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18/06/2012

Marc Dolez, discret et triomphant

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Bon je ne vais pas me faire que des amis, mais j’en ai l’habitude et ça fait un moment que ma plume me démange.

Puisque les jeux sont faits, analysons le match.

Le front de gauche avait une vingtaine de députés à l’assemblée nationale, une quinzaine d’élus communistes plus ou moins tolérés par le PS, plus trois élus PG. 3 élus PG ou plus exactement 2 élus issus du PS, plus une élue écolo, privée de sa circonscription par un subtil charcutage électoral.

Il partirent donc une vingtaine mais par manque de prompt renfort ils se virent 10 glandus en arrivant au port (sans plus de groupe parlementaire) dont UN seul et unique représentant du Parti de Gauche :

Marc Dolez !

Marc Dolez qui c’est ça ?

Juste le co-fondateur du Parti de Gauche, seul député socialiste en son temps, à avoir voté « non » au congrès de Versailles.

Cet élu du nord, aux fortes convictions aussi discret que Melenchon est spectaculaire, aussi efficace sur le terrain que fin tacticien, aussi engagé dans ses combats qu’intègre et disponible

- par exemple, il est l’un des rares politiques à avoir visité Salah Hamouri en sa prison, pendant qu’un appel pour sa libération prenait la poussière sur le bureau du "conducator" -

semble avoir pris quelques distances avec le mouvement, tout autant que les fins stratèges parisiens en profitait pour le mettre sur la touche.

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C’est donc par les journaux que l’élu de Douai apprenait la venue à Henin Beaumont de l’impétueux Mélenchon. Ni concerté, ni informé, Dolez eût pu donner pourtant quelque conseil avisé rapport à sa région, mais l’état-major en son génie visionnaire avait décidé que Dolez comptait pour du beurre et leur stratégie indiscutable pour du caviar.

Effectivement on se demande bien au non de quoi, il eut fallu changer une stratégie qui foirait si bien, jusqu’au désastre de Stalingrad, de cette soirée sinistre où le soir du premier tour des présidentielles, aucun dirigeant n’assuma les 11% du Front de Gauche, laissant la masse de sympathisants barboter en son malaise.

Résultat pourtant qui, si on ne s’était mis connement dans une obligation de résultat rapport à la Lepen et à ce tête-à-tête réducteur, eût été formidablement prometteur. ou comment transformer un succès en débâcle.

Bref, il n’est pas grave de se planter dans la mesure où l’on en tire quelque conséquence et ajustement et que l’on évite dans la foulée de reproduire la connerie aussi sec.

Henin Beaumont nous voilà !

Ainsi de ma modeste place, je ne saurai trop conseiller à Melenchon reprenant l’impec formule de l’excellent Bernard Langlois "d’écouter plus ses amis et moins ses courtisans…" pour ne pas dire ses fans.

Je ne parle pas ici de ces jeunesses melenchonistes exaltés pour qui le chef a forcément raison, de ces beni oui oui d’un parti pourtant fondé sur un NON, mais surtout de ces petits cadres opportunistes au plan de carrière mijotant déjà dans l’arrière cuisine des compromis daubés et du quarteron de décideurs qui a comme un urgent besoin d’oxygène.

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Il est quand même navrant que dans un parti où l’on réclame de fortes têtes, l’on tape assez vite sur toutes celles qui dépassent et que l’on promeuve les bons petits soldats tout à leurs galons en excommuniant les grandes gueules.

Je ne doute pas un instant qu’il faille de l’ordre et de la discipline dans un mouvement (12 000 adhérents quand même) c’est d’ailleurs pour ça que je n’en suis pas, mais de là à ne plus voir qu’une seule tête….

Je ne remets pas en question ici la formidable épopée de Jean-Luc Melenchon et du Front de gauche. Si la dynamique prodigieuse a existé c’est qu’elle existe encore et ressurgira, inéluctablement.

"Mais où on était passé ? Où on était disparu tout ce temps ? On se manquait ! On s'espérait ! On s'est retrouvé !" Bastille 18 mars 2011

Rien que pour ces moments d’ivresse là, le jeu valait déception.

La graine est semée, le mouvement refleurira…

N’empêche maintenant, deux ans sans élections, deux ans de vache maigre, je ne sais si le front y survivra, mais loin des coups médiatiques et des shoots au show c’est bien par un humble et laborieux travail de terrain, plus ingrat que glorieux qu’il doit s’enraciner.

Sans plus de semi-démente, loin de ces postures morales et indignées qui ne marchent pas, aller chercher un à un les électeurs égarés au FN et ailleurs.

