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10/02/2012

Le confort moderne

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Il fut un temps obscur où les citoyens de ce pays tendaient vers une société ignoblement fraternelle, avec les mêmes devoirs et les mêmes droits, un peu comme en Corée du nord, mais en pire.

Le droit de ne pas crever de froid

Le droit de ne pas crever de faim

Le droit à la santé et à l’éducation

Avec

L’accès à la culture, à l’eau et aux transports

L’accès à l’énergie dans un système solidaire de péréquation.

On appelait ça la barbarie ou l’assistanat ou l’état providence, ce qui revenait au même.

C’était un temps archaïque où les services publics au service du public ne se souciaient hélas pas de savoir si le médecin était rentable, si l’instituteur était compétitif, si le curé lui était supérieur mais si la population pouvait vivre dignement dans une société plus ou moins égalitaire.

Bref, un temps cauchemardesque assez proche du goulag.

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Il fut un temps rétrograde donc, où l’on considérait aveuglément, qu’ouvrir un lycée était plus urgent qu’ouvrir une prison, que loger les gens était préférable à les foutre sur le trottoir, que l’intérêt général confinant au communisme primait sur le profit individuel émancipateur de 3 appelés 2 élus.

C’était pas bien moderne tout ça.

Alors miraculeusement vint le temps de la civilisation.

Une civilisation supérieure qui enfin, indexa la dignité humaine sur les cours de la bourse, distribua des dividendes aux actionnaires gâteux de Miami grâce à de pertinents licenciements économiques, exploita méthodiquement les ressources naturelles de la planète pour en faire des profits immédiats, jusqu’à épuisement.

Un temps d’évolution et de progrès.

C’est ainsi que grâce à cette évolution fondamentalement humaniste, l’on vit des petites dames mourir de froid° après que GDF SUEZ, entreprise privatisant la chaleur et surévaluant les factures pour se faire de la trésorerie, leur eut confisqué les compteurs, l’on vit des chômeurs, brûler vifs à cause d’une bougie, après qu’EDF leur eut justement coupé l’électricité.

Cette civilisation supérieure donc, permit enfin à quelques milliers de rentiers méritants d’aller chouchouter leur Alzheimer dans des paradis fiscaux ensoleillés, tandis que 8 millions de ratés précaires, infâmes parasites sociaux mêmes pas français et si ça se trouve polygames, n'avaient ni les moyens de chauffer leur logement ni de nourrir décemment leurs gosses.

Bien fait pour leur gueule.

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Bref il fut un temps ténébreux où :

GDF ne spéculait pas sur le cadavre de ses clients.

EDF ne cramait pas ses usagers

France Orange ne suicidait pas ses employés.

Les ministres engraissés par l ‘état n’osaient même pas traiter les chômeurs honteusement privilégiés, de cancer de la société.

Un comble !

Un temps sauvage où l’on avait ni le courage de s’en prendre aux plus faibles, ni d’attiser les haines, ni de désigner quelques boucs émissaires à la vindicte populaire, ni même de faire campagne sur des vraies valeurs véritables avec label de chez français.

Triste époque en effet, heureusement révolue, puisqu’aujourd’hui enfin, après avoir brisé tous les tabous et tous les archaïsmes, l’on peut faire crever les petites dames de froid dans la plus confortable modernité.

tgb


°merci à Celeste pour le lien

11:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (22)

07/02/2012

Regarde les gouvernements tomber

 

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«Nous vivons sous une dictature économique. Et la Grèce est le laboratoire où l’on teste la résistance des peuples. Après nous, ce sera le tour des autres pays d’Europe. Il n’y aura plus de classe moyenne.» Andréas citoyen grec.

Après les gouvernements italien, grec, espagnol, irlandais, portugais…au tour du gouvernement roumain de se faire seppuku, sous l’insistance énervée d’un peuple crevant la gueule ouverte et pas loin de regretter le père Ceausescu et sa mère UBU.

C’est dire si on progresse.

Victoire populaire me diras tu ?! que nenni mon ami, puisqu’à peine les cendres du gouvernement précédent refroidies qu’un autre gouvernement dirigé par un clone désigné, (sauf qu'en plus il a les noms) s’emploie déjà à assurer le service après vente des diktats du marché.

