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05/03/2012

La boucherie sociale

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- Et pour la p’tite dame ça sera ?

qu’il dit le Claude, boucher traiteur et gras du bide à l’intérieur, un tonfa sur l’oreille, le tablier blanc maculé de gros rouge qui tâche, derrière le comptoir de la boucherie sociale.

Et qu’il te désosse le Mr Claude, à la feuille effilée du stagiaire attendri, de l’agneau de printemps au temps de cervelle disponible élevé sous la mère, du mouton grégaire bien de chez nous, tandis que la Ginette, sa dame à la caisse, le genre Morano boudinée en moins vulgaire quand même, taille une bavette distinguée avec la clientèle :

- et que les français sont des veaux…

- et que l’amour est dans le pré…

- et que du jambon d’accord mais surtout pas de Bayonne.

Rapport au retour précipité du gérant d’la boutique, qui faillit y laisser sa queue et ses oreilles.

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Et qu’est ce que je lui mets à la bourgeoise ?

qu’il dit le Claude ensanglanté, un hachoir à la main, un tantinet sournois derrière ses fines lunettes cerclées d’intello rôtisseur :

- du steak d’immigré sans papiers expédié par charter ?

- du feignant de chômeur assisté, élevé en batterie ?

- du pâté de salarié tout juste défenestré ?

- de la bidoche de pauvre avec label RSA ?

Mr Claude c’est l’employé modèle de la Boucherie Européenne Libre et Franchisée. Un de ces serviteurs zélés qui aime à accrocher sur des crocs de boucher, les carcasses des ennemis de classe et de l’intérieur.

Et qu’il te découpe les corps intermédiaires, et qu’il te débite de la bidoche de pauvre, te tranche de la tête de turc, te charcute du bouc émissaire frais ou faisandé, te dissèque de la viande de travailleur dans son jus de sueur, te clive de la barbaque sociale à coups de hache, te gratte au couteau l’os de cochon d’prolo jusqu’au dernier gras.

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Chez Sarkotes de porc et fils, succursale de la chaîne alimentaire néo conservée des charcuteries Merkel et compagnie de chez saucisses and Frankfort.

Le nec plus ultra de la chair à marchés pour banquiers adipeux. (en voie de liquidation)

Et pour la p’tite dame ça sera ?

qu’il dit le Claude couperosé, en s’essuyant les mains poisseuses sur son tablier sale dans une insistante odeur de graillon nazillon :

- de la dinde génétiquement modifiée ? (un peu comme la patronne épidermiquement de gauche, de droite jusqu’à la moelle)

- de la bouillie de terroriste islamique Afghan, explosé du jour avec de juteux morceaux de soldats français dedans ?

- du gigot d’UMP avec de la grosse ficelle autour, spécialité de la maison ?

- du halal, du casher, de la bio à fumer, de l’abattage rituel, de l’égorgé vivant dans des baignoires de banlieue certifiées avec choc de civilisation ?

- de la viande à Bardot, vieille carne désincarnée avec étourdissement ?

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- je suis végétarienne !!! qu’elle lui dit la p’tite dame, en tournant les talons, venant de se convertir illico au vert, après tant de salades.

tgb

sinon, à par ça le nouveau Fakir est à lire

15:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

01/03/2012

La réponse est dans la question et réciproquement

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Dans un de ces titres putassiers dont le Monde, journal de référence révérence au marché, a le secret, la question finement posée appelle comme une réponse à la truelle orientée :

Le droit du travail est-il un frein à la compétitivité ?

Réponse induite avant même que de se fader le corps du texte dans toute sa prévisibilité :

- Ben oui m’dame Parisot, c’est quand même bien archaïque tout ça…le code du travail, les congés payés, le repos dominical, les droits syndicaux…toutes ces contraintes à la liberté de devenir au minimum Steve Jobs, vague auto entrepreneur réussi quelque peu décédé.

Bref quand la question n’attend pas de réponse, mais, comme toute question rhétorique, circonscrit le champ problématique dans son jus dominant, la question est sa propre réponse et vice versa.

On appelle ça un postulat de départ ou un parti pris idéologique, voire une arnaque.

Ce qui est intéressant dans ce titrage somme toute assez banal et ordinaire dans le matraquage ambiant, ce n’est pas tant la doxa récurrente du libéralisme infiltré à usage du con d’exploité par l’enfoiré d’exploiteur et ses petits larbins aux mains moites glissées dans des gants de soie, mais le renversement tranquille des valeurs en notre monde frelaté.