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En attendant, après un an de campagne électorale épuisante, que Jean-Luc Mélenchon parte en vacances, lise, réfléchisse, pense à autre chose et surtout écoute, écoute, écoute, un Marc Dolez par exemple, du fin fond de sa province.

Sans plus d’esbroufe.

tgb

16:44 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (28)

16/06/2012

De l’intérêt économique à délocaliser Jean-Michel Aphatie (et ses frères)

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 Depuis qu’Al Jazeera, télé qatari au salafisme étrangement occidentalo-compatible, lance sa chaîne sportive footbalistico-islamo-sunite pété de thunes à l’abonnement imbattable de 11 euros mensuels, débauchant au passage quelques commentateurs d’en face, Canal + me propose soudainement de troquer mon abonnement d’une trentaine d’euros chez eux contre un nouveau contrat de quelques 12 euros modiques.

J’y vois volontiers comme un lien de cause à effet.

Je sais bien que cette concurrence libre et non faussée, au nom de la sacro sainte compétitivité que les perroquets du paf radotent à loisirs à ceci de particulier, que tel le low cost, il pousse à la réduction des salaires, des conditions de travail, des charges cotisations sociales, (éducation, santé, retraite…) et par conséquent oblige les entreprises à vendre toujours moins cher à des gens toujours moins riches au détriment de la qualité, de l’environnement, et de la sécurité ;

Spirale infernale de l’appauvrissement général ;

mais quitte à me convertir un temps au libéralisme effréné, j’aurais bien quelques suggestions de réduction des coûts à proposer à Bertrand Meheut.

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Puisque nous en sommes à délocaliser l’industrie, à faire dans le dentiste roumain ou le plombier polonais, il me semble que l’on gagnerait à remplacer du chroniqueur mondain au mépris de classe bien trempé par du journaliste malien francophone, en duplex du côté de Bamako payé des clopinettes.

Pour ce qui est de reproduire le bréviaire de la classe dirigeante, inutile d’exiger de l’éditorialiste un talent particulier ou une créativité débordante et de gaspiller près de 30 000 euros mensuel pour répéter en boucle, la dette la dette la dette.

Aphatie lui-même, grand pragmatique devant l’éternel ne pourrait qu’en convenir. Les larbins payés en larbins parlant aux larbins seraient autrement plus crédibles à s’offusquer de l’augmentation irresponsable du smic qu’un privilégié de la bretelle appelant les damnés de la zapette à se serrer de la ceinture.

Belle adéquation de la chronique austère et de la vie smicarde de l’éditorialiste enfin en cohérence.

Certes, encore un peu réticent à la politique qu’il préconise pourtant, l’ami Jean-mimi et son orchestre affirme mériter son mirobolant salaire.

Soyons également pragmatiques, un éboueur tout autant mérite son misérable salaire, sauf qu’en termes d’utilité et d’hygiène publiques, l’absence d’un ramassage d’ordures durant une semaine a autrement plus de conséquence que la ménopause chroniqueuse d’un Jean-mimi aphone.

Pour ce qui est de l’obséquieux Denisot, passeur de plat et torcheur de cul promotionnel, j’imagine qu’un stagiaire à 300 euros pourrait largement faire l’affaire et dégager ainsi quelques marges financières.

Au grand jeu du Dumping social, il se pourrait bien que commençant par le prolo permutable de la plateforme de télé travail externalisé au Maroc, on finisse par remonter aux cadres supérieurs, aux dirigeants à parachute doré, aux députés surprotégés, aux experts à deux balles surpayés et que par une fine ironie tout le monde se retrouve au rabais.

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Etre grassement payé pour promouvoir l’austérité sur toutes les antennes n’est plus la garantie d’échapper à retourner un jour, gratter de la pige précaire à 50 euros et encore...

je connais d’excellents journalistes tunisiens qui pourraient faire ça pour 30.

tgb

13:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

13/06/2012

Printemps normal

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 - Nous voulons notre place au soleil monsieur…

- Alors faites du soleil plutôt que de la place.

Jean Giono

Non c’est pas le printemps arabe, c’est pas non plus le printemps érable, c’est juste le printemps normal, pourri de chez pourave d’un pays tempéré aux deux saisons contrastées :

L’hiver et le 15 aout.

A la Saint Medard (8 juin) si le temps est pluvieux, il pleut 40 jours plus tard sauf si la Saint Barnabé (11 juin) vient tout réparer. Autant vous dire de suite, que le 8 et le 11 furent harmonieusement pourris.

Le printemps est fini et l’été est mort. Bonnes vacances.

