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17/04/2012

Le cimetière des éléphants

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Faut déjà être sacrément demeuré pour chasser l’éléphant, animal aussi mythique que fabuleux, autrement plus impressionnant qu’un Ibère Ubu dégénéré par l’oisiveté et la consanguinité.

Faut-il avoir l’égo démesuré, le narcissisme creux, pour poser avec son gros fusil, substitut d’improbable virilité, devant la carcasse d’un pachyderme, autrement plus noble qu’un roi de carnaval, tout émoustillé d’avoir tiré son coup à 37 000 euros dans la savane ?

37 000 euros la branlette espagnole tandis que le peuple d’Hispanie crève la dalle !

Mais ne serait-ce que ça ! Car non seulement, un de ces rois des cons s’essuie les pieds sur la misère de ses sujets avec cette suffisance dorée à l’or fin, mais en plus, dans toute son indécence, appelle t’il la population « à faire preuve de rigueur, de sérieux et d’exemplarité ».

Et c’est là vraiment qu’on touche le point abject.

Si encore la Marie-Antoinette madrilène, ambassadrice du WWF, tout à ses privilèges, ses frivoles fantaisies, avait l’élégance royale de fermer sa gueule…

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Que les riches soient riches, qu’ils se bâfrent, se goinfrent de leur pognon et surtout du nôtre, qu’ils accumulent les lingots d’or, les liasses, les comptes off shore, grand bien leur fasse. Pour en avoir côtoyé quelque uns je ne les envie pas.

Si l’argent a bien un intérêt c’est de donner enfin la liberté de ne plus y penser. Or, et je l’ai constaté, si les pauvres ont UN problème de fric qui bouffe leur vie ou plutôt leur survie, les riches ont DES problèmes d’argent jusqu’à l’idée fixe.

Dans l’inconfort ou le confort, au final une même obsession.

Mais que le roi des cons d’une Espagne ravagée, ou revenant chez nous, que l’Alain Minc aux 3 Millions de salaire annuel, que le Jean-Michel Aphatie (40 000 euros mensuel) aux vapeurs de pucelle quant à ses rémunérations…passent le plus clair de leur temps à radoter de la dette et à prescrire du sacrifice à des pauvres gens gagnant 1000 euros par mois quand ils les gagnent, a réellement quelque chose d’obscène et d’insultant.

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L’impayable, quoique onéreux Aphatie, mérite t’il son salaire ?

J’en sais foutre rien et je m’en tape.

Avoir le talent de cirer les bonnes pompes et de bien opportunément se servir des faibles comme paillasson ne pousse pas forcément à l’admiration, mais en tout cas, ne mérite t’il pas plus son chèque que l’éboueur qui évacue sa merde ou sa femme de ménage qui récure ses chiottes.

Et eux, au moins, ont une utilité.

Rien de personnel ! Quand je dis Minc ou Aphatie, je pense à tous ces kapos du système établi, à tous ces larbins s’aplatissant pour chopper les miettes, à tous ces impétrants dressés à lécher la main du maître et qui déjà à l’heure de l’alternance remuent la queue devant d’autres susucres.

Leur misérable salaire extravagant n’étant que la récompense de leur servilité.

Beau comme un graphique de Lenglet !

Aussi est-il de nécessité publique de rappeler à ces cuistres que, si les traiter de « sales cons » est grossier, qu’ils exigent du haut de leur balcon doré de serrer la ceinture des pauvres est juste vulgaire.

Quand le roi est un plouc que dire de ses bouffons ?

tgb

12:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

14/04/2012

Les femmes et les enfants d’abord

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Alors voilà, il était une fois, dans une jolie banque, appelons là « Société Générale » pour préserver son anonymat, aimable usine bancaire dont le jeune Kerviel fit beaucoup pour la notoriété, un joli plan original de restructuration.

