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27/05/2019

L’envers du décor

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Il y a quelques années, j’étais en train de coller une affiche insoumise sur un mur d’une HLM assez cossue et visiblement bien habitée du 18eme arrondissement de Paris.

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Un type élégant, décontracté, caricature typique du bourgeois bohème, était venu me faire la leçon du genre ...pas très écolo toussa, affichage sauvage, dégradation patin couffin... se présentant très ostensiblement comme responsable vert local.

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Je venais de capter ce que représentait pour ces gens là l’écologie de fait : une sorte de confort dans leur environnement propret avec l’aimable injonction à surtout pas déranger et à pas faire tâche dans leur décor.

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Ce jour là j’avais compris qu’il n’y avait rien de moins politique qu’un membre écolo de confort et rien a attendre de ce genre de notable de la végétalisation appliquée et de la trottinette nucléaire tout occupé à pétitionner pour la réintroduction du loup dans le Mercantour, contre la déforestation amazonienne et la salle de shoot avoisinante et ses nuisibles...

dont moi.

tgb

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19:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

23/05/2019

Dire Manon à Macron !

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Voter ? Ne pas voter ? Frexit ? Not frexit ? Plan A ? plan B ?

Dans toutes ces questions aucune réponse satisfaisante. Aucune issue idéale, qu’un immense merdier potentiel, un sac de noeuds politique, des impasses, des impuissances, des désastres annoncés.

Ok ! Voter aux européennes ne sert à rien, ou à pas grand chose. C’est cautionner un grand merdier tranquillement totalitaire. C’est participer au grand guignol pseudo démocratique. C’est faire de la figuration au grand jeu pipé d’une Europe faussement progressiste et totalement austéritaire. C’est donner une voix à une assemblée qui n’a à peu près aucun pouvoir et bien moins que le moindre lobby.

Son président défiscalisé Junker entre deux murges l’a écrit et il n’y a aucune raison de ne pas le croire : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. »

Vous votez non on considère que c’est oui ou on vous fait revoter jusqu’à ce que le oui s’ensuive. Au pire échaudé, on annule les consultations sur les accords internationaux (ceta tafta…) et on fait ça définitivement en catimini en se passant du vernis électoral.

C’est dit c’est acté.

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Ok ! ne pas voter ne sert à rien. C’est une voix en moins contre le système Macron.

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C’est laisser s’installer la saloperie libérale et son assurance vie fasciste - « progressisme » contre « populisme ».

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C’est croire que les instances européennes en ont quelque chose à faire d’une abstention massive. C’est penser qu’un candidat quelque qu’il soit élu avec 10% des inscrits ne serait pas légitime pour le système. C’est accélérer le processus qui fera que, tirant les conséquences de la démobilisation populaire, on supprimera provisoirement ou définitivement les élections, considérant qu’ils y a des enjeux trop importants ou complexes pour les laisser au bon vouloir des cons de votants.

Ils en rêvent.

C’est aussi se passer du plaisir de dire merde à l’oligarchie et à ses valets de pisse copie nous traitant de « vermine ».

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Pour tout dire je suis pour sortir de l’Euro. Voire de cette Europe Zombie. Pas de chéquier pas d’indépendance politique. Pas de souverainisme populaire pas d’alternative possible.

Sortir de cette Europe pour reconstruire une Europe des cultures et des peuples.

Mais cette sortie est t’elle seulement possible ? quand on voit la difficulté des anglais, eux qui ne sont pas dans l’Euro et n’ont qu’un pied sur deux dans la machin, on n’imagine même pas la complexité pour se faire la malle et s’extraire de la grande lessiveuse sociale.

Sortir, c’est aussi prendre le risque de se retrouver sur une ligne ténue avec des gens peu fréquentables et le danger d’un nationalisme qui finit par tout emporter.

C’est donc une ligne fort subtile et acrobatique. Mais c’est la mienne.

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Sortir oui mais me direz vous que ferez vous tout seul contre les empires russes chinois américains indiens nananère… ???

Comme je me fous de vivre dans un empire, je dirais que je ferai comme les suisses ou les islandais : une société tranquille à échelle humaine avec des accords binationaux et des échanges internationaux selon nos intérêts ou nos ambitions modestes et universelles.

Sinon, évidement je ne crois pas une seconde qu’on puisse réformer le bidule de l’intérieur ; trop de lobbies ; trop d’unanimisme à 28 (déjà bannir les pailles en plastique fut toute une affaire c’est dire) ; trop de directives gravées dans le marbre ; trop d’ordolibéralisme allemand, trop de corset technocratique ; trop de compromis pourris ; de coalitions suspectes ; trop de trop.

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Mais j’irai voter. Comme il ne me viendrait même pas à l’idée de voter pour les verts de centre droite, les socialos HollandoGlucksmanienjospinistes et les derniers sociaux démocrates du PC de la mairie de Paris,

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je voterai naturellement France Insoumise, même si au Plan A où on discute et au Plan B où on fait quand même, je préférais nettement le Plan A où on discute et le plan B où on se casse.

