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12/12/2017

Souchiennes, Souchiens…

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Ceux qui aiment marcher en rang sur la même musique n'ont pas besoin de cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement- Einstein

C’est une affaire entendue on a tous en nous quelque chose de Johnny. On n’a pas traversé 50 ans de vie française sans être imprégné de johnnisme made in yéyé.

Si l’instinct est l’intelligence des pauvres, alors le Jean-Philippe avait sacrément un gros QI du blair pour renifler l’ambiance et se tracer la route. Arrivant à incarner le pire et le meilleur du bon franglais bien de chez nous.

Passer d’enfant de la balle à monument institutionnel n’est pas donné à tout le monde mais,

cet unanimisme hystérique d’émotion collective obligatoire, cette injonction effroyable à être Johnny et à rejoindre le cortège grégaire a quelque chose de salement totalitaire et de bien flippant.

Etre Johnny, c’est participer à la grande messe lacrymale, communier nationalement et verser sa goutte au pot commun. C’est se rendre invisible dans la foule, non suspect aux yeux des fabricateurs de consensus, intégré à la famille.

A pleuré comme à voté !

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Etre Johnny c’est comme être Charlie, être invité à la table de l’unité nationale et malheur à l’hérétique, déjà les bonnes consciences alignées toutes à remplir de vide la tête des riens, de préparer le bûcher de l’inquisition :

« C’est justement ceux qui ne sont pas "Charlie" qu’il faut repérer…ce sont eux que nous devons traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale… » Nathalie de Saint Cricq experte en conformation et en Emmanuel nous voilà !

Jean-Luc Mélenchon, luttant contre la destruction de nos conquis sociaux tenta à l’automne de mobiliser un million de manifestants sur les champs Elysées. Ce fut un fiasco. C’est étrangement l’idole des jeunes devenus vieux qui naquit dans la rue et finit dans un paradis fiscal qui réalisa (plus ou moins) cette performance et donc indirectement dans la captation et l’instrumentalisation de l’évènement, Emmanuel Macron.

Macron entre deux opérations de marketing funéraires - celle de la France d’en haut avec J’endors Messon, celle de la France d’en bas, avec Johnny Vacances.

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Il y a quelque chose de totalement désespérant à ce constat qui pourrait pousser à la résignation et à la définitive démotivation. Quand on a l’ambition de représenter le peuple (mais le peuple existe-il ? ) et que ce peuple met plus d’énergie à enterrer son héros (héraut ?) plutôt qu’à empêcher l’enterrement du code du travail, on ne peut pas se contenter de dénoncer le panem circences où de l’envoyer se faire Jean-Philippe Smet ailleurs.

Il y a là quelque chose de l’ordre de l’interpellation qui oblige à l’exigence et à la modestie.

Au moins le peuple de Johnny existe-il lui puisque dans la tentative de récupération de Macron, lui fait-il savoir d’entrée par des huées qu’il est venu rendre hommage à la star et pas à la groupie opportuniste.

Ce que la censure de l’ORTF gommera fort consciencieusement au montage.

mais bon…

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Avec Johnny c’est un peu Victor Hugo et Ambroise Croizat qu’on enterre une seconde fois. Ambroise Croizat et ses conquis sociaux inhumés à la sauvette. Victor Hugo et sa légende des siècles passé à la moulinette de la variétoche.

Que Victor revienne triomphant de son exil politique de l’île de Jersey, que l’autre finisse en exil fiscal dans l’île de St Barth, je ne suis même pas sûr qu’il faille y voir une allégorie.

Juste un triste constat de notre vulgarité.

tgb

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10:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

07/12/2017

L’homme est un homme pour l’homme (et ce n’est pas un compliment)

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(dans l’injonction compassionnelle à verser au pot national ma larme d’hommage "je suis Johnny" permettez moi de parler d’autre chose).

trouvé sur twitter :

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meute de loups : les premiers sont les plus vieux ou blessés. suivent les plus vaillants, les autres et seul, derrière, le mâle dominant qui surveille. La meute marche à la vitesse des plus faibles ! alors là ! le premier de cordée est le dernier ? aie ! c'est pas du macronisme !  Etienne Liébig

Si l’homme est un loup pour l’homme, le loup n’est pas un loup pour le loup. Constater à quel point il y a plus de solidarité chez les animaux que chez les êtres humains, c’est admettre qu’entre toutes les espèces en voie de disparition, l’espèce de con, dans sa triste vanité, est le plus terrifiant des prédateurs, son propre prédateur.