Ce joli plan social, conduit par l’honorable chef manager Frédéric Oudéa (1,156 million de salaire annuel passé à 1,904million, soit une modeste progression de 65% ) consistait à alléger la vache financière, souffrant d’une hypothétique surcharge pondérale de 800 salariés, sous la forme de départs volontaires, n’incluant pas forcément le suicide.

Or, vu l’ambiance gestionnaire des ressources humaines particulièrement conviviales, pressions diverses, harcèlements ordinaires, concurrences internes, management brutal…bref la routine, ce furent plus de 2200 salariés dont 900 pas concernés par l’affaire (jeunes employés, cadres confirmés…) qui par un prompt renfort se retrouvèrent au port, trop heureux de quitter la galère.

Un surplus donc de 1400 salariés pas prévus, alléchés par l’idée d’être expulsés du Titanic, lorgnant avec envie sur les quelques gilets de sauvetage sertis d’indemnités, les yeux rivés sur d’autres horizons prometteurs.

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Cet enthousiasme salarié à quitter la boutique et à planter là des grands patrons indispensables que le monde entier nous envie, pourrait bien valoir plus d’un sondage sur l’état du « travailler plus pour gagner pareil » en notre douce France laborieuse.

Et que voilà alors une idée à creuser. Ne pourrions-nous pas tous dans un bel élan créatif, grimper dans les chaloupes et laisser nos brillants capitaines d’industrie à l’imagination diablement fertile et autres bons à rien de contrôleurs de gestion, récurer le pont et souquer ferme tout seuls.

Il ne serait d’ailleurs pas tout à fait illégitime qu’un oligarque visionnaire, cumulant quelques milliers de ‘smic’ se charge, à lui seul, du boulot des quelques milliers de rameurs grevant lourdement les dividendes des actionnaires, dans une approche subtile de culture du résultat.

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Et me revient en mémoire cette vieille anecdote qu’on se racontait le soir, à la veillée , à la chaleur des machines à café :

"Une firme lambda battue à plate couture dans une course d’avirons décida de trouver la cause de son échec. Une équipe d'audit de supers managers fut donc constituée. A l’issue d’une rigoureuse enquête, on s’aperçut que l’équipage du bateau était constitué de 8 barreurs pour un seul rameur. Devant ce constat, il fut donc décidé de motiver le rameur à travers un programme dit « de qualité ». Après une nouvelle et humiliante déroute, l’équipe de consultants, gratifia les 7 barreurs d’une prime de performance tout en concluant que par manque de compétitivité, il fallait sur le champ licencier le rameur."

Du haut de mon iceberg, en ce centenaire du Titanic naufragé, je souhaite bonne route au capitalisme insubmersible et rappelle pour mémoire le principe déontologique de toute impensable immersion :

Les femmes et les enfants d’abord, le capitaine du Concordia, en principe après !

tgb

12:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

11/04/2012

Cette leçon vaut bien un sondage sans doute…

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J’eus l’occasion, dans ma brillante carrière de communicant, d’assurer quelques campagnes électorales modestes, quoique municipales.

Un de mes maires, sortant sorti et revenant à l’assaut dépourvu d’arguments à l’époque, m’avait affirmé stocker une montagne de courrier d’électeurs l’enjoignant, que dis-je le suppliant de revenir aux affaires, ce qui tombait bien, vu que c’était sa seule obsession.

Vérification faite, la montagne de courriers accoucha d’une termitière d’une vingtaine de lettres ce qui, sans être négligeable, n’avait rien d’un Himalaya éminemment populaire.

C’est donc ainsi que lors d’une conférence de presse, bluffeur que j’étais, j’eus l’idée de bourrer, au flan, un sac de lettres, ma vingtaine au-dessus, plus deux cents factures et autres publicités en dessous, à la manière des rançons bidons dans les mauvais polars.

Il eût suffi qu’un journaliste un peu curieux, un peu fouille merde, plonge la main dans le sac et nous repartions couverts de honte, estampillés baltringues.