J’ai comme une certaine tendance à me méfier du syndrome Tsipras.

Mais bon dans cette forme occidentale d’épuisement démocratique et de stérilité chronique, et avant que la machine euro-bureaucratique inévitablement se sclérose et explose, envoyer quelques têtes dures pour cracher le morceau , mettre le bazar dans l’assemblée et obtenir de petites victoires

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(voir l’excellent Younous Omarjee et son interdiction de la pêche électrique )

 

: c’est toujours ça.

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Comme à l’assemblée nationale où 17 députés sans pouvoir réel réussissent pourtant à faire exister une autre parole, une autre vision et à foutre la honte aux centaines de godillots écervelés.

Et c’est pas du luxe.

Ne serait ce que pour dire « bon débarras » à cette canaille de Valls, qui sinon serait sorti sous une ovation, justifie déjà amplement mon engagement et suffit presque à mon bonheur.

On se contente de peu par les temps qui courent.

Et puis ayons l’esprit pratique. Une dizaine d’élus insoumis à Bruxelles ça donne du boulot à des dizaines de militants bénévoles qui pourront mettre enfin toute leur énergie dans un confort décent avec des moyens multipliés.

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C’est donc sans aucun état d’âme que je dirai Manon à Macron dimanche prochain vers 11 heures.

tgb

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17:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

20/05/2019

Le règne de la confusion

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Enguerrand de Marigny à Philippe le Bel : ‘’Ne leur demandez pas de penser, ils cesseraient vite d’obéir.’’

L’époque est confuse. La lecture en devient complexe et acrobatique, bien loin des modèles manichéens de confort et des prêts à penser épuisés.

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Où l’on découvre que l’on peut être féministe, révoltée, tout autant que voilée

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que tout nationaliste étriqué est déjà à l’ insu de son plein gré un vecteur de la mondialisation uniformisée

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qu’on a beau avoir gravé dans la peau un reste de jeunesse guévarien, on a la bedaine nourrie à l’anticommunisme d’extrême droite

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et tandis qu’on théorise de la bonne conscience au balcon, il y a comme une permanence Banania dans la pratique.

Les faits sont cruels. Les images impitoyables, telle cette république qui raccourcit le monarque

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et se retrouve tout autant mal élevée que plus royaliste que la reine.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’à châtrer les mots, à tuer le signifiant,

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à foutre le bordel dans les concepts et les valeurs pour toujours se perpétuer,

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nos dirigeants éclairés au projo participent méchamment à tout enténébrer.

Quand les mots se font la valise, la morale la malle, et qu’il devient illégal de faire son devoir d’humain, on se dit qu’il n’est guère plus que le désastre pour remettre du sens dans le bordel général tandis que certains accros du profit spéculent déjà sur l’effondrement du monde.

Alors dans ce fourbis trouble, dans ce chaos sans pitié, en revenir a des idées simples.

Se dire que dans la saloperie ambiante celui qui obéit aux ordres jusqu’à la bestialité aura toujours tort.

Que celui qui n’est pas saisi d’effroi devant telle image

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ou telle image

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a basculé du côté obscur de la banalité du mal.

Que celui qui, bien nanti, bien policé, traite qui que ce soit de « vermine » ne peut pas être honorable.

Que celui qui éborgne un homme dans l’impunité éborgne tous les hommes et mérite moins de respect qu’un chien.

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Qu'il y a plus d'intelligence dans l'instinct de solidarité que dans l'égoïsme cultivé du larbin.

Qu'un "rien" altruiste est plus civilisé qu'un "tout" pour ma gueule retourné en barbarie.

 

 tgb

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16:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

23/04/2019

Narcisse et Moi

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La construction d’une cathédrale était sans signature. Le savoir faire, le talent le génie même de centaines d’artisans anonymes, exerçant simplement leur art, se fondait dans le collectif. Chacun amenant sa petite (ou grosse) pierre. La star n’était pas l’architecte mais le projet, l’oeuvre.

Puis l’égo est arrivé.

Le narcissisme triomphant. Le moi haïssable.

Chacun voulut être sur la photo, avoir son nom sur l’affiche, signer des autographes. Ainsi commença l’ère du quart d’heure de célébrité locale, du vedettariat en prime time, de la voix du pipole.

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Tout ça pour dire que le bal des moi je, la farandole des égos boursouflés sur les réseaux sociaux, la danse macabre des prétentieux, des prétendants à la prétention, des professionnels de la profession Narcisse et moi, déballant leurs luttes intestines, exposants, surexposants leurs pots de chambre comme autant de trophées, leurs psychodrames à répétition, leurs querelles d’épiciers de succursales, nous faisant profiter des relents nauséabonds de leurs tubes digestifs, de leurs brûlures d’estomac, de leurs aigreurs gastriques, comme ces couples qui règlent leurs compte devant les invités, comme ces exhibitionnistes de la psyché ayant besoin pour exister de déballer leurs problèmes conjugaux dans des émissions animées par les Dolto du paf pour ménagères de plus ou moins 50 ans, me donnent la nausée, la honte et m’anéantissent.

