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24/11/2011

Le syndrome de Stockholm

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Que penser du peuple italien plébiscitant à 80% Mario Monti, technocrate imposé par les marchés et Bruxelles, ancien collaborateur de Goldman Sachs directement responsable de la crise mondiale ?

Que penser du peuple espagnol ramenant au pouvoir le PPP, parti ultra droitier, pourtant à l’origine de la bulle immobilière, dans une surenchère malsaine de rigueur et d’austérité ?

Que penser des peuples grecque, portugais, anglais…de cette propension des peuples d’Europe à se réfugier dans les bras de leurs bourreaux à l’origine même de la dette ?

Que penser de ces peuples désorientés, victimes d’une idéologie libérale dévastatrice et fonçant à droite toute, remettre les clés de leurs geôles à leurs propres tortionnaires ?

Oui que penser de ces peuples pris en otage par les banques qui raisonnablement devraient se révolter et pendre les banksters aux branches, et qui pourtant s’empressent de se pendre à leur place après avoir vidé leurs poches, renonçant sans combattre sous l’arbre du sacrifice ?

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Car si la piètre image de la prise d’otage d’usagers dont nous bassine à longueur de grève, les Jean-Pierre Pernaut de l’info moisie est une pure escroquerie sémantique, en revanche ici, il n’est pas abusif de dire que les peuples soumis à un violent chantage, se font directement braquer, un flingue sur la tempe.

On pourrait considérer sommairement que les peuples sont cons, que la machine à fabriquer du consentement tourne à plein régime et qu’à défaut d’alternative, les derniers électeurs chassent l’un pour remettre l’autre jusqu’à épuisement.

Ces explications sont vraisemblables. Elles ne suffisent pas.

Au-delà même de cette analyse, on peut se demander dans quelle mesure, il n’y a pas, dans ce comportement irrationnel et mortifère, quelque chose de l’ordre du syndrome de Stockholm.

Théorisé par le psychiatre Nils Bejerot en 1973 suite à l’affaire Jan Erik Olsson, le syndrome de Stockholm désigne la propension paradoxale des otages à développer une empathie, voire une sympathie envers leurs ravisseurs.

Ce syndrome serait un réflexe de survie inconscient, où la victime prendrait le parti du bourreau pour mieux sauver sa peau. Relation contre-nature, que l’on peut observer entre un dictateur, objet d’adulation morbide et son peuple, dans les phénomènes de violence conjugale ou de maltraitance où les victimes ni ne résistent ni ne se plaignent et continuent même à aimer leur tortionnaire.

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A l’image même des délires du ravi de la crèche européenne, l’euroshooté Quatremer, plus le bourreau bruxellois au service des marchés fait mal plus les peuples semblent rechercher sa protection.

Il ne serait pas étonnant alors de retrouver bientôt notre nabot national remis en selle (de vélo) tandis que Flamby fin stratège, travaille, en guise de rançon, à effacer toute trace suspecte de socialisme dans son calcif.

On ne désespère toutefois pas ici, par fatalité plus que par optimisme, qu’un jour, inversement, émergera enfin le syndrome de Lima.

Le jour où les preneurs d’otage finiront épuisés sous l’influence enfin de leurs victimes.

 

tgb

16:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (22)

21/11/2011

Signé AAA

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Le serial killer international connu désormais sous la mystérieuse signature AAA, et désigné sous le qualificatif de ‘le marché’, par les autorités, vient de faire sa sixième victime, un espagnol répondant au nom de José Luis Zapatéro.

Après un Irlandais, Brian Cowen, une slovaque, Ivéta Radicova, un portugais, José Socratés, un Grec, Georges Papandréou, et, il y a quelques jours seulement, un italien, Silvio Berlusconi, c’est donc en Espagne, que le tueur en série vient encore de frapper, poursuivant sa monstrueuse litanie d’homicides sans frontières.

Sur la scène du crime, les enquêteurs ont pu relever des indices flagrants pas mêmes dissimulés revendiquant ainsi un sentiment de totale impunité et de provocation malsaine : même signature, mêmes empreintes, mêmes traces ADN, dans un même scénario inlassablement répété, pour les mêmes mobiles crapuleux – viol démocratique monomaniaque et accaparement de bien public par le chantage et le racket systématique.

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D’après les criminologues, le profil psychologique du tueur serait celui d’un prédateur froid, déterminé, calculateur, répétant obsessionnellement le même mode opératoire (l’autopsie en cours devrait nous le confirmer), dans un sentiment de domination et de toute puissance.

Prévenant à l’avance ses victimes qu’il menace publiquement de dégrader par des messages subtilement distillés dans les grands médias, il jouirait de la peur et de l’humiliation de ses cibles désignées, comme prendrait plaisir à terroriser la population pour mieux la contraindre et la contrôler dans un délire mégalomane de ‘maître du monde’ et d’omnipotence.

