22.01.2011
La révolution n'est pas une marchandise

Commencent à me bassiner grave, les résistants mondains de la 25éme heure avec leur révolution jasmin.
Ce besoin qu’ils ont, les parfumeurs de l’info, de nous les exhaler vendables, les insurrections populaires et d’en faire recta un produit calibré, à consommer sur place ou à emporter dans l’explosion florale.
La révolution populaire passée de toute urgence au Saint-Marc ménage et à l’air wick WC pourvu que ça sente bon, pourvu que ça sente rien, pourvu que l’odeur du sang et de la sueur populaire soit recouvert fissa par le déodorant Narta.
Oui commencent à me brouter sérieux les colorieurs d’images, et orange en Ukraine, et verte en Iran et des roses en Georgie, et de velours en Tchécoslovaquie, et des œillets au Portugal. A nous réduire en concept market le bottage de cul sanglant de quelque prédateur.
Ce réflexe marchand de tout édulcorer au numéro 5, d’ émasculer la chose pour mieux l’annexer et mieux la lessiver, pour bien la rendre inoffensive.
Cette tentative permanente du consumérisme et de l’ordre à tout passer à la machine à recycler et à enjoliver et à flouter la mort et à laver l’affront en dépolitisant pour mieux l’accaparer en produits dérivés : tee shirts briquets, préservatifs, mugs…
Un pays, c'est une marque nous la bave Seguela, le pubard momifié des années 80.
Un pays c’est un peuple nous a hurlé soudain la foule de Tunis, filant un coup de vieux aux modernes ringards calcinés aux UV.
La révolution française fut française, ni des cerises, ni du laurier en fleurs.
La révolution Tunisienne restera tunisienne, pas plus jasmin que fleur d’oranger.
N’en déplaise aux châtreurs patentés chargés de formater le peuple de la marchandise.
tgb
15:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (66) | Envoyer cette note | Tags : tunise, peuple, seguela, marchandise, révolution










