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14/03/2012

L’enfer c’est les uns

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Sur 10 crimes commis, 9 le sont par un proche de la victime :

un conjoint, un ami, un collègue, un voisin…quelqu’un de familier , quelqu’un à qui il est inutile d’ouvrir la porte blindée, après avoir neutralisé le système de vidéo surveillance, puisqu’il est à priori déjà à l’intérieur.

On a donc peu de chance ou plutôt de malchance, d’être violé, agressé, spolié, détroussé par un inconnu, un étranger, un autre, à moins d’être au mauvais endroit au mauvais moment et d’avoir gagné au loto mais à l’envers.

C’est au sein même de la famille que la violence, 9 fois sur 10 surgit.

Violence conjugale, drames familiaux , incestes, crimes passionnels, jalousies, ressentiments, vengeances, carnages…

Particulièrement les soirs de noël, l’alcool aidant, nous dit-on !

Si l’on est trahi, cela ne peut être que par l’un des siens, vu qu’il est assez rare que l’on accorde sa confiance à quelqu’un de l’extérieur .

L’autre n’est donc pas forcément l’ennemi, (qui est sot, puisque comme le disait le regretté Desproges, il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui) et finalement en allant jusqu’à l’absurde, il ne pourrait le devenir qu’à partir du moment où il devient notre ami.

On ne tue bien que ceux qu’on aime.

Pourtant dans cette nauséeuse campagne électorale on compte sur les uns (et pour compter on compte) tout en dénonçant les autres, la faute de l’autre, le danger de l’autre, le risque de l’autre…

A cause de..

L’immigré, le musulman, le chinois, le grec, l’allemand, le sans papier, le chômeur, l’assisté, l’improductif, le pauvre, voire même le riche. Comme si être riche ou pauvre était une identité. Il y a toutes sortes de riches et toutes sortes de pauvres et bien des manières honorables ou pas de dépenser son argent ou de ne pas en gagner. Le problème n’étant pas le statut de riche mais le partage et la redistribution. Le problème n’étant pas le statut de pauvre mais les conditions de l’évolution sociale.

Le syndrome fort Alamo, c’est concevoir son espace (Schengen par exemple) en vue de se prémunir des autres. Sauf qu’à s’enfermer comme ça, se refermer sur soi, c’est précisément prendre le risque en crevant de peur que le danger vienne de l’intérieur, jusqu’à cet ironique fait divers où l’on retrouva un riche propriétaire mort dans sa ‘panic room’ inviolable.

Comme ces gens de ma propre famille (que je ne fréquente pas rassurez-vous) possédant une maison de vacances avec une vue superbe et imprenable et s’étant privé volontairement de balcon et de terrasse par peur du cambriolage.( fallait y penser). Et pourquoi pas comme le propose ce crétin de Klarsfeld, au sujet de la maison Europe, mettre des barbelés autour et des miradors.

Etrange tournure d’esprit du pavillonnaire que de se priver pour toujours d’un plaisir quotidien à cause d’un déplaisir éventuel.

Un peu comme s’empêcher de vivre de peur de mourir.

A vivre reclus entre soi, à se réduire en se barricadant, à opter pour l’enfermement, à établir des camps retranchés, des bunkers, c’est choisir volontairement de s’asphyxier, de se bouffer de l’intérieur, jusqu’au pétage de plombs de l’heureux proprio, versus de Ligonnès, quand le père dépressif en instance de divorce, dézingue méthodiquement la famille entière.

Nous sommes sans doute notre propre ennemi intérieur, et la plaie et le couteau et la victime et le bourreau, tant on n’est jamais aussi bien asservi que par soi-même.

C’est bien pourquoi plutôt que de faire contre les autres, il serait sans doute plus enthousiasmant d’avoir pour projet de faire avec.

Les uns avec les autres, ensemble.

Je préfère une vue sur la mer, plutôt que sur un coffre-fort.

tgb

16:27 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

09/03/2012

Chez Modeste et Pompon

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C’est donc dans une de ces familles modestes, gens du peuple, gens de peu, que RUE AFFRE, n’hésitant pas à aller sur le terrain de la vraie vie des vrais gens de la vraie France profonde d’en bas, a décidé de poser dans la noble gadoue populaire, ses bottines Louboutin toutes crottées.

