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12/12/2011

Sommes nous devenus plus cons que des rats ?

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Des expériences menées à l'université de Chicago par l'équipe de Jean Decety, publiées dans la revue Science ont montré, que des rats avaient ingénieusement libérés un autre rat, sans aucune récompense à la clef. Mieux encore, ces mêmes rats (les femelles particulièrement) choisissaient de libérer leur congénère plutôt que de se consacrer à ouvrir une boîte contenant du chocolat, préférant partager le contenu plus tard, plutôt que de s’en accaparer le profit immédiat.

Leur motivation première ? une étonnante empathie.

Face à un problème donné, dans ce cas la détresse d’un autre membre de l’espèce, il est démontré que la réponse des rats n’est pas individuelle mais avant tout sociale. C’est en faisant passer d’une manière altruiste, leur intérêt personnel après l’intérêt général, par le partage et la collaboration, qu’ils résolvent les difficultés, ne considérant pas l’assistanat comme une tare mais comme une valeur protégeant le groupe.

Un plébiscite pour 'l’état providence'.

Cette singulière observation nous permet d’en déduire que, non seulement le sentiment d’empathie n’est pas un caractère réservé à l'homme, mais qu’en ces temps obscurs de compétitivité exacerbée entre les individus, de concurrence libre et non faussée entre les peuples, Nicolas Baverez est bien plus con qu’un rat.

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Car si chez les rats visiblement, l’on fait plus confiance à l’intelligence collective qu’aux bas instincts individuels pour perpétuer la race, chez les zélotes de Milton Friedman au contraire seuls, l’égoïsme, l’accumulation des richesses et le profit immédiat contribuent à « une mondialisation heureuse », illustrée par ce simple et lumineux axiome :

« c’est en sacrifiant l’espèce humaine et la planète que nous travaillerons à la survie des marchés ».

Si, chez le rat pestiféré, le mot d’ordre semble être « aidons nous les uns les autres » et chez l’expert néolibéral, « exploitons nous de concert », cela nous permet logiquement d’en déduire qu’à l’heure actuelle, la société des rongeurs paraît nettement plus civilisée que la nôtre.

Je vous ferai donc grâce pour valider cette audacieuse hypothèse d’enfermer Alain Minc dans un labyrinthe, l’obligeant à choisir entre ses stocks options et la redistribution des gains de productivité. L’observation de son comportement serait superflue puisque nous savons depuis longtemps que ce spécimen plagieur dont l’argument essentiel consiste en « tout le monde sait que » considère les pertes comme publiques et les bénéfices comme privés.

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Ainsi pour conclure cette brillante analyse et répondre à la question initiale nous suffit-il de relire cette magistrale citation de Pierre-André Taguieff

« le néo-libéralisme est la dernière appellation du diable chez les « démagogues néo-gauchistes° ».

Sommes-nous devenus plus cons que des rats ?

S’il est toujours dangereux de généraliser, il n’est sans doute pas hasardeux d'affrimer que Pierre-André Taguieff, OUI !!!

 

tgb

 

°le nouveau Fakir vient de sortir !

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14:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (17)

08/12/2011

La dette immonde (recette et ingrédients)

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Vu que le sommet 'de la dernière chance' vient de commencer aujourd’hui même, nous pouvons en déduire que le précédent 'sommet de la dernière chance', lors de la précédente ‘semaine de tous les dangers’ était en fait l’avant dernier sommet de l’avant dernière chance.

Partant de ce constat, si, amis blogueurs, journalistes, plumitifs, éditocrates distingués, le re re re sauvetage du monde par le couple ‘Merkozy’ finit par vous refiler quelques boutons rhétoriques quant à la rédaction fastidieuse de vos billets, RUE AFFRE, toujours prompt à vous faciliter la tâche, vous propose un prêt à écrire, faits de souverains poncifs et d’idiomes du village en vue des innombrables ‘sommets de la dernière chance’ qui ne manqueront pas de se succéder.

Recette et ingrédients :

Dés l’introduction prenez soin de glisser l’élément de langage incontournable ‘rassurer les marchés’ autour duquel s’articulera votre note. N’hésitez pas à le réitérer autant de fois que possible, en le reprenant sous forme d’insistance récapitulative en conclusion.

Afin d’installer la dramatisation, émaillez votre article de locutions telles que : ‘climat délétère’ ‘placement sous surveillance négative’  ‘risque systémique’  ‘éclatement de l’euro’  ‘heures cruciales’  ‘contagion’ au choix.