Et pour peu que t’ aies réservé au camping des flots bleus, t’auras la tong chafouine, le chien mouillé et les vacances spongieuses.

Et t’auras beau te réjouir pour la nappe phréatique, la nappe du pique nique aura intérêt à être waterproof.

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Pour pousser encore un peu dans l’optimisme béat, évidemment, l’arrière-saison autrement nommée rentrée, sera ensoleillée et pour citer un chanteur opportunément électrocuté

- Les lundis au soleil, c'est une chose qu'on n'aura jamais. Chaque fois c'est pareil. C'est quand on est derrière les carreaux. Quand on travaille que le ciel est beau.

Inutile de te dire donc qu’au seuil d’un automne austère et d’un hiver rigoureux, dans le registre ni ni, ni fromage, ni dessert, le moral des ménages risque bien de méchamment plonger.

Devant des perspectives aussi radieuses, je le dis comme je le pense, je vais pas me priver de m’offrir du soleil low cost, au pays des plus pauvres que moi, sans plus d’état d’âme.

Au pays du tourisme muséifié si on en est à externaliser même le soleil on est mal.

tgb

photo D.A

20:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

10/06/2012

Le 'barbarisme' à visage humain

 

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Avec sa ‘bravitude’ légendaire et cette once de ‘méprisance’ qui lui va si bien lorsqu’il barbote dans une de ces piscines d’un de ces non-minables à plus de 5000 euros par mois, Jef Copé, en son ump opposante, condamne le « barbarisme » en Afghanistan :

« cet acte de barbarisme sans nom… »

Si ‘cet acte de ‘barbarisme’ n’a pas de nom, c’est précisément, qu’il ne doit pas être le concept idoine et cette locution mal à propos, pas des plus appropriées, rapport à l’usage que fait Jeff de notre langue française.

Rappelons donc que le barbarisme du latin barbarismus (expression vicieuse) est une faute de langage qui consiste, soit à se servir de mots forgés ou altérés, soit de donner aux mots un sens différent de celui qu'ils ont reçu de l'usage.

autrement nommé, solécisme.

« cet acte de barbarisme » est donc l’illustration parfaite de ce qu’est un barbarisme.

Le barbarisme n’ayant donc aucun rapport avec la barbarie, on peut en conclure que Copé non seulement dit des conneries (on le savait déjà) mais en plus en écrit direct à l’AFP sous forme de communiqué.

Il doit y avoir là comme l’acte manqué d’un isme fulgurant faisant pendant plus ou moins consciemment à un islamisme affleurant aussi pratique à dénoncer au Pakistan qu’utile à encaisser au Qatar.

On remarquera au passage que ce sont ces fins illettrés, nourris à l’idiome du village et au souverain poncif de managers comptables, qui exigent des étrangers la maîtrise d’une langue qu’ils maltraitent eux-mêmes.

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qui de la femme  burqa ou du sac poubelle explosera en premier...?

Si, comme l’écrit médiocrement Jef, « rien n'est plus odieux et plus lâche qu'un attentat kamikaze » (un homme avec ceinture explosive sous une burqa) on peut se demander pourtant en quoi un tapis de bombes phosphorées où l’exécution d’une silhouette par joystick et drone interposée auraient quelque chose de plus noble et de plus loyal.

83 + 4 soldats morts pour des figues…de barbarie, triste gâchis certes, mais c’est quand même le principe des guerres, que des militaires y meurent la tripaille à l’air ; de ces guerres disproportionnées, du drone contre la pétoire, et qui nous ont donné cette sordide habitude du zéro mort chez nous, sans trop s’effaroucher de l’hécatombe d’en face.

Si comme l’écrit admirablement Camus, ‘mal nommer les choses c’est participer au malheur du monde’ alors ces perversions du langage, ces approximations sémantiques, cette misère littéraire pourraient bien finir par recouvrir de toute vacuité le sens des choses et l’appréhension du réel.

A vider les mots de leur sens, à les dévier, les nier, les contraindre, les châtrer, à appauvrir le langage pour mieux anesthésier la pensée, à corrompre le discours jusqu’à énoncer que :

le travail c’est la liberté

la liberté c’est l’esclavage

la guerre c’est la paix

la droite c’est le peuple

alors devenons nous étrangers à notre propre langue, devenons nous nos propres barbares, terroristes incultes de notre propre et confuse civilisation.

C’est le vocabulaire qu’il nous faut reconquérir d’abord pour botter le cul de l’économique.

Pour que le mot reprenne le pouvoir sur le chiffre enfin.

tgb

14:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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