Rencontre donc à la bonne franquette, avec une famille de beaufs citoyens ordinaires, plein de bons sens et de Jean-Pierre Pernaut, donnant enfin la parole à cette majorité silencieuse, menant ce laborieux combat quotidien des braves et honnêtes Français qui se lèvent tôt, tout en refusant dignement de vivre par facilité aux crochets de l’état providence.

C’est dans la cuisine même d’un petit pavillon de banlieue, au confort simple à la déco rudimentaire que nous avons échangé à bâtons rompus avec la famille S. et quelques amis réunis, autour d’un pack de Kro achetés pour l’occasion à Leader Price. Un luxe pour ces gens- là, aussi modestes que géniaux généreux.

Nous avons volontairement changé les prénoms par discrétion :

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Rue-Affre – Pour vous, citoyens méritants et exemplaires, la vie est devenue de plus en plus difficile, à quoi attribuez vous cette dégradation du pouvoir d’achat ?

Robert S. – C’est quand même un peu la faute de la crise halal des 35 heures et des islamistes drogués de Tarnac, parce qu’avant tous ces chômeurs immigrés en burqa, y’avait du boulot. On peut dire c’qu’on veut , j’suis pas raciste mais...(il boit une lichette de Kro)

Monica S. - et pis faut dire, c’est pas pour dire du mal, mais c’est aussi la faute à cette salope d’ex de mon mari qui lui suce tout son pognon en pension alimentaire qu’elle change de 'twingo' tous les six mois…

Robert S. (entre deux Kro) -…Ouais mais bon maintenant j’ai une famille…et pis quand même mon fils à eu son CAP en droit…

Jean-Pierre C. – Moi j’dis que si on avait viré tous ces feignants de profs gauchistes, de fonctionnaires socialos, tous ces déchets, ces cloportes, la France elle irait mieux, que non seulement ces minables ça fout rien mais qu’en plus c’est tout syndiqué et compagnie…(il empoigne une cannette)

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Robert S. - bah quand y’a une grève y’a plus personne qui s’en aperçoit…(tout en décapsulant une Kro)

Rue-Affre – parce que vous faites quoi dans la vie Jean-Pierre ?

Jean-Pierre C. – ah ben moi j’suis fonctionnaire, mais attention moi c’est pas pareil, moi j’bosse, faudrait pas confondre avec tous ces assistés qu’on a depuis Mitt'rrand. Tenez prenez ma belle sœur, elle est bientôt au chômage mais…(le chien se met à aboyer)… couché Brice…

Martine M. (après s’être envoyé une cannette cul sec) - bah ouais quoi, moi j’étais dans l’usine à poissons que ça va bientôt fermer rapport aux Roms polygames à qui qu’on a donné la r’traite à 60 ans qu’ça a fait monter la dette à nos enfants…

Michel F – qu’on t’as retiré, rapport à la picole hein… ta gueule le chien !!! (qui jappe toujours)

Martine M. - oui ben alors là, j’en connais qui f’rait bien d’la mettre en veilleuse, parce que si on épluche les comptes de ton garage au Mans le fisc y pourrait avoir des surprises… (elle lui arrache sa cannette)

Michel F – ça veut dire quoi ça, s'pèce de morue…(en lui reprenant la Kro)

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Jean-Pierre C. (coupant court) - n’empêche que la Martine, elle a un projet dans la coiffure pour chien, pas vrai Brice (il interpelle le chien qui se remet à japper) elle est pas comme toute cette racaille de fraudeurs des allocs…rien que les bougnoules d’la maison d’à côté…(il repose sa Kro)

Eric B. – que t’as dénoncé par lettre anonyme d’ailleurs…(entre deux gorgées de Kro)

Jean-Pierre C. – j’ai fait que mon devoir… parce que si tout l’monde laisse faire…(il menace de sa cannette)

Annick B. – une tradition familiale quand même…( entre deux rots de Kro)

Jean-Pierre C. … pour me faire la leçon faudrait que toi et ton fils fassent pas des magouilles avec la sécu…ta gueule le chien (qui commence à hurler)

Rue-Affre - …c’est sympa chez vous…bon enfant, sans chichis…

Robert S. – hé ho les larbins faudrait voir à causer correct sous mon toit…parce que si y’en a que ça les démange… ma baraque (coup de pied dans le ventre du clébard) tu l'aimes ou tu la quittes… m’étonne pas qu’avec une bande de connards comme vous, que je s’rai pas réélu à la présidence de l’amicale bouliste…