Devront figurer obligatoirement les termes : ‘homologues’ ou ‘partenaires’, ‘gouvernance’ ou ‘pilotage’, les occurrences, ‘convergences’, ‘divergences’,  ‘crédibilité’, la notion de ‘révision des traités’ qui vous posera un peu là.

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Soulignez bien que le rendez-vous est ‘DECISIF’

Insistez sur le fait ‘qu’il n’y a pas 'd’ALTERNATIVE’

Martelez que ‘le monde a les yeux tournés vers l’Europe’

Glissez au passage les marqueurs discursifs indispensables tels que ‘manque de compétitivité’  ‘politique laxiste’ ’35 heures’ ’état providence’ sans lesquels aucun papier digne de ce nom ne pourrait être tout à fait conforme.

N’omettez pas d’opposer ‘l’intransigeance allemande’, éventuellement anglaise selon les cas, au ‘pragmatisme Français’, dans la recherche d’un ‘compromis historique’.

Plutôt que d’user et abuser négligemment des vocables ‘zone euro’ privilégiez le néologisme ‘eurozone’qui renforçera avantageusement votre expertise.

Soyez attentif au fait que les ‘dettes’ sont ‘publiques’ les ‘états laxistes’ les ‘réformes structurelles’ les ‘sanctions financières’ et la ‘discipline’ forcément ‘budgétaire’. Quant à la ‘solution’ il va de soi qu’elle se doit d’être ‘durable’.

Faites l’économie de redites inutiles en jouant sur les mots, comme par exemple : ‘si la pression est montée d’un cran, la note triple A pourrait être dégradé de deux.’

Cela fait toujours son effet.

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Prenez soin en termes de figures imposées, d’associer ‘plan’ à ‘rigueur’, ‘cure’ à ‘austérité’, ‘pacte de’ à ‘stabilité’.

Enfin disséminez de ci de là, quelques figures argumentaires imagées telles que ‘spirale inflationniste’ ‘marche forcée’,’règle d’or’, ‘au cœur de la crise’.

Exemple :

Si la ‘règle d’or’ n’était pas appliquée à ‘’marche forcée’ il est à craindre ‘qu’au ‘cœur de la crise’ ressurgisse ‘la spirale inflationniste’.

Pour conclure, prenez soin de glisser la notion de ‘restauration de la confiance’, sans toutefois l’accoler directement à l’expression ‘dîner de travail’ qui pourrait dissimuler malencontreusement une ironie facile.

Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas invité que vous pouvez vous autoriser à mettre vos coudes sur la table.

Non mais !

tgb -

Merci à Jean-Michel Aphatie, Christophe Barbier, Nicolas Baverez pour leurs matériaux sémantiques irremplaçables.

-Le titre « La dette immonde » est emprunté à D.A

14:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

05/12/2011

Le Plan B polonais (2)

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Ainsi donc, on nous aurait menti : Il y avait un plan B.

Pourtant en 2005 quand on nous fit un méga super beau traité de Lisbonne que mieux y’avait pas, on nous expliquât dûment, que d’alternative point.

Que tout y était nickel chromé, gravé dans le marbre ; le bonheur bruxellois, le nirvana libéral, la béatitude communautaire, la prospérité made in Europe et qu’il n’y avait rien d’autre en rayon.

Circulez rien à voir.

Vous aurez noté que chez ces gens-là, la non-alternative est un postulat de départ autant que d’arrivée d’une totale constance.

Faut dire qu’ayant une idée par siècle, sont pas du genre à gâcher.

Bref, ce foutu traité totalement génial que mieux y’avait pas et que si t’étais pas foutu de piger ça c’était que t’étais con ou que t’étais con, était à prendre et à pas laisser ou sinon c’était la fin du monde ou Armageddon.

Là, quand même, t’avais un peu le choix.

Devant l’insistance subtile de Philippe Val, oui ou la mort, de Jean-Marie Colombani, oui ou l’apocalypse, de François Hollande, oui ou la guerre atomique, et de tout ce que la France comptait d’intelligence concentrée, oui ou l’invasion de sauterelles, le peuple méchamment impressionné envoya la constitution se faire foutre le 29 mai 2005 à près de 55%.

Serge July en fit une dépression.