La réponse est donc bien dans la question et réciproquement, sauf que ce n’est pas forcément la question, car, si l’on était encore dans une civilisation de progrès, avec un zest d’humanité dedans, la question pourrait être :

La compétitivité est-elle un frein au droit du travail ?

Et la réponse serait :

- je veux mon n’veu !

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A la question donc de savoir si le droit du travail nuit à la compétitivité, l’on peut répondre aisément, sans même s’infliger une tartine indigeste d’élucubrations margarinées par l’un de ces commis d’office, en disant qu’en effet, à peu prés tout ce qui fait d’un salarié autre chose qu’un esclave payé à coups de fouet, nourri d’un croûton rassis et exploité jusqu’à ce que l’os, nuit à la compétitivité ; à savoir :

un salaire, des cotisations sociales, une retraite, un droit au chômage, au repos, à la santé, bref à une vie à peu prés décente.

Tous ces acquis, pas tombés du ciel mais arrachés de haute lutte dans un rapport sanglant dominant/dominé, qu’on nous persuade de bazarder, hop là, histoire de retourner par la fumeuse modernité à la préhistoire éclairée.

Le dominant ne se contentant pas cette fois du beurre de l’argent du beurre et du cul de la crémière mais encore, dans une jouissance pas même dissimulée, du consentement mortifié du cocu de crémier.

Le camp de travail, étant en termes de compétitivité et de profit,THE modèle incomparable dans son rapport qualité prix, efficacement imbattable, question nivellement par le bas.

Reste donc maintenant à savoir si, la compétitivité (et pour quel trophée ?) est la finalité de l’être humain, et, le camp de travail, l’idéal aboutissement de la mondialisation heureuse mais pour qui en dehors d’Alain Minc ?

Si tel est le cas, on peut donc commencer tout de suite à envier très fort les rats de laboratoire, exploités certes, mais au moins sans la conscience aigue de se faire empapaouter.

En conclusion, à la question vicelarde du gratte-papier embedded, salarié en sursis de la pensée unique et petite rognure d’ongle de la première phalange du petit doigt de la main invisible mais dans ta gueule quand même :

Le droit du travail est-il un frein à la compétitivité ?

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je répondrai sans en faire un fromage à taux de tartinabilité élevé sur trois colonnes à la une :

Encore heureux, connard !

tgb

(En l’occurrence connasse c’est une femme qui a rédigé l’article)

12:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (23)

27/02/2012

L'abstention dynamique (ou le mieux que rien en moins pire)

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Dis donc mon élu socialo-manager préféré qu’est là à me reluquer mon joli votutile présidentiel rapport à Dupont et Dupond, rappelle moi donc ta position sur le MES à l’assemblée nationale

…hum…oui …bon…l’abstention dynamique ???…

…ça m’a l’air bien comme concept ça, frais, nouveau, intellectuellement bucolique, bon maintenant tu m’expliques grosso merdo en quoi que ça consiste façon mode d’emploi… ???

… de dire ni oui ni non mais au final oui, un peu comme le ni pour ni contre mais pour, ou le ni de droite ni de gauche donc de droite…. ???

Dois-je te l’avouer, j’ai toujours eu beaucoup d‘admiration pour la circonvolution socialo-acrobatique !

T’avais hésité entre ???

L’avancée à reculons...

Le surplace fulgurant...

Le changement mais pareil...

La résistance résignée...

La modération radicale ?!?!?...

Franchement non, l’abstention dynamique pas mieux, genre changement dans la continuité mais revisité 3ème millénaire post moderne, non non bien…

On voit assez le style du genre de la chose de l’oxymoron dans son intrinsèque subtilité paradoxale, efficacement inutile, mais t’aurais quand même pu voter oui tout de suite, c’eût été plus simple ????

oui mais non ???…

Il est vrai, je l’admets, que t’es un peu minoritaire à l’assemblée et que donc camarade député t’y pouvais pas grand chose, que tu votes dur ou mou ça schlinguait pareil au fond du trou, fort l’honneur, mais l’on me dit dans mon oreillette, tu m’arrêtes si je me trompe, qu’en revanche au sénat tu serais un tantinet majoritaire et que donc…

…l’abstention dynamique aussi ????

