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17/01/2012

Pendre la crème à Hyères

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300 militants du Front de Gauche, à se peler l’oignon dans la très ’select’ rue de Courcelles (VIII) à faire le siège du discret siège de Standard and poors, c’est courageux, symbolique mais ça fait pas derche, j’en conviens.

On pourrait légitimement en espérer 3000, 300 000 ou 3 millions, si les citoyens tout à coup devenaient raisonnables, mais bon, ils auraient pu n’être que 30, voire 3 en gestation ; c’est déjà ça !

Je ne manque d’ailleurs pas d’air à déplorer le peu de mobilisation citoyenne à gigoter du drapeau, vu que moi au chaud, j’y déléguais ma douce, toujours à droite, surtout à gauche, facilement partante pour se geler les fesses (fort aimables) en mon nom.

Juste répartition des rôles dans notre couple exemplaire et moderne.

Bon, c’est pas spécialement qu’on en a après une agence de notation dont on ne connaissait que couic il y a deux ans à peine, et qui ne fait pas plus la pluie et le beau temps que monsieur météo mais quand même, faut bien se défouler sur quelqu’un, que quelqu’un paye pour les autres. Ce thermomètre-là pourrait bien faire l’affaire, on n’est pas difficile, vu que ce grand merdier de la « dette inventée », n’est pas une crise mais un hold-up !

Le casse du nouveau siècle.

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‘Indignons-nous’ nous dit-on, ‘résistons’ nous galvanise t’on, ‘révolution citoyenne’ nous propose t’on dans le meilleur des cas. Je ne sais pas vous mais moi, je trouve les slogans, un chouïa sur la défensive.

A l’heure qu’il est, vu le temps qu’il fait, est ce bien raisonnable ?

Ne pourrions nous envisager d’enclencher la marche avant , d’inverser les peurs, et plutôt que de rassurer le vorace packman des marchés (1 prend 99 et les 99 le reste) lui foutre les miquettes qu’il n’y revienne pas avant mille ans.

Bref, faire sauter comme un mot de trop dans « révolution citoyenne », je vous laisse deviner lequel, et par exemple pendouiller par les bretelles quelque banquier au haut d’un réverbère pour l’exemple. Un au hasard, au mauvais endroit au mauvais moment, pas plus salaud qu’un autre mais faut bien commencer par quelqu’un.

Et comme l’écrit avec pertinence dans "le dernier jour d’un condamné" l’honorable Victor Hugo « En temps de révolution, prenez garde à la première tête qui tombe. Elle met le peuple en appétit. » L’appétit venant en mangeant…

Vous me direz que c’est un peu radical

Et je vous répondrai : « pas tellement ! »

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Ce que je trouve assez radical moi, c’est le type qui gagne mille fois ce que tu gagnes et qui t’explique de toute son expertise que tu vis au-dessus de tes moyens.

Ce que je trouve parfaitement radical c’est le gus engraissé aux services publics, passé au privé avec armes et mallettes, qui te déclare que l’état providence, c’est mort.

Ce que je trouve terriblement radical, c’est le mec qui exploite femmes enfants planète tout pour sa gueule et théorise qu’il n’y a pas d’alternative.

Ce que je trouve sacrément radical c’est le gonze qui te propose le retour à l’esclavage en t’expliquant que c’est une forme moderne d’émancipation.

Ce que je trouve salement radical c’est le keum qui t’affirme que si on en est là c’est la faute à Momo qu’a gratté 50 euros sur le chomdu tandis que lui s’est détourné 50 millions dans un paradis fiscal moralisé qu’existe plus.

Ce que je trouve radical, c’est cette racaille interlope, ces parasites sociaux de la rente à rien foutre qui se gavent sur l’anesthésie des autres en les culpabilisant.

Ça c’est radical et je nous trouve extrêmement complaisants, d’une étonnante patience, et pour tout dire étrangement compréhensifs et tolérants, voire un tantinet couillons, face à l’injure qui nous est faite par la ploutocratie.

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C’est pourquoi, l’effigie d’un banquier, un gros, un gras, pour commencer, pour estimer l’esthétique, pour faire rire les enfants, puis, de fil en aiguille, passant aux travaux pratiques…quelques membres éminents du club du Siècle, du groupe Bilderberg…au sommet du poteau, me paraît moins radical qu’éducatif.

