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09/03/2018

120 abattements (fiscaux) par minute

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Donc Bernard Arnault, 4ème fortune mondiale et médaille en chocolat, gagne presque un smic par seconde.

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hop un smic

hop un smic

hop un smic

etc…

et ne paie quasiment pas d’impôts.

Il y a 20 ans, 11 milliardaires français pesant 80 milliards figuraient dans le classement Forbes, ils sont aujourd’hui 88 à peser 570 milliards, multipliant leur fortune par 7 en 20 ans pendant que le PIB français ne faisait que doubler.

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Devant tant d’absurdité et d’indécence certains milliardaires américains vont jusqu’à déplorer de ne pas payer assez d’impôts et ont décidé de ne pas céder leur entière fortune à leur progéniture.

Pour cet éclair de lucidité plus ou moins philanthropique, dont acte.

Il se trouve que pour certains autres milliardaires plus réticents à partager le magot et un poil chatouilleux de l’altruisme, un certain prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, a trouvé une méthode assez radicale pour forcer un chouïa la main de ses nombreux cousins, enfermant une grande partie de la famille dans un hôtel de luxe sous l’accusation assez pratique de corruption, jusqu’à ce que chèque s’ensuive.

La corruption étant dans les pétro-monarchies obscurantistes une sorte de pléonasme, et le prince héritier à forte tendance djihadiste de nos bons amis, on notera que cela souleva assez peu d’indignation dans le concert des nations, d’autant que l’affaire permettait d’acheter pour quelques milliards d’armements aux puissances occidentales particulièrement soucieuses d’humanitaire.

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Si l’accusation de corruption permet aujourd’hui de se débarrasser assez sournoisement d’un adversaire politique, voir comment le très très pourri et faisandé Temer au Brésil a su éjecter injustement Mme Roussef du pouvoir et confisquer la prochaine élection au détriment du très très populaire et si peu compromis Lula (lire l’excellent papier dans le monde diplo de l’ex président de l’équateur Corréa), elle n’en demeure pas moins un excellent prétexte à régler ses comptes par le truchement d’une justice à sa botte.

Une nouvelle forme élaborée de coup d’état.

Certes, me direz vous en référence au pétromonarque un tantinet abusif, est-ce le privilège d’une monarchie ( d’une l’oligarchie aussi ) que de faire à peu près ce qu’elle veut en son divin pouvoir.

On se rappellera comment Louis 14 prit ombrage de l’immense fortune de son surintendant des finances Nicolas Fouquet et le fit arrêter par Dartagnan avant que de s’accaparer son pognon.

Une forme d’imposition assez musclée pour le moins.

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N’empêche le peuple étant également souverain, l’idée pourrait être creusée et à défaut de courir en vain tous les paradis fiscaux à la fois, être mise en application avec convivialité, sans même ressortir la guillotine.

Les temps sont ramollos, faut avouer.

C’est pourquoi à l’instar de l’immense penseur de bistrot de chez Drahi, Eric Brunet,

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je me réjouis également d’avoir en notre beau pays quelques spécimens milliardaires bien dodus, qui enfermés dans un luxueux Ritz local, s’honoreraient assez rapidement et avec enthousiasme j’en suis sûr, de payer leur côte part dans l’intérêt général (disons les 9/10éme de leur fortune) ; le restant leur permettant encore amplement de jouer les généreux mécènes avec notre pognon et d’acheter avec de sympathiques subventions publiques tous les médias de France pour mieux chanter leurs louanges et cracher sur l’état providence qui les engraisse.

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Oui je ne doute pas une seconde (hop un smic) qu’encarltonner ou qu’encrillonner nos 88 milliardaires jusqu’à ce qu’ils se soulagent d’une grosse partie de ce qu’ils nous ont allègrement siphonné, serait enfin une forme de ruissellement salutaire et légitime.

Il est évident que rapport au personnel dévoué des palaces, le service ne serait pas compris.

tgb

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17:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9)

26/02/2018

L’homme à l’oeuvre

 

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Il est assez rare d’aimer autant l’oeuvre que l’homme.

Il se trouve que l’artiste peut être fascinant, son oeuvre éblouissante et l’homme au quotidien parfaitement gerbant ou méprisable.

En ces temps confus et maurassiens, il est bon de rappeler qu’aimer l’écriture de Celine, le cinéma de Polanski n’impose heureusement pas d’apprécier la personne.

L’homme n’est pas l’oeuvre, comme Lolita ou Alice au pays des merveilles n’est pas la pédophilie.

On peut avoir de l’admiration pour le génie et du dégoût pour le personnage.

L’homme comme l’oeuvre évolue. Il a ses ombres ses lumières, ses périodes lumineuses et ses médiocrités.