Le paradoxe étant finalement qu’en faisant tomber les gouvernements les uns après les autres, les peuples loin de briser le processus de normalisation libre et non faussée l’accélère.

Le profit étant devenu la finalité du genre humain, et la compétitivité, son prophète, il est assez logique finalement que la machine folle et molle du nouvel ordre mondial licencie ses larbins politiques sans trop d’état d’âme, et recrute avantageusement d’insipides gestionnaires ayant pour toute vision planétaire : une calculette.

Après moi, il n’y aura plus que des comptables disait François Mitterrand.

Ce qu'il ne savait pas c'est qu'en plus, ils géreraient comme des patates.

Il y va donc aujourd’hui de la gestion des masses populaires comme des masses monétaires. On gère les flux. On exploite la ressource humaine. De la production de masse toujours moins chère à la consommation de masse toujours plus dégueulasse, au profit de quelque uns et au détriment de tous dans l’équation subtile et parfaite d’une croissance infinie dans un monde fini.

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Alléluia !!!

Après des millénaires d’évolution, il s’agit donc, ni plus ni moins, que de faire franchir à l’espèce humaine, le dernier maillon qui le mènera enfin vers le stade ultime de la civilisation versus Guéant, autrement appelée, l’espèce de con.

Fort de cette fine et implacable analyse, il est donc parfaitement vain de s épuiser à lutter contre quelque gouvernement que ce soit, puisque simulacres d’élections ou pas, les mêmes gestionnaires au service d’un même projet se relaieront imperturbablement jusqu’à ce que résignation s’ensuive.

Plutôt que de se fatiguer à cogner sur des leurres, à s’empoigner pour savoir qui de Chapi ou de Chapo dirigera la succursale, autant utiliser notre énergie créative à sortir joyeusement du système.

Comment me diras tu ? tu te doutes bien que si j’avais la moindre ébauche de mode d’emploi, y’a longtemps que je l’aurais breveté, mais c’est bien la seule question qui vaille qu’on se prenne un peu le chou.

tout le reste étant anecdotique.

tgb

15:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (19)

03/02/2012

Ma beauté intérieure

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« Ceux qui sont prêts à abandonner une liberté fondamentale pour obtenir temporairement un peu de sécurité ne méritent ni la liberté ni la sécurité » Benjamin Franklin

Y’a pas que la beauté physique dans la vie, y’a aussi la beauté intérieure.

Si ça se trouve, j’ai de très beaux intestins et tout le monde s’en fout.

Sauf Claude.

Il est obnubilé par ma beauté intérieure le Claude, d’une jalousie féroce et maladive. Le moine Guéant, le Savanarole de l’anthropométrie maniaque me veut dans ma pure transparence, me désire dans ma totale traçabilité, s’excite à me contrôler de l’intérieur.

C'est pour mon bien.

Derrière sa vitre sans tain, Claude prends son pied à me zieuter à oilp, il me dévore tant des yeux que ça fini par en être gênant. On a ses pudeurs.

Son truc à Claude ? le strip tease des voisins. Un accro de la garde à vue et du toucher rectal dans la salle de bain.

C’est plus fort que lui, comme une pulsion de l’intérieur, une passion dévorante, Claude mouille son petit maillot à m’éplucher les fadettes, à me tripoter l’ADN, à me répertorier les empreintes.

Faut rien lui cacher au Claude où il te nous pique sa crise de nerfs : - Tu m’aimes plus !!!!!

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C’est pas que c’est un grand malade le Claude, juste un peu pervers sur les bords, juste un peu voyeur, à se palucher la nouille sur de la vidéo surveillance, à se fantasmer du fichier. Claude a la sensualité un rien totalitaire comme tous les impuissants.

Il aime bien tout savoir le Claude. - T’étais où ? avec qui ? j’le connais ? t’as un alibi ? ...

Car confidences sous l’oreiller avec micro dessous :aucun député ne pourrait décemment s'opposer à ce que la justice utilise tous les moyens pour faire triompher la vérité".

- Tous les moyens Claude ?

- Tous !!!

Alors oui grand fou, fais triompher LA Vérité, fiche moi le Claude dans ton grand fichier codé, archive moi l’intime, mets moi en banque de données. Connais moi toi même, collectionne mes clichés de scanner d’aéroport, gratte moi la puce que j’ai dans le dos, sonde moi le tréfonds de l’âme, ouvre moi les entrailles, sirote moi le jus de crâne façon John Edgar Hoover.