Et d’une légitime défense subtilement pondérée.

Bon quand je titre ‘pendre la crème à Hyères’, n’y voyez aucune intention particulièrement géographique, ça peut être à Meudon, à Versailles ou rue de Courcelles, c’est juste, vous l’aurez compris, l’opportunité de faire un jeu de mot consternant.

Pas de quoi en faire un fromage.

Et de citer encore l'épatant Victor : "Nous en étions à ce point dans la crise européenne qu'une révolution de plus c'était une guerre de moins."

 tgb

15:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (16)

14/01/2012

Dégradez moi !!!

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Quand même assez troublant de voir l’énergie déployée par les candidats à la présidentielle pour avoir l’insigne honneur, s’ils décrochaient par inadvertance la queue du Mickey, de mettre en place dans la détestation générale, un troisième, quatrième puis cinquième plan de rigueur, et autres mesures d’austérité.

Assez impressionnant oui, cette débauche d’efforts pour se retrouver dans l’obligation vis à vis de ses donneurs d’ordres et bailleurs de fonds, de repousser aux calendes grecques, l’age de la retraite, de privatiser la sécu, de libéraliser les derniers services publics, de faciliter les licenciements et de promouvoir le salaire à 600 euros mensuel, sous les acclamations distinguées de types qui les gagnent à l’heure.

Il y a quelque chose de l’ordre de la pathologie et de la mortification, dans cette volonté à tout prix, d’être celui ou celle qui finira, au mieux, remplacé au pied levé par un membre de la tribu Goldman Sachs sous les crachats, ou, au pire (pour eux), pendu à un réverbère, quand le peuple dans sa grande sagesse, retrouvant ses pittoresques traditions, passera de l’indignation stérile à l’insurrection générale performante.

Au grand jeu sado-maso du « oh oui dégradez moi en public ! » il se pourrait bien que le plus malin, soit le président actuel, bien parti pour échapper, grâce à la perte d’un A providentiel, à la pendaison de sa propre crémaillère.

De là à en conclure qu’il n’y a de bol que pour la crapule…

tgb

19:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

11/01/2012

Cette part d’ombre-là…

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Tu la sens bouger, frémir, gémir, tapie au fond, bien au fond, cette part d’ombre-là, cette zone frustre de saloperie ordinaire qui ne demande qu’à jaillir, qu’à courir le long de l’épiderme. Elle est cette mauvaise part de toi, de ton intestinal qui remplace tes neurones à l’heure de l’embouteillage crétin, de la queue-de-poisson, faite d’aigreur et de bile et de connerie primaire, rhabillée à l’envi de bons sens populaire.

Elle s’incarne dans le « sale connard » lâché au con de piéton quand tu conduis à donf, au con d’automobiliste quand t’es bêtement à pinces et elle parle en boucle « au sale connard » de l’autre du sale connard en toi.

Pas besoin de la stimuler cette part d’ombre là, elle suinte déjà, déjà qu’elle affleure, que la pulsion est là, que l’instinct est à vif, qu’il n’est déjà pas simple de la contraindre et de la contenir. Pas besoin de la décomplexer, d’oser la dire tout haut, déjà qu’elle crache son venin, qu’elle se rote et se pète sans même s’émouvoir.

Il fut un temps du moins, on en n’était pas fier, on se la tartinait pas en « brisant les tabous ». Elle nous foutait la honte, on savait plus où la mettre. On la savait sale, moche et malodorante cette ombre chinoise là tellement qu’elle chlinguait fort et, on faisait l’effort de la réprimer encore, de tenir ses sphincters, de se la garder pour soi.

C’est pourtant bien cette part-là, justement celle-là, qu’on cajole qu’on titille, qu’on te matraque à l’émotion, qu’on te flatte en flatulences, qu’on te jardine à coups de déjections. Justement celle-là au fond de la caverne, pas ta part de diamant ou ta portion d’étoile qui scintille quelque part, non cette inculture-là, justement celle-là, qu’on te cultive à mort, dans le pas savoir vivre, le pas vouloir penser, ou le pensé comme un porc et le revendiquer.