Ainsi oui nous, animaux civilisés serions plus régressifs que quelque animal sauvage que ce soit et prêt à décimer l’humanité par simple intérêt particulier ou désir immédiat.

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Dans la cruauté amorale de la nature et des cycles de la vie, si l’animal a pour obsession la survie de sa propre espèce, si le chef de meute, le mâle dominant a pour fonction de se reproduire et ainsi de pérenniser sa race, l’homme lui est prêt à tout sacrifier à ses pulsions personnelles et pour dire les choses simplement, à sa cupidité, quitte à décimer son environnement, à génocider sa famille.

Le " Chacun est seul responsable de tous. " de St Exupéry se transformant en un « que chacun se démerde et la merde pour tous ».

Dans son délire d’accumulation et d’idéal milliardaire, le macronien compétitif par exemple, le libéral libertaire au darwinisme mortifère, chacun contre chacun et tous contre tous, met toute son intelligence et toute son énergie à spéculer à son seul profit au détriment de tous les autres.

Si lui à court terme y gagne, sur le plus ou moins moyen terme tout le monde y perd, lui itou, son moi d’abord et après moi le déluge ruisselant, pour tout habillage idéologique.

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Par un étrange effet pervers de son évolution, l’homme-capital oubliant sa part d’animalité finit par y laisser sa dose d’ humanité pour mieux retourner à la pire des bestialités.

Oui, si l’homme est de moins en moins animal, il est de façon consternante de plus en plus bête.

Alors si nous ne sommes même plus dignes d’être des loups, même plus assez respectueux pour être des corbeaux, même plus assez coopératifs pour être des blaireaux, ne sommes nous devenus rien d’autre que des « chiens » dans la chiennerie d’un capitalisme autodestructeur et cannibale.

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Et peut-être bien alors que « Si le chien est le plus méprisé des animaux, c'est que l'homme se connaît trop bien pour pouvoir apprécier un compagnon qui lui est si fidèle. » Cioran

tgb

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11:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

01/12/2017

De l’influence météorologique sur nos révolutions

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 A l’heure des préoccupations climatiques, on ne dira jamais assez combien la météo en nos contrées tempérées a de l’incidence sur les processus insurrectionnels.

En effet, si en Russie les bolcheviks, des gens sérieux, rudes et robustes, un poil cryophiles voire thermophobes n’hésitent pas à faire une première révolution avortée en 1905 en plein mois de janvier, et janvier chez les soviets c’est pas les deux jolis flocons de neige tombés hier sur Paris, s’ils remettent ça en février puis en octobre 17, il y a tout juste un siècle, pour finir par prendre le Palais d’Hiver (d’HIVER) en novembre, chez nous, en notre pays attiédi et frileux nous préférons nettement barricader à la belle saison.

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Les temps chauds étant assez propices à la prise de l’apero et de la bastille tout en même temps et à la subversion bronzée en Marcel.

Il n’est évidemment pas anodin que notre grande révolution de 89 (ainsi que celle de 1830) se déclenche en juillet, que la Commune de paris se consume au printemps 1871, quant au monôme estudiantin de 68, qu’il se la pète en mai entre deux cocktails germanopratins et molotov.

En cette saison pré hivernale, accablée, résignée, anesthésiée, il n’est pas surprenant que l’insurrection ne vienne pas même en bottines fourrées, et qu’elle attende un certain confort climatisé pour exprimer sa grosse colère.

Il n’est pas de contestation en France dans les frimas d’automne, à moins d’un été indien particulièrement relevé, pas plus que d’émeutes populaires dans les froidures d’hiver et d’ailleurs Jean Claude Mailly tout emmitouflé de nous le confirmer - Le lancer de pavés avec moufles est un handicap certain - tandis que Laurent Berger tout frigorifié de surenchérir : - c’est pas parce qu’on a 9 millions de pauvres et trente mille enfants qui dorment dans la rue qu’on est obligé de se les geler par solidarité ; on n’est pas l’abbé Pierre. -

En ce pays tiède où la frilosité gagne, on a le syndicalisme estival et douillet.

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Oui il faut bien l’admettre, le degré de motivation contestataire est largement lié aux degrés du thermomètre et que même en Damart ou en polaire, acquis opportunément à la saison des soldes, la pluie le vent le froid la neige restent contre-révolutionnaires.

Donc en ce pays qui se soulève tôt mais pas trop quand même, faut pas compter sur un mouvement général avant le printemps et, manque de pot, comme cette année nous commémorerons la bamboula soixante-huitarde avec le mr météo du macronisme révolutionnaire, l’espèce de Cohn (Bendit), il est probable que la prochaine révolution prolétarienne soit remise à une date ultérieure.