Monica S. – surtout que tu vas y laisser ta santé chouchou tellement que tu donnes tout…(en suçotant du bout des lèvres sa Kro)

Brice le chien hurle à la mort, la tension monte, les cadavres de cannetes s’amoncellent

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Jean-Pierre C. (décapsulant sa 3ème cannette avec les dents) – y tape surtout beaucoup dans la caisse…le chouchou hongrois…y va la fermer, ce putain de clebs à la con…

Annick B. – c’est pas comme toi qui tape sur tes gosses…(en sortant une cannette du pack)

Eric B. – quand il est pas à la piscine à se taper la femme du Libanais…(en posant sa cannette)

Michel F.(mort de rire en éclusant une 6ème cannette)

Martine M. – toi le mécano ta gueule… (cannette qui vole et explose évité de justesse par Michel F )

Robert S. (titubant renversant soudain la table) – vous commencez tous à me faire chier bande de parasites à la con…que j’écoute mais que je tiens pas compte…enfin si...mais...

Monica S. - t’énerves pas chouchou…que tu vas me réveiller Pamela…

Martine M. – ho toi la ritale que y’a que le tgv qui t'ai pas passé dessus…(en vidant sa 7éme Kro)…

Baffe qui part à gauche, coup de poing qui part à droite, chien qui hurle à la mort, cannetes qui volent, mêlée et confusion générale, cris, insultes, bruits de verres…

Rue Affre range prudemment son Nagra, puis se retire pudiquement, laissant cette charmante famille modèle de la France moyenne et modeste à son rituel apéro en toute convivialité.

Dehors il fait un froid de gueux, je file à la brasserie populaire du Fouquet’s m’en jeter un.

tgb

 photo trouvée sur le blog de Vincent Feltesse

17:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

07/03/2012

Du renvoi d’ascenseur pas tellement social à la pensée consanguine

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Comme tous les matins, je me réveille sur les bruissements plus ou moins pertinents, mais au moins pollués ni par les pubs ni par les jingles débilitants, de France Culture.

Ce matin-là donc, entre deux somnolences, comme les bribes arrachées au ronron récurrent du discours hégémoniquement plat d’une de ces préposées à la pensée sous vide :

Etat providence…Melenchon populiste….capitalisme sans alternative… blablabla blablabla…

qui me prolongent un temps le roupillon.

M’extirpant enfin de ma torpeur, entre deux lampées de thé/café en alternance et juste avant la première taffe salvatrice, je m’intéresse vaguement à la question :

Qui est cette dame aux fadaises ordinaires ?

Que fait-elle dans la vie entre deux vacuités mentales ?

De quel droit se permet-elle de s’étaler médiocrement sur mes tartines ?

Dominique Schnapper donc.

Connais pas.

Je dégaine illico mon Wikipédia.

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Sorte de sociologue directeur d’études, fille de Raymond Aron d’accord, légion d’honneur tout ça, ex membre éminent, du conseil constitutionnel, toujours membre du conseil scientifique (sic) de la Fondapol (Fondation pour l'innovation politique contribuant au pluralisme de la pensée (unique) et au renouvellement du débat public (sans alternative) ;

Bref, une succursale du Medef et de l’Ump réunis, saloperie autrement baptisée dans le sabir péteux à la mords moi TINA : THINK TANK.

CV aux petits oignons donc, de la petite sœur des riches à la pensée fauteuil club.

Cerise sur le gâteau : Dominique Schnapper préside le jury du livre politique de l’année.

Et c’est là que ça fait tilt et qu’on se dit que, décidément le monde est petit et le réseau est grand :

Lauréat 2012 du livre politique de l’année : Dominique Reynié, ergoteur officieux du catéchisme ambiant, abonné de plateau télé sous cellophane et accessoirement, directeur général de la Fondapol, (tiens tiens) pour son opus pas-la-peine « Populismes, la pente fatale ».

De ce genre de populisme qu’il voit partout dès que ça sort du cadre et nulle part dès que ça reste entre nous, sauce Guéant.

Coïncidence ? je ne crois pas.

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Bon, c’est pas que c’est plus important que ça qu’un membre lambda de la Fondapol, paravent pudique de la haute direction, récompense gentiment son patron, c’est même une attention touchante et délicate, c’est juste que c’est une parfaite illustration de l’état de connivence en France, des menus conflits d’intérêts et autre petits arrangements entre soi.