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J’ai été foudroyé par l’Extension du domaine de la lutte de Houellebecq avant que ses romans suivants ne me tombent des mains puis me foutent la gerbe.

J’ai un immense respect pour l’humanité et la pudeur de JMG Le Clezio mais j’avoue n’avoir jamais réussi à finir un de ses romans.

Si un créateur a tous les droits, celui de transgresser, de déranger, de fantasmer, de manipuler, de violer, de tourmenter…d’exprimer sa monstruosité et de la sublimer, l’homme en revanche a des devoirs et son statut d’artiste n’excuse en rien ses comportements civils.

On peut être un génie et un con.

Il ne s’agit pas d’être un honnête homme pour être un grand créateur.

Un chef d’oeuvre ne se fait pas avec de bons sentiments, la vertu ne fait pas la grande littérature, pas plus que l’histoire du monde.



Il faut du vice. Il faut du sale, il faut de la cruauté, de l’amer, de l’acide, du miel et du sucré peut-être mais ni du mielleux ni trop de sirupeux.

Il est assez rare d’aimer autant l’homme que l’oeuvre.

Pourtant ça arrive.

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Aki Kaurismaki.

Le personnage est attachant, simple, fondamentalement humain, authentique, brut, honorable mais pas lisse, associal mais fraternel, désespéré et drôle, charismatique et détaché.

Si l’homme engagé est à la fois taiseux et bavard, son oeuvre n’est ni pontifiante, ni démonstrative ni chiante. Elle a la politesse de la poésie, d’un esthétisme décapant, froid, parfois clinique mais finalement d’un noir profond et léger.

Burlesque.

Ce n’est pas par hasard si la dernière apparition du magnifique Pierre Etaix est dans « Le Havre » l’avant dernier film du finlandais.

C’est justement le côté sombre et radical, de l’homme qui rend les films de Kaurismami si lumineux, si espiègles.

Il a le point de vue moral, jamais moraliste ou donneur de leçon, plutôt taquin.

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Kaurismaki aime la musique, aime les images, aime les gens, les acteurs, l’amour, la clope, l’alcool, la vie quoi, et c’est pourquoi sans doute il la fuit et la transcende.

Comment l’homme Aki, comme le créateur Kaurismaki connait la grâce de faire de tant de laideur quelque chose d’aussi beau ?

Peut-être l’évidence rare d’être homme et artiste tout en un.

tgb

 

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14:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

19/02/2018

Les poubelles de l’histoire

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La politique est l’anecdote plus ou moins sale de l’histoire - Salvador Dali

L’histoire frappe rarement à notre porte. On est plus souvent à la subir qu’à la faire. On se laisse la plupart du temps porter ou avaler par le torrent des jours dans l’impuissance politique et la passivité, même indignée, des évènements.

Mais il se trouve que parfois des hommes sont au bon endroit au bon moment et qu’ils ont la possibilité folle de tordre l’histoire, de s’en emparer et de changer le cours des choses ; non seulement d’en être l’acteur mais le réalisateur même.

Quand De Gaulle rompt avec sa famille politique, avec Pétain, son parrain militaire, avec son milieu son monde sa tradition légitimiste et part, non pas se planquer à Londres, mais résister en n’étant rien ou si peu, condamné à mort, déchu de sa nationalité, avec le risque probable de ne jamais refoutre les pieds dans son pays, il faut croire en sa démesure, avoir une conviction en acier et sans doute une audace instinctive tout autant qu’irrationnelle liée à un égo surdimensionné, bref s’élever au niveau du héros, en dessous des dieux mais au dessus des hommes, pour se projeter dans le grand destin.

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Il n’est évidemment pas donné à tout le monde de sauter dans l’inconnu avec toutes les chances ou les malchances, malgré son courage ou sa vision, de sombrer dans le néant, de disparaitre dans les soubresauts troubles de l’épopée.

Si, entrer vivant dans la légende tels Mandela, Gandhi, Castro ou Arafat reste exceptionnel, en sortir tragiquement en y laissant très vite sa peau tels Guevara, Moulin, Sankara ou Luther King en marquant de leur empreinte le roman national et la postérité est déjà un exploit, il est surtout plus fréquent de finir victime anonyme et sacrifiée d’un Panthéon illusoire, soldat inconnu d’une mythologie que l’on n’imprimera pas.

Bref au jeu des péripéties, des furies et des intrigues, s’il n’est pas simple d’accéder à la cour des grands hommes, il suffit d’un peu de veulerie et de médiocrité pour grimper en rampant sur le piédestal branlants des François de Rugy et autre minable.

A chacun son envergure.

