasite, aux frais de l’état.

Néanmoins on attend impatiemment un dessin désopilant (enfin) du Jacques Faizant du journal de révférence, le Monde, monsieur Plantu, afin de dénoncer à grands coups de cris du crayon, cette ordinaire saloperie qatari.

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Ce même Plantu indigné, admirable pourfendeur par exemple de l’abominable dictateur Chavez élu récemment encore démocratiquement hélas, tandis qu’il aime à recevoir en toute discrétion, au nom de sa caricaturale association ‘cartooning for peace’ un chèque de 10 000 euros des mains de l’ambassadeur du Qatar, (137éme place dans le classement des pays démocratiques) et grand défenseur on le constate de la liberté d’opinion.

"Que ce soit au Qatar ou au Proche-Orient, j’apprends beaucoup sur la liberté d’expression et sur la liberté de penser" nous déclare l’hilarant dessinateur, dans un de ces traits d’humour digne de son fameux planqué planté du crayon.

Tu l’as dit bouffon.

tgb

16:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

 
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