Grosse, grosse fatigue.

Avant qu’il ne reste pour toute doctrine, idéologie, voire religion, que le toucher de nombril jusqu’à l’orgasme, il fut un temps non médiatique où la moindre des pudeurs était de régler ses divergences, ses contentieux, ses conflits en coulisses, de laver son linge sale en famille et de ne pas exhiber ses dessous douteux, les siens et ceux des voisins, en public.

D’autant qu’on a les mêmes à la maison.

La lutte des places ayant remplacé la lutte des classes, voilà que l’on nous donne à voir la grande partouze des états d’âme, les selfies des stigmates et la surenchère des coups tordus.

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« Le Média TV» j’en ai rêvé. Avoir un outil à nous, Un support alternatif pour informer autrement, faire émerger d’autres talents, entendre d’autres voix, montrer d’autres images, analyser différemment…

J’en ai rêvé, je l’ai appelé de mes voeux, et je m’y suis engagé illico en tant que modeste socio, et me voilà sidéré face à la foire d’empoigne, aux convulsions récurrentes, aux bagarres et aux luttes de pouvoir de bandes et de clans jouissants de me faire profiter, en spectateur privilégié, de l’immense gâchis jusqu’à l’obscénité.

Faire d’une si belle idée un spectacle si désolant est non seulement indécent vis à vis du public militant mais aussi un désastre en termes d’exemplarité. User de son talent, de ses compétences, pour abuser du trolling jusqu’à la bouffonnerie, jusqu’à devenir la risée du « mainstream » est la démonstration affligeante de notre incapacité à l’efficacité et d’une forme d’irrespect rapports aux engagements, à la déontologie ou l’éthique, au contrat de confiance envers nous, leurs obligés.

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C’est une faute.

je ne veux donner aucun nom, aucun sigle, je ne veux pas participer au bordel ambiant et rajouter du venin à la tambouille, tout le monde sait à qui , à quoi je fais référence et pour partie, à des personnes admirables que j’admire et qui abattent un travail formidable, mais qui, de par leur comportement à se vautrer dans l’auto-célébration du je et la consommation du moi, finissent par foutre le dégoût.

De scissions en scissions, j’ai vu trop de groupuscules autour d’une table s’étriper des heures et des heures pour une virgule, tandis que dehors les chars d’assaut…pour ne pas éprouver aujourd’hui une immense lassitude.

Au fond méritons nous nos défaites, nos impasses et notre condition.

Que cette culture de la dispersion, de la division ne nous raisonne même pas dans l’urgence, face à l’ennemi commun, au rouleau compresseur surpuissant, que l’imminence du désastre programmé, de la déshumanisation en marche, que l’avènement du totalitarisme cupide ne nous impose pas de cesser de gaspiller notre temps, notre énergie à nous détruire, doit bien faire rigoler l’oligarchie qui n’en demande pas tant.

Ne pas mettre son poing dans sa poche, ne pas retenir sa main et son tweet dévastateur, n’avoir aucun sens du sacrifice, de la cause commune, de l’intérêt général au dessus de tout, nous discrédite pour peu que nous ayons eu un jour quelque crédit.

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Notre peau étant devenue notre seul drapeau, nos ambitions, nos carrières, , nos envies, nos jalousies, notre seul moteur, on peut toujours se dire de gauche et aspirer à l’humanisme, aux gens plus fort que l’argent blablabla, n’empêche, au final, ne sommes nous chacun que de notre parti, que de notre parti pris et n’avons d’ autre considération que pour nous-même. (et je dis nous pour être poli).

- Je préfère perdre plutôt que de voir mon camarade gagner. Je veux bien gagner encore faut il que mon confrère perde. Je préfère échouer plutôt que de laisser l’autre nous sauver du naufrage. Bref, je préfère la débandade et le suicide collectif plutôt que la réussite sans moi…-

Nous partîmes 50 mais par un prompt confort nous nous vîmes tout seul en arrivant au port.

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En cela la pensée bourgeoise nous a parfaitement gangrénée, en cela l’esprit libéraliste nous a parfaitement pétris. En cela le capitalisme libre et non faussé nous a totalement façonné. Nous sommes devenus parfaitement, totalement individualistes, parfaitement totalement égoïstes, égotistes.

Ce nombre qui fait notre force n’est plus que la juxtaposition d’individus compétitifs. Elle fait notre faiblesse. D’une certaine manière le camp d’en face, extrêmement minoritaire, est carrément solidaire, a plus de discipline, ne serait ce que par intérêt de classe.

Personne n’est parfait, chacun veut exister, chacun a droit à sa part d’orgueil voire de vanité, chacun est digne d’être reconnu, mérite sa place au soleil, mais cette course folle au tout à l’égo ne peut que ruiner toute tentative d’unité, de résistance farouche, d’offensive triomphante.

Si l’on n’est pas foutu de penser que l’avenir de tous est supérieur au futur de chacun, alors, vainqueur ou vaincu, amant ou cocu,

Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. (cap au pire) .jpg

nous serons tous perdants.

tgb

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09:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11)

 
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