...voilà voilà… ?!?!?!…

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… alors là, dois je te dire que je suis dans l’extrême expectative, ne serait ce pas un peu comme le sortant du peuple à sortir par le pleuple montant en seconde avant que de s’installer en première, nous prenant passablement et à juste raison, pour des demeurés du bulletin et que camarade sénateur député tu servirais à foutre rien au final ???

Bon mais attends attends, avant que je te tire des conclusions hâtives, je te récapitule le truc du machin, manière à être bien en phase donc :

- t’es un peu pour un peu contre et un peu ni l’un ni l’autre mais au final ça finit par faire pour et t’es pas contre…

- tu pourrais voter direct oui ou direct non mais en conclusion tu fais ni l’un ni l’autre et tu laisses l’autre voter à ta place façon procuration…

- Bref, t’en appelles à mon votutile et quand je te le file ça sert juste à que dalle mais paraît que c’est mieux que rien en moins pire…

Donc, en résumé, j’vais t’faire une confidence, parce que décidément ton concept m’enthousiasme, le dimanche du deuxième tour, suivant ta méthode, j’vais appliquer la chose à la lettre :

Abstention dynamique dés le matin, ne pas aller faire mon devoir citoyen mais avec entrain et le soir selon que ce soit Dupont ou Dupond, tu me retrouveras là, à ma place dans l’opposition.

Parce que l’avantage du mec qui reste sur ses positions, c’est qu’il finit toujours par revoir passer les types qui tournent en rond.

tgb

13:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

23/02/2012

Génération spontanée

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Vacances de février.

Comme un avant-goût de printemps.

Je traîne et rêvasse et fume ma clope du côté des jardins d’Eole. Cet espace vert récemment aménagé à cheval entre les 18 et 19éme arrondissement de Paris juste en lisière de la voie ferrée et d’un vaste no man’s land en pleine restructuration.

Tous les mômes du quartier, les Doinel, les Gavroche, les poulbots, tous les gamins de Paris, pas partis aux sports d’hiver, autant dire la plupart, par centaines, par milliers peut-être, s’égaillent comme des volées de moineaux dans les espaces de jeux.

Leurs pistes noires et leurs pistes bleues.

Ça crie, ça hurle, ça braille et ça s’entasse sur les tourniquets

Ça court, ça tombe, ça chiale dans la pagaille ensoleillée

Ça se fritte et ça se frotte, ça se chamaille à chaque tour de balançoire

C’est la pépinière de Paname, la couveuse du nouveau siècle, et ça shoote par ici et ça marque un panier par là en s’étreignant par grappes comme en finale de coupe du monde.

Ils ont les yeux bridés, la peau mate, les cheveux crépus ou le visage pâle, rougi par l’effort.

Tiens un petit rouquin aux joues cramoisies…

Ils ne se mélangent pas toujours, mais ils se mélangent aussi.

Tiens une blondinette à pompons qui se crêpe le chignon avec une petite chinetoque à lunettes.

Ils sont de toutes les couleurs, mâchurés, bariolés, de toutes origines ethniques et d’une seule origine sociale, populaire, et comme en génération spontanée, tous français.

Je n’ai pas forcément une grande estime pour le manager socio-démocrate Delanoë, n’empêche, ce lieu-là, où les petites pisseuses et les petits morveux peuvent venir se râper les genoux pour mieux se les peinturlurer de mercurochrome après, on lui doit.

Tant l’est parisien était laissé à l’abandon par la droite.

Quatre hectares d’espace vert, c’est quand même mieux que ces cages à poules, vaguement concédées aux ados, sous les structures du métro aérien.

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Que tous ceux, en ce pays qui ont une maison de retraite dans la tête le sachent bien, qu’ils le veuillent ou pas, l’avenir de ce pays n’appartient pas plus à ceux qui se lèvent tôt qu’à ceux qui se couchent tard, pas plus à un taux de croissance qu’à un taux de compétitivité, l’avenir de ce pays appartient à toute cette marmaille bigarrée et virevoltante, à cette cour de récré.

Que les gens qui n’aiment pas leurs enfants bougent de là, parce que ces enfants-là, ne bougeront pas d’ici. Puisqu’ils sont ici chez eux.

C’est l’enfance de l’art que de le constater : si ce vieux pays a encore de l’avenir, ce n’est pas dans sa courbe de croissance mais dans celle de sa natalité.

Ce pays appartient à ce tas de mômes en bougeotte, qui s’empilent pêle-mêle sur un tourniquet.

Je les remercie d’être là.

tgb


°photo célèbre de Cartier-Bresson

12:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16)

 
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