De ces petites combines quotidiennes à renvois d’ascenseur pas tellement social, de ce carnet d’adresse qui sert de talent au plagiat, de ce fin maillage à l’envers à l’endroit qui tricote avantageusement le tissu soyeux de notre intelligentsia à la pensée foutrement consanguine.

Je te cite tu m’invites

Je te suce tu m’honores.

On tire sur un fil et toute la pelote vient.

De cet accélérateur de carrière dans le sens du vent, dans la mesure où ni ça dérange ni ça se voit de trop et qui verrouille sournoisement la marmite merdiatique avec de petits morceaux d’expertise dedans.

Au monument du subtil ralliement – Val et Fourest reconnaissants.

Oui, rien de bien méchant, juste un exemple parmi d’autre du conformisme gnangnan, de la doxa qui va de soi dans la consensuelle anesthésie collabo qui finit franchement et à la longue par sentir le renfermé, si ce n’est pas des pieds.

tgb

14:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

05/03/2012

La boucherie sociale

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- Et pour la p’tite dame ça sera ?

qu’il dit le Claude, boucher traiteur et gras du bide à l’intérieur, un tonfa sur l’oreille, le tablier blanc maculé de gros rouge qui tâche, derrière le comptoir de la boucherie sociale.

Et qu’il te désosse le Mr Claude, à la feuille effilée du stagiaire attendri, de l’agneau de printemps au temps de cervelle disponible élevé sous la mère, du mouton grégaire bien de chez nous, tandis que la Ginette, sa dame à la caisse, le genre Morano boudinée en moins vulgaire quand même, taille une bavette distinguée avec la clientèle :

- et que les français sont des veaux…

- et que l’amour est dans le pré…

- et que du jambon d’accord mais surtout pas de Bayonne.

Rapport au retour précipité du gérant d’la boutique, qui faillit y laisser sa queue et ses oreilles.

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Et qu’est ce que je lui mets à la bourgeoise ?

qu’il dit le Claude ensanglanté, un hachoir à la main, un tantinet sournois derrière ses fines lunettes cerclées d’intello rôtisseur :

- du steak d’immigré sans papiers expédié par charter ?

- du feignant de chômeur assisté, élevé en batterie ?

- du pâté de salarié tout juste défenestré ?

- de la bidoche de pauvre avec label RSA ?

Mr Claude c’est l’employé modèle de la Boucherie Européenne Libre et Franchisée. Un de ces serviteurs zélés qui aime à accrocher sur des crocs de boucher, les carcasses des ennemis de classe et de l’intérieur.

Et qu’il te découpe les corps intermédiaires, et qu’il te débite de la bidoche de pauvre, te tranche de la tête de turc, te charcute du bouc émissaire frais ou faisandé, te dissèque de la viande de travailleur dans son jus de sueur, te clive de la barbaque sociale à coups de hache, te gratte au couteau l’os de cochon d’prolo jusqu’au dernier gras.

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Chez Sarkotes de porc et fils, succursale de la chaîne alimentaire néo conservée des charcuteries Merkel et compagnie de chez saucisses and Frankfort.

Le nec plus ultra de la chair à marchés pour banquiers adipeux. (en voie de liquidation)

Et pour la p’tite dame ça sera ?

qu’il dit le Claude couperosé, en s’essuyant les mains poisseuses sur son tablier sale dans une insistante odeur de graillon nazillon :

- de la dinde génétiquement modifiée ? (un peu comme la patronne épidermiquement de gauche, de droite jusqu’à la moelle)

- de la bouillie de terroriste islamique Afghan, explosé du jour avec de juteux morceaux de soldats français dedans ?

- du gigot d’UMP avec de la grosse ficelle autour, spécialité de la maison ?

- du halal, du casher, de la bio à fumer, de l’abattage rituel, de l’égorgé vivant dans des baignoires de banlieue certifiées avec choc de civilisation ?

- de la viande à Bardot, vieille carne désincarnée avec étourdissement ?

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- je suis végétarienne !!! qu’elle lui dit la p’tite dame, en tournant les talons, venant de se convertir illico au vert, après tant de salades.

tgb

sinon, à par ça le nouveau Fakir est à lire

15:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

 
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