D’autant que la mort probable de l’icône chaleureusement  nationale Hallyday, amène à congeler un certain temps toute tentative d’insubordination à parler d’autre chose.

Bref résumons.

En France pas de révolution (même en tongs) à la rentrée. A la rentrée on rentre. Rien de possible en automne pas plus qu’en hiver. Pour cette année au printemps nous déposerons une gerbe sur la non tombe du soixante-huitard inconnu, dans la célébration reconstituée de ceux qui en firent carrière.

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Par l’effet pervers des congés payés nous pouvons d’entrée renoncer à l’embrasement populaire dans l’été. (plage, tour de France, barbecue…).

Vu le temps qu’il fait, vu le temps qui reste, par constat, aucun créneau disponible dans l’agenda révolutionnaire à venir.

Un espoir toutefois : le réchauffement climatique.

Avec la montée des températures on peut entrevoir de nouvelles perspectives.

Je vous encourage donc toutes et tous à consommer, polluer, aggraver notre empreinte carbone. Le CO2 est désormais l’allié des révolutionnaires.

Comme quoi dans le macronisme ambiant,

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y’ a pas que des mauvaises nouvelles.



tgb

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14:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14)

27/11/2017

Cette connerie disruptive

 

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Disruptif... ! En voilà un mot qu’il est bio !

Innovation disruptive, technologie disruptive, président disruptif…ça disrupte grave dans nos chaumières, ces temps ci.

Etre disruptif c’est tendre à la rupture, changer de logiciel ou de modus operandi. Mais pas seulement.

On ne dira pas à sa femme de disrupter avec son amant, en revanche on pourrait très bien lui conseiller de disrupter question culinaire (désolé pour le côté sexiste de la chose) et d’abandonner le beauf mironton un peu trop Paulette au profit des raviolis sphériques au thé versus cuisine moléculaire.

Si être boulanger c’est vulgairement perpétuer la tradition du batard, si être néo boulanger c’est déjà participer à l’innovation du crouton, être vraiment disruptif question pétrin c’est devenir uber boulanger et entrer en grandes pompes dans la start up nation du quignon décongelé.

Oui, dans le concept de disruptivité il est une notion de rupture avec les anciens modèles, encore, faut-il en créer de nouveaux.

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Certes, cesser de rembourser des montures Chanel à tous les bigleux assistés ou décourager les chômeurs de partir bouffer les aides colossales de l’état providence aux Bahamas c’est rompre, mais proposer de ne plus rien rembourser du tout à celles et ceux même pas foutu(e)s de devenir milliardaires est nettement plus disruptif.

Si, dire que demain l’université devra diffuser de l’intelligence dans un monde dispersé par le numérique c’est original (et encore), mieux vaut l’exprimer dans un langage approprié : "L'université va devoir faire des clusters d'intelligence dans un monde diffracté par le numérique » (Macron - Berlin) pour être tout à fait disruptif.

Car être disruptif c’est non seulement être pionnier dans son domaine, en finir avec les schémas anciens, mais venir surtout là où personne ne vous attend et créer un phénomène de masse.

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Manque de bol, tout comme Montebourg qui ne dit pas que des conneries - "Prétendre que l'ubérisation de l'économie sera disruptif et produira de la croissance, est une connerie libérale" (Arnaud Monbetourg - in En campagne - 2016) - je le sais je le sens, je suis pas assez disruptif comme mec.

Je soupçonne même la notion de disruptivité d’être une vaste plaisanterie visant à tout changer pour ne rien changer dans le concept néo-giscardien ébouriffant du changement dans la continuité ;

«On peut y faire du coworking et y installer des start-up.» S Bern à propos du patrimoine à l’abandon..

Bref, faire du neuf avec du vieux.

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Exemple : En Marche.

Débaucher de l’opportuniste à droite, faire de l’ouverture avec du carriériste de « gauche », créer un mouvement pseudo transversal dans une hiérarchie férocement pyramidale et prôner de la bonne vieille politique néolibérale réchauffée, continuation, accélération, amplification du thatchérisme d’il y a 40 ans ; inaugurer tout sourire la énième saison caritative restos du coeur et promouvoir la charité de la dame patronnesse au détriment de la solidarité citoyenne me paraît très modestement disruptif.

- Vous voulez la misère secourue, moi, je la veux supprimée. Victor Hugo

Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. (Jaures).

Quand la politique sent le vieux on nous la sert moderne.

Déjà quand j’étais môme et qu’on nous serinait du jeune et moderne ça faisait furieusement ringard.

tgb

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12:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (18)

 
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