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Oh bourrins que nous étions, nous miasmes populaires, de n’avoir point perçu la perfection de la chose et que nos zélites conscientisées quoique abasourdies de tant d’ingratitude s’empressèrent de réparer à Versailles le 4 février 2008 avec la jaune complicité des socialistes toujours prompts à voler au secours de la démocratie dans les heures sombres de notre histoire (Pétain, Algérie française toussa…) pour faire notre bonheur malgré nous.

Respect côté abnégation.

C’est ainsi que ce jour-là on nous fit bien comprendre qu’à partir de maintenant et de tout de suite, la démocratie consisterait à avoir le choix entre le oui ou le oui dans la mesure ou le non était exclu.

Les Hollandais, les Irlandais et Papandréou exécuté sur le champ, purent en témoigner.

Pour la suite, éventuellement on nous conservait toute latitude pour trancher entre François Sarkozy et Nicolas Hollande dans la mesure ou Goldman Sachs n’avait personne d’autre de disponible dans l’immédiat.

Or voilà qu’apparemment, et pour en revenir à notre constitution, bien que ce traité fût parfait, il pouvait être plus que parfait encore.

En pire il va de soi.

Et c’est ainsi que le couple le plus sexy de l’année, Merkozy et Sarkel, tout à leur révision face au Grand Marché, nous inventèrent le traité lavant plus blanc que blanc, avouant sans le dire (affaire de modestie sûrement) que le traité était tellement parfait qu’il restait perfectible.

Rassurez vous, on vous demandera pas votre avis.

C’est donc naturellement que nous attendons confiants et divertis les prochains plans C, D, E…

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Au plan Z, nous empaillerons Giscard pour faire rire Van Rompuy.

On a les plaisirs qu’on peut.

 

tgb

18:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12)

02/12/2011

Lafrançapeur

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Jean-Claude B. avait 65 ans. Il est mort lundi, à 17 h 50, sur le trottoir devant son immeuble de la rue Capitaine-Lelièvre, dans le quartier de Kergoat, à Brest.

Il arrivait à Jean-Claude B. de crier la nuit, d’être négligé, de parler aux enfants du quartier, de porter des claquettes.

Et ça ne se fait pas.

Quelques minutes plus tôt, trois policiers l’avaient interpellé dans le hall, au milieu d’une foule en furie qui le cernait. Des femmes criaient. Des enfants pleuraient. Le commissariat avait reçu un appel à 16 h 40 : « On a repéré un pervers sexuel qui tourne autour de l’école. On l’a poursuivi. On l’a bloqué dans le hall. Venez vite ! »

Les policiers étaient venus vite, avaient extrait Jean- Claude B. de la foule, l’avaient menotté. Dans le fourgon, le retraité avait fait un malaise cardiaque puis était mort.

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Jean-Claude B. ancien ouvrier de l’Arsenal, mis sous curatelle avait, circonstance aggravante, le vendredi 18 novembre, pris par la main une fillette de 3 ans qui s’était perdue et l’avait ramenée à l’école, en claquettes.

Et ça c’est louche.

D’après les braves gens : - Jean-Claude B avait l’air suspect - n’était pas net - regardait les enfants bizarrement - avait un drôle de comportement - m’obligeait à cacher ma fille derrière moi - était là tous les soirs - s'appuyait contre un poteau pour manger un yaourt - et portait des claquettes…-

Et ça c’est grave.

D’après la voisine - Jean-Claude B. n était pas méchant – était différent - un peu frustre - parlait peu - mal - savait pas se défendre - était insulté par les gamins - a eu peur de la police - ne méritait pas ça -

- Et ça c’est triste.

D’après le commissaire - Pas d’antécédent judiciaire - malheureux concours de circonstance - climat sécuritaire - interprétation erronée d’un comportement par des parents de bonne foi - Aucune suite pénale -

Et ça c’est con.

D’après le journal - Un homme, soupçonné par la rumeur d'être un "pervers sexuel", est mort d'une crise cardiaque hier soir à Brest peu après son interpellation par la police qui croyait intervenir en flagrant délit d'enlèvement d'une fillette, a-t-on appris aujourd'hui de source policière. -

Et ça c’est moche.

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« Il est mort, Je pense que c’est un mal pour un bien » déclara une mère de famille soulagée, avant de rentrer chez elle, regarder le journal télévisé en claquettes.

Et ça c’est la France.

tgb

17:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (36)

 
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