Les préméditations méticuleuses de ce psychopathe cupide et multi récidiviste seraient le cadre de son empreinte psychologique, sa "signature" criminelle.

Dans les six affaires jusqu’à présent étrangement non élucidées, cinq victimes étaient de même typologie : homme politique mâle caucasien démocratiquement élu. Seule une femme, la slovaque Ivéta Radicova, semble pour l’instant échapper au portrait type. Pour la police pourtant, il ne fait aucun doute qu’elle fut la proie du même assassin.

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Si, d’après certaines indiscrétions persistantes, il se murmure que la prochaine victime pourrait être française, la France, pays provisoirement épargné, semblerait vivre aujourd’hui dans une curieuse psychose allant du syndrome de Sotckholm à un état schizophrène fait de soulagement et d’anxiété.

D'après les responsables de l’ordre mondial, l’enquête progresserait et l’interpellation du dangereux individu serait inéluctable. On peut regretter toutefois que les investigations policières aient été confiées à des services dépendants directement des marchés.

Certains enquêteurs nous déclarant sous le manteau, qu’ils n'excluaient pas qu’il puisse y avoir des complicités au plus haut niveau.

 

tgb

16:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (27)

17/11/2011

Glander

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"…n'empêche, si tous les dictateurs et généraux du monde avaient un chat endormi sur les genoux, je serais plus tranquille..." Gaston Lagaffe (ou plutôt André Franquin)

Glander n’est pas forcément une activité (ou une non activité) saisonnière.

On peut effectivement glander toute l’année, sous toutes les latitudes, seul ou accompagné. Pourtant si glander connaît une saison, c’est précisément novembre, puisque le terme même trouve son origine au haut moyen-âge, durant la période des glands, où seul l’élevage du porc perdurait, alors que les travaux agricoles étaient terminés.

On glandait donc, puisqu’il n’y avait tout simplement rien à faire.

Aujourd’hui, à l’heure où il est de bon ton de grimper aux rideaux, de tourner comme un avion avec jet lag incorporé, où l’on creuse des trous pour mieux les reboucher, où l’on remplit son néant existentiel avec autant de vide consumériste, l’art de la glandouille n’est évidemment plus de saison.

A l’heure donc, où c’est la faute aux 35 heures, où l’on travaille toujours plus pour gagner toujours moins, où l’on exploite plus pour être exploité moins, dans une culture de résultat connement quantitative, oui à l’heure où l’on dénonce en bouc émissaire, l’oisif cet assisté, l’on culpabilise le malade, cette feignasse, l’on stigmatise le chômeur, ce fraudeur, ne pas participer au productivisme ambiant finit par relever du crime contre l’humanité.

Cette humanité tellement performante.

A l’heure où les retraités plébiscitent la valeur travail, où les profits se font sur le labeur des autres, où l’on s’enrichit au poker menteur détaxé, au Caca rente défiscalisé, glander pourrait bien finir par vous conduire en camp de travail.

"ARBEIT MACHT FREI"

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Et pourtant dieu sait si le somptueux glandeur, le glandouilleur magnifique, le Gaston Lagaffe de l’open space, ce poète de l’inutile, ce conquistador du pas grand chose, du pas rentable, du pas compétitif et du pas performant, a son rôle social.

Il invente, crée, observe. Il fluidifie les relations. Il apaise les tensions. Il porte la fantaisie, comme le désordre et donc la vie même par petites touches frivoles d’humanité.

Il est la légèreté dans le lourd. La respiration dans le frénétique. L’empêcheur en rond au sein même du carré. La sagesse par l’inertie.

Que seraient les éditions Dupuis sans son héros sans emploi ?

Quand je dis glander je ne parle pas forcément de se gratter les couilles, vautré devant la télé à bouffer des « Granola », ce qui peut m’arriver.

Quand je dis glander, je pense à l’art de ne rien faire.

A cette capacité à être en bonne compagnie avec soi. A traînasser rêvasser, à faire des plans sur la comète en hamac.

A cette faculté à traîner, flâner, lambiner, à compter les secondes. A profiter des petits moments d’éternité qui s’égrènent. A vivre à l’écoute de soi, sans tripoter son I phone pour se fuir et s’occuper les doigts.

A être en attente mais de rien. En partance pour nulle part. A errer dans son propre no man’s land, son propre terrain vague. A ne pas vaquer, ne pas courir, à ne pas faire et défaire.

A s’ennuyer douillettement, à paresser sous la couette. A se laisser aller à la mélancolie des choses. A remettre au lendemain. A baguenauder, musarder, vadrouiller. A perdre son temps plutôt que le gagner tout en se foutant bien de le gérer.

A Revendiquer sa non rentabilité, sans rien revendiquer du tout que le luxe de se laisser vivre. A se suffire du contemplatif.