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Tout ça pour dire que Tsipras eut l’opportunité d’entrer dans l’histoire en la fracassant (un peu) et y renonça totalement pour finir par gérer en petit administrateur pragmatique et conciliant le désastre grec et le désespoir des grecs, rajoutant même à son malheur (et au notre), comme Benoît Hamon ( dans une moindre mesure) eut l’occasion d’exploser la fabrication programmée des dernières élections en rejoignant les Insoumis et en ouvrant un véritable possible avant que de signer sa reddition et d’acter sa petitesse à 6%.

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Attention je ne dis pas que sauter dans le grand vide de l’ l’histoire est facile. Je ne sais pas ce que je serais capable de faire face au mur de la destinée et dans le vertige de l’hybris. Ce que je dis c’est que certains hommes confrontés à un moment propice du réel deviennent immenses et d’autres demeurent petits, voire rétrécissent.

Pour Tsipras et Hamon l’affaire est entendue. On sait ce qu’ils valent à l’échelle de la plus ou moins grande histoire et l’on sait aussi que le facteur de cette histoire là ne sonnera pas deux fois. L’histoire ne repasse pas deux fois les plats ou alors comme l’écrivait Marx , si l’Histoire se répète, la première fois, c’est une tragédie, la seconde une comédie…

Ces deux personnalités sont peut-être des personnes estimables, sympathiques, humaines, gentilles avec les enfants, douces avec les animaux et éventuellement sincères et convaincues, ils ne sont simplement pas des personnages du grand roman humain, pas à la hauteur des grands déchaînements historiques.

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Il y a les nains, il y a les géants, ceux qui sont faits pour les petites histoires, les arrangements, les compromis pourris et ceux qui sont destinés à la grande, se transcendent, se subliment, s’arrachent à leur condition, à tout risquer quitte à tout perdre.

Dans l’instant effroyable des grandes décisions, il n’y a de place ni pour les velléitaires ni pour les pusillanimes.

Même juchés sur des poubelles, les timorés de la petite histoire ne font pas la grande.

tgb

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15:19 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)

14/02/2018

Les indiens des grandes prairies…

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« Les grandes puissances n’ont pas de principes, seulement des intérêts. » Henry Kissinger

Les indiens des grandes prairies avaient installé leur campement au coeur de la ville, tout près de la rivière. Ils avaient érigé leurs tipis faits de bâches, de plastiques et de briques sur des palettes en bois récupérées ça et là.

Réfugiés des grands espaces, des horizons là bas ou d’ici, loin de leurs ancêtres et des grands esprits ou si proches, les migrants du réchauffement climatique, les exclus économiques, les réfugiés politiques, venaient se les geler dans ce territoire tempéré, modéré, de la start up nation où l’on privilégiait ceux qui avaient tout en culpabilisant, exploitant, méprisant ceux qui n’avaient rien.

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On les laissait crever de froid, de faim et de désespoir vu que c’était leur choix, leur liberté que de mourir dans la rue, sous une porte cochère, dans un abri de sans fortune, hérissé de piques d’acier et de tessons de verre, et que chaque homme dans ce monde libéral libertaire avait après tout bien le droit de vivre mais surtout de crever comme un chien.

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Dans ce pays civilisé, où l’argent ruisselait, on se faisait un devoir de respecter leur volonté d’être né quelque part et de n’être rien ni quelqu’un.

Les indiens de tous les pays y compris du mien, attendaient résignés l’assaut de la cavalerie comme à wounded knee, en se serrant les uns contre les autres pour conjurer la peur avec pour tout drapeau leur peau et leur dénuement.

Les indiens d’ailleurs et d’ici avaient l’insigne courtoisie de mourir par centaine discrètement et d’être ramassés à la pelle par leurs frères de misère et de voirie au petit matin blême.

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Les indiens de la terre mère, les expulsés du profit, les nouveaux sauvages du nouvel ordre mondial et de la néo-barbarie, les derniers de cordée, les premiers des Mohicans qui seraient bientôt des milliers des millions à errer, à se clochardiser moderne en toute urbanité, commençaient à former cette cour des miracles, cette armée de gueux en haillons, faite pour effrayer le voisin enjambant sans les voir les cadavres pétrifiés avant que de traverser à gué dans les clous.

Les indiens des grandes prairies et des terrains vagues, les femmes et les enfants, les improductifs, les malades, les vieux, toute cette horde de sans noms, de sans dents, tous ces pestiférés et autres détritus, les déracinés aux pieds nus, les losers de la vie, les perdants de la ville, expérimentaient sans le savoir le lent et subtil génocide un par un de la déshumanisation marchande, avant que de connaître l’euthanasie programmée.

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Les indiens des grandes prairies avaient installé leur campement au coeur de la ville des néo-yankees, tout près de la rivière infecte et polluée entre deux tas d’ordures.

Ils méditaient pensifs et incrédules sur cet étrange eldorado qui leur claquait la porte au nez tandis que s’effondrait sous leurs yeux, une civilisation.

tgb

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09:31 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

 
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