11.02.2011
De l’attentat kamikaze ou pâtissier

Une tarte à la crème dans la gueule, c’est toujours un peu vexant. Ça met du gras sur la cravate, ça fait des taches sur le Smalto. Ça te fait retomber le boursouflé au niveau du caniveau, ça t’envoie directe sa pensée toute maculée au pressing.
Ça fait des frais.
Une tarte à la crème dans la gueule, ça démystifie toujours un peu. Ça te situe le degré d’imposture du poseur onctueux. Ça te révèle la face burlesque du clown pompeux. Ça t’as un côté farce peu apprécié, on se demande, par le précieux ridicule, pas fairplay.
Le gag étant à l’égo, ce que l’émeute populaire est à la crème de Chantilly.
Un juste retour des choses.
Un entartage réglementaire reste donc salissant.
Pas aussi salissant que les diarrhées verbales d’un chroniqueur de bistrot
Pas aussi salissant que les insanités raciales pour ne pas dire racistes d’un « briseur de tabous »
Pas aussi salissant que le militant mépris fait à des plus bas que soi. Ça laisse pourtant des auréoles. Le genre de stigmates pour les cons méchants.
Mais que les pleurnicheurs scandalisés de l’attentat pâtissier se rassurent, le pompeux cornichon Zemmour, l’arroseur arrosé de la tartalacrème nauséabonde ne s’en sort pas si mal.
Il est des pays où on lui aurait pissé dessus.
Israël par exemple.

Ce pays exemplairement démocratique où, pour une pierre lancée, un gamin palestinien se prend huit mois de prison après s’être fait uriner dessus par la soldatesque tsahal. Le pipicaca n’étant pas forcément l’exclusivité de l’enfance et surtout pas des enfants qui en sont privés.
Car il ne suffit jamais pour l’occupant d’occuper, pour le dominant de dominer, pour l’oppresseur d’opprimer, encore faut-il bien humilier. Preuve à jamais indépassable de son omnipotence. L’abus de pouvoir restant le petit supplément bonifié de la domination.
L’humiliation, c’est ce que ressentit Mohamed Bouazizi quand il se fit gifler et cracher à la figure par la petite cheftaine du gouvernorat de Sidi Bouzid avant de lui confisquer sa marchandise. Encaisser la misère, l’injustice, l’arbitraire… ça on peut, tant qu’on peut. Mais survivre à l’affront…
C’est ainsi que Bouazizi implosa avant que la Tunisie n’explose.
Ce Même Bouazizi, que le manager Delanoë en plein zèle repentant soudain pour mieux faire oublier ses douteux silences ou connivences, cherche à honorer. Tout comme ce qui nous sert encore de ministre des affaires étrangères (et d’opposition) cherche à se refaire une piteuse virginité diplomatique sur le dos du Mexique à s’indigner de l’offense faite à Cassez, détenu de droit commun, alors qu’officiellement pour Salah Hamouri, détenu politique, le gouvernement français déclare : qu'il "n’appartient pas aux autorités françaises d’intervenir ou même de commenter les procédures judiciaires d’un Etat souverain".

Putain d’hypocrisie, de deux poids deux mesures, quand il est dans ce pays, des innocents français plus innocents que d’autres.
Pour l’ensemble de son œuvre, dont le fond de commerce reste l’inépuisable haine de l’arabe, le pseudo moraliste Zemmour n’aura eu droit qu’à un attentat pâtissier.
C’est mieux que kamikaze.
Mais c’est pas cher payé.
tgb
17:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : hypocrisie, israel, mam, salah hamouri, tunisie, zemmour