Epluche mes déplacements géographiques et bancaires, planque moi ton gros micro quelque part, dissèque moi mes consommations de PQ chez Monop, analyse mes relevés téléphoniques d’avec ma soeur, (bon courage) mes récépissés de CB du temps où je consommais encore, mes connexions internet de chez twitter. Vas y surf avec moi, prends moi sur la vague, prends moi de l'intérieur Claude, suis moi à la trace, scrute moi, mate moi, zoom moi, ne me lâche plus et décongestionne toi enfin de l’intérieur.

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Je suis à toi mon Claude, entièrement, totalement, définitivement à toi. Je t’appartiens. Ausculte moi, observe moi, étudie moi de face, de profil, même si hélas dans le grand insondable et comme le dit si bien le grand philosophe patagonien Pagny qui jamais ne pensa :

- tu n’auras pas ma liberté de penser !

Parce qu’au fond… hein mon Claude, à quoi on pense quand on ne pense à rien ?

tgb

17:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16)

31/01/2012

Un projet pour la France du 21ème siècle : la Véranda

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A l’heure de l’effondrement cataclysmique du capitalisme, de la mutation phénoménale de notre civilisation, du tsunami économique mondial sans précédent, n’importe quel président amateur, tendance petit bras, aurait proposé comme misérable réponse, une mezzanine socio démocrate, un double parquet flottant écolo-centriste, voire carrément une porte de garage en PVC néo-libérale.

Et c’est là que notre président à nous dans une vision historique, avec courage et détermination et non sans un certain panache, inventant le futur, les enfonce tous, montrant indiscutablement l’envergure du personnage :

Son projet pour la France : la véranda.

Oui, là où la plupart des hommes politiques aux perspectives racornies, étriquées, mesquines, ne proposent que repli, rétractation et étroitesse, notre président à nous particulièrement créatif, mettant l’imagination au pouvoir, grâce à sa proposition novatrice d’une augmentation de 30% du COS (coefficient d'occupation des sols) fait le pari fulgurant de l’accroissement, du développement, de l’essor et de l’amplification…bref :

De la véranda.

L’extension du domaine du petit pavillon contre la récession.

L’expansion de l’espace intime et personnel contre la régression.

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Et sans permis de construire encore !!!

Et le peuple de France soudain galvanisé par tant d’audace, de se retrousser les manches, les habitants des cités, des barres hlm, des campings toute l’année, des roms en caravanes, des sans abris, des sans papiers, des sans logis, des locataires de chambres de bonne, de se lever fièrement, leur honneur retrouvé, la truelle à la main, les pieds dans la gadoue de France, et de propager comme autant de lendemains qui chantent dans l’allégresse et la transparence, l’émergence de millions d’aquariums avec nains de jardin.

Arme suprême et fatale contre les ennemis de notre France éternelle ne s’avouant jamais vaincue, la dissémination de véranda déjà fait regretter à Standard and Poors son infâme dégradation et trembler en leurs mocassins, les spéculateurs cosmopolites tout prêts à rendre grâce.

Oui l’Amérique a son dollar, l’Allemagne son euro, mais la France aura sa véranda, n’en déplaise aux déclinistes résignés, aux Baverez anéantis, n’ayant même jamais théorisé la compétitivité par le vecteur génial et imparable de la véranda.

Que cent mille vérandas fleurissent aux murs des charmants pavillons des jolis lotissements dans une France de propriétaires de vérandas terrassant la crise des subprimes dans un ricanement revanchard et national répondant aux objectifs ambitieux de notre président essuyant les plâtres.

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Et j’imagine ému, Robert barricadé en son Sam-suffit de banlieue, déclarant soudain solennel à son épouse, qu’eux aussi construirons leur véranda quitte à sacrifier le système de vidéo surveillance programmé, sans même se laisser déstabiliser par la réponse de Janine bassement pragmatique qui n’est quand même pas la moitié d’une conne :

- Mais Robert nous en avons déjà une !

- et bien nous en bâtirons une deuxième, pour la France !

 

tgb

10:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

 
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