Aucun journaliste bien sûr ne plongea sa main dans le sac, et le lendemain en revanche, tous de reprendre en copie conforme et en accroche, cette info à la mord-moi-l’con-d’votant, d’un gros sac de courrier tout plein d’électeurs dedans, trônant au cœur de la campagne électorale que nous finîmes par perdre cela dit.

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Depuis ce jour, ma conviction est faite. Les journalistes, à quelques notables exceptions, sont de gros bouffons, survolant leurs dossiers, investiguant que dalle, reprenant à l’économie les communiqués clefs en main, et plus sensibles à l’anecdote et à l’esbroufe qu’au travail de fond.

De fieffés dilettantes.

Aussi donc, ne suis-je guère surpris que, d’une longue interview de Jean-Luc Melenchon, hier, sur France Inter, gros bosseur de dossiers ayant l’outrecuidance de recentrer la cuisine journalistique sur du champ politique, ne reste au final dans les titres de nos merdias de surfaces, que le fait qu’il appréciait la voix de la chanteuse Carla Bruni.

Tous les goûts sont dans la nature y compris les mauvais.

Pour quelqu’un qui enseigne comme moi l’analyse et la synthèse, forme des étudiants à extraire l’essentiel d’un propos, il est sans doute temps d’envisager une rapide reconversion professionnelle.

Lors de cet échange assez dense, l’on pouvait par exemple, souligner la manière dont Méluche avait atomisé l’animateur Patrick Cohen normalement creux quant au fond, et reprenant sur la forme et en litanie sans les avoir vérifiées cela va de soi, des infos cousues main, à propos d’une étude de l’INSEE de 1997, exhumée par une vague officine affiliée au Merdef°, « l’institut de l’entreprise » , et remettant en cause le financement du programme du Front de Gauche.

Cette leçon valait bien un sondage sans doute.

J’t’en fous l’appréciation d’une couineuse es pipoleries, reconvertie en première dame pondeuse étant autrement vendable et inoffensif.

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Tout ça pour dire que, ce n’est pas tant la mauvaise foi, le syndrome du larbin ou l’opinion qui anime tant que ça l’éditocrate moyen, expert en tout et en oualou, mais cette sorte de paresse intellectuelle, consistant à s’étaler beaucoup avec peu, du moment qu’il n’aborde jamais le moindre contenu auquel il n’entrave rien.

Si, comme disait le grand Victor avec pertinence, la forme c’est le fond qui remonte à la surface, pour l’animateur zappeur au léger verni, le fond c’est de la surface qui redescend pour la forme.

tgb

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17:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

09/04/2012

Penser dans les clous

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Dans l’enthousiasmante perspective du non-remplacement d’un enseignant sur 2 ; autrement plus fondamental que les cours d’histoire supprimés ou de philosophie, qui ne servent qu’à aiguiser un putain d’esprit critique amenant au politiquement correct, à la bien pensance, dans le cadre d’une pensée unique :

L’apprentissage du code de la route au lycée.

Une leçon de bonne conduite pour la jeunesse française.

Apprendre à tomber dans le panneau.

Et c’est là d’un coup, que nous prenons conscience de la dimension interplanétaire d’un président visionnaire, embrassant le 21ème siècle, d’un simple coup d’oeil furtif dans le rétro de sa bagnole.

Mais après tout, autant que le jeune futur conducteur, ait, dés son plus jeune age, une vision globale de son itinéraire et sachant bien penser dans les clous, puisse identifier les multiples interdits, guidé par le GPS gouvernemental dans un projet d’hygiène public et mental que l’on pourrait résumer par ces quelques mots :

Sain, sauf, et con !

Quelques exemples :

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                                                           no alternative

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                                            no no no no no alternative

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                                                       travailler plus...

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                                                         competitivité...

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                                                   salaires...

 

 

pt130479.jpgtemps de travail

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                                                               politique sociale

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                                                                   égalité

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Mon conseil du jour :

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tgb

11:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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