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Elle est simple à motiver cette part d’ombre là, en deux slogans faciles direct dans les viscères à déchaîner les haines, à attiser les peurs « et qu’on est plus chez nous » « et tous des assistés, des minables, des cloportes » qu’il te faut deux plombes après pour sortir du vomi et nettoyer la merde et pour rentrer alors seulement à la raison.

Oui tu la sens raser les murs, cette éminence grise et grasse, ce sale cardinal noir, ce putain de cafard, grimé en préfet binoclard, ministre d’intérieur, qui n’aura fait qu’obéir aux ordres, en dévoué fonctionnaire, qui n’aura fait que son devoir, en zélé délateur, anonyme et français, exhibant ses records du jeté expulsé.

Cette part d’ombre là, c’est cette vieille tradition de la haine ancestrale, de la morgue de la hargne et de la condescendance, à déchaîner les foules, à exciter les gens, indexée sur le fric seule valeur estimable du pays du mépris, qu’on se passe en relais d’Hortefeux à Besson jusqu’au veuf Guéant, qu’on se badigeonne de mots « immigration choisie » et « quota d’étrangers » aussi cons que méchants pour une France racornie de blond blanc et bleu, miro comme une taupe, aussi rance que rassis.

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Ni par vice, ni par perversité, cette sale ombre-là, juste par jeu électoral, juste pour garder au chaud, la place du fils du réfugié hongrois des temps généreux, qui s’expulserait lui-même dans la haine de soi qui n’est jamais qu’un autre, s’il ne s’adulait tant.

tgb

16:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

08/01/2012

Jeanne au Fouquet’s

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En ces temps de guerre économique où flottait l’étendard sanglant AAA, Jeanne de Roms se leva un matin d’hiver, sortit frigorifiée de sa caravane de misère, s’arrêta tout près du brasero au beau milieu du campement de fortune édifié sur la terre lorraine, et entendit des voix : « Jeanne ma fille va bouter l’oligarchie financière hors de France !!! »

Aussi sec, Jeanne la plus ou moins pucelle, enfila un vieux jogging pourri, mit sa casquette à l’envers puis enfourcha sa mobylette pour cavaler, façon Mollah Omar, jusqu’à la capitale du royaume.

Ce jour-là précisément, Charlot 1er dit le Nabot, candidat-roi de France, juché sur ses échasses remettait dans les ors du palais du Fouquet’s, la légion d’honneur aux irremplaçables ménestrels ‘Stone et Charden’.

Fourbue, rompue, Jeanne se fraya un passage entre les têtes à claques de la clique courtisane UMP, se joua de la garde rapprochée des hallebardiers à oreillette et fonça direct sur le roitelet qu’elle reconnut d’emblée à son air de ‘sale mec’ à salamalecs en suppliant à genoux : « citoyen président boutons l’oligarchie bancaire hors de France et la TVA antisociale itou »

Interloqué et dédaigneux, Charlot 1er fort inspiré eut cette réplique fameuse et lapidaire :« casse toi pov’conne !!! »

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Illico une volée de noires matraques tombèrent sur la gueule de la petite Jeanne, dans un concert de quolibets choisis des notables flagorneurs :

- Encore un de ces minables manants à moins de 5000 écus mensuel’ - déclara plein de morgue le baronnet de Meaux en se bouchant le nez.’

- Chassez moi cette analphabète qui cause la France en verlan’- pouffa à gros sabots l’écuyère à soupe Nadine de Medrano, un bout de salade coincé entre les dents.

- Est ce qu’elle a ses papiers la manouche pas catho ?’ - s’inquiéta le marquis de Guéant tout à ses statistiques ethniques et à sa circulaire, réprimant difficilement une divine érection.

Deux gardes en armure, genre robocop, empoignèrent vigoureusement la petite Jeanne de Roms, hébétée et meurtrie, entre deux sales visions de zapping à la télé.

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Mise en garde à vue, puis placée au camp de rétention de Vincennes, elle fut après un procès expéditif en hérésie identitaire, expulsée manu militari par charter en Hongrie où la police d’Orban la condamna immédiatement aux travaux forcés.

Elle mourut quelques mois plus tard victime de la tuberculose.

Ainsi disparut la petite Jeanne de Roms sans que naisse jamais ni le moindre mythe, ni la moindre légende à son (mauvais) sujet.

tgb

18:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

 
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