Il faut un vrai talent pour ne rien faire sans déprimer. Pour faire une œuvre de son désoeuvrement.

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Quand je dis glander, je ne pense pas forcément à l’oisiveté, mère de tous les vices, péché capital, mais à l’art de passer des heures à regarder les fourmis s’agiter, à ne pas se lever pour ne pas réveiller le chat sur ses genoux, à refaire le monde à la machine à café, à s’adonner à une activité sans souci de produire ou d’atteindre quelque objectif que ce soit, rationalisé.

Je pense à l’art de la gratuité.

A l’heure donc, où le capital incompétent et sans scrupules, tellement efficace qu’il nous refile sa dette pour mieux nous spéculer, considérons l’art de la glandouille comme une arme subversive, une forme de guérilla par le sabotage passif.

Glandeurs de tous pays unissons nous.

tgb

 

Lire : Eloge de l’oisiveté - Bertrand Russel, Le Droit à la paresse - Paul Lafargue

13:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (37)

14/11/2011

Le peuple, pas la populace

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Quand vient l'heure de l'adversité, tous deviennent courageux contre celui qui tombe. Lord Byron

Je n’ai jamais eu de goût pour le résistant de la 25ème heure.

Pour l’héroïque partisan de la tondeuse sur les femmes qui « couchèrent avec le boche ».

Pour les Charia Hebdo tout confort, forts avec les faibles, faibles avec les forts.

Pour la provoc du beurre, de l’argent du beurre et du cul de la moukère.

Je n’ai que dégoût pour les meutes haineuses qui conspuent l’homme à terre.

Pour les Franz Olivier Giesbert qui lèchent, lâchent et lynchent puis en font un bouquin.

Pour tous ceux qui hurlent avec les loups quand ça ne risque plus rien.

Pour les foules hargneuses, qui soulagent leurs rancoeurs sur l’homme seul.

La foule est un con.

Je n’en partage ni l’ivresse bestiale, ni l’hystérie de l’instinct.

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C’est pourquoi je ne prends aucun plaisir à voir partir Berlusconi sous les crachats.

D’autant que le peuple, si peuple il y a, n’y est pas pour grand chose, qu’il pourrait en avoir au moins cette conscience là, et que ce qui se profile pourrait bien être plus terrifiant encore.

Si je n’ai que mépris pour ce triste Silvio, ce clown fardé, ce pitre lifté, ce populiste pitoyable pour concierges, ce Bernard Tapie mafieux, je le renvoie volontiers à sa momie, tant même à terre, il conserve empire et pouvoir de nuisance.

S’il est un pire danger aujourd’hui, ce n’est pas le guignol congédié par les marchés qui part mais bien les techniciens du mécano bancaire recrutés par l’oligarchie, qui arrivent .

Car l’ennemi aujourd’hui n’est plus le démagogue vulgaire, le Mussolini à paillettes, le téléfasciste racoleur mais bien ce système clinique, autrement plus sournois et pernicieux, faits de bureaucrates interchangeables à la norme iso 9001.

Les ennemis aujourd’hui ce sont ces golden boys formatés, Draghi, Monti, Papademos, ces serviteurs dévoués, conçus in vitro dans le même Sachs, ces techniciens lisses et insipides du sale boulot et de la dissection des nations.

Je ne pensais pas qu’on serait tombé si bas, qu’un jour peut être, j’irais à regretter les marionnettes poujadistes, ces enfants de la télé, cabotins capricieux et incultes.

Car, au moins, avant l’arrivée des hommes machines du projet kafkaïen, avions nous à faire, dans toute leur médiocrité, leur veulerie et leur petitesse, à des humains encore.

Et il faut être bien con ou bien banquier, pour penser que des comptables surdiplômés sachent diriger adroitement et sans désastre les peuples.

Les administrer peut être

les gérer tout au plus,

avant le chaos.

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C’est donc bien quand les ennemis sont au faîte de leur gloire et de leur toute puissance qu’il faut mordre et cogner.

Si je n’ai guère de goût pour la basse vengeance, le défoulement des lâches, le lynchage de Kadhafi, j’ai de l’inclination pour la lutte finale et la revanche de classe.

Encore faudrait-il qu’au-delà des jets de quolibets et des manifs folkloriques, le peuple, s’il existe, ne s’abaisse pas au rang répugnant de populace.

On ne se grandit pas à humilier.

Qu’entre la masse statistique tout à l’adoration de ses idoles et la foule enivrée d’elle-même zappant son petit père des pipoles, le peuple se soulève pour mieux s’élever encore.

Quand viendra le jour, et il n’est pas si lointain, où notre paltoquet à nous aura le nez dans son fumier, je serai le premier à revendiquer pour sa dignité.

Ne serait-ce que pour bien montrer que le peuple, s’il existe, peut avoir autrement plus d’élégance et d’humanité que le dernier des ploutocrates.

tgb